à la Une

L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat

Il s’agit de l’extrait de l’article.

Berrichon par mon père, je suis provençal par ma mère, et précisément de La Ciotat. Mon grand-père en a été l’un des historiens, et son arrière-arrière-grand-père, mon quiquisaïeul, y fut Procureur du Roi avant d’en devenir maire. Cette ville est, dit-on, le « berceau du cinéma », qui possède le « plus vieux cinéma du monde ». C’est donc tout naturellement que j’ouvre ce « blog » avec le premier film, ou presque, des frères Lumière.
Dans l’Avant-propos de son Dictionnaire passionné du cinéma, Laurent Dandrieu (Valeurs actuelles) commence par citer François Truffaut : « Tout le monde a deux professions : la sienne, et critique de cinéma ». Je n’ai personnellement aucune culture cinématographique, je ne suis certainement pas cinéphile, aussi je me garderais bien de qualifier de « critiques » les propos qui vont suivre. Cinéphile, non, mais « cinéphage » sans doute avec, depuis deux ans, plus de deux films par semaine.
Laurent Dandrieu, toujours lui, dit que « le cinéma (…) est un moyen de communication, qui vise à transmettre au spectateur des émotions, de sujets d’émerveillement, de colère, de réflexion, d’empathie ou d’indignation ». Eh bien, ce sont effectivement ces « émerveillements » ou ces « empathies » – parfois… ces « colères » ou ces « indignations » – souvent… en tout cas toujours ces « réflexions », que je transcris d’abord pour moi-même, et que j’ose vous communiquer.
Puissiez-vous y voir, lorsque mes lignes vous choqueront, l’expression légitime de ma liberté du même nom !

Le cas Richard Jewell

Bande-annonce Le Cas Richard Jewell

A l’affiche : Le cas Richard Jewell, un film de Clint Eastwood, avec Paul Walter Hauser (Richard), kathy Bates (Bobi, sa mère), Sam Rockwell (Watson Bryant, son avocat), Nina Arianda (Nadia Light, la collaboratrice de l’avocat), Olivia Wilde (Kathy Scruggs, la journaliste), Jon Hamm (l’agent du FBI),
basé sur des faits réels.

Sic transit gloria mundi… et « La roche tarpéienne est proche du Capitole ».
Quelle magnifique illustration de ces deux adages, que j’aurais écrits en exergue de ce film si j’en avais été le réalisateur.
Le cas Richard Jewell …
Après son médiocre 15H17  pour Paris, Clint Eastwood nous replonge dans un autre attentat, aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996.
Une réalisation passionnante sur la présomption d’innocence et la culpabilité des « institutions », particulièrement des médias, qui s’en affranchissent.

Quand mettra-t-on en jeu la responsabilité pénale de ces agents du gouvernement             – « ces connards » selon l’avocat – et ces journalistes, et autres paparazzis, qui, pour le sexe et pour le fric, jettent des innocents en pâture au grand public.

Puisse cette réalisation y contribuer, avec un grand coup de chapeau à l’acteur Paul Walter Hauser.

« Quand, dans mon pays, le gouvernement et les médias s’entendent pour condamner un homme,  c’est qu’il est innocent »… ce propos de Nadia, la collaboratrice russe de l’avocat, semble malheureusement d’une vérité très actuelle et universelle.

La Fille au bracelet

Bande-annonce La Fille au bracelet

Art et Essai : La Fille au bracelet, un film français de Stéphane Demoustier, avec Anaïs Demoustier (l’avocat général), Melissa Guers (Lise, la fille au bracelet), Roschdy Zem et Chiara Mastroianni (ses parents, Bruno et Céline), Annie Mercier (son avocat),
inspiré d’un film argentin Acusada (2019).

« Je n’ai jamais eu de bijoux,
Ni bagues, ni chaîne aux poignets,
Ce sont choses mal vues chez nous :
Mais on m’a mis la chaîne aux pieds ».

Lise n’a évidemment jamais appris ce Bijoux du poète, condamné à mort et exécuté.
Notre société du « Camp du Bien », « démocratique », vertueuse et moralisatrice, ne l’enseigne ni au lycée ni dans ses cours par correspondance.
Avec Poubelle Plus belle la vie, tous les soirs à la télé, elle préfère promouvoir la libération sexuelle des adolescents. Ne serait-ce pas « discriminatoire », en effet, que d’interdire et même de cacher aux jeunes les joies des coucheries et des partouzes ?

La photographie de cette jeunesse, sacrifiée, que l’on découvre au cours du procès, est à vomir, et les grands-parents que nous sommes s’angoissent du drame que vivent leurs enfants, les parents de ces adolescents.

C’est pour nous le premier véritablement « très bon film de l’année », si l’on a le courage et la santé suffisante pour se pencher sur une déchetterie.

Cuban network

Bande-annonce Cuban Network

Art et Essai : Cuban Network, un film d’Olivier Assayas, en VOSTF, avec Penélope Cruz et Édgar Ramirez,
adapté de l’ « Affaire des espions cubains » dans les années 1990, et du livre « Les derniers soldats de la guerre froide » (2011) de Fernando Morais.

Cuban Network, comme toutes les affaires et les films d’espionnage, c’est compliqué, et on ne comprend pas tout. C’est d’autant plus compliqué que, anti-communiste primaire, je suis d’instinct du côté de celui qui fuit le pays et le régime, même si j’ai été choqué, à tout le moins déçu, qu’il abandonne femme et enfant… Mais, après tout, celle-ci souhaite le succès de la Révolution, et le considère comme « déserteur et traître ».
Je n’en dirai pas plus, sauf le paradoxe de ce film qui, au demeurant, s’affiche castriste et s’apitoie sur le sort de ses agents communistes.
Intéressant, en tout cas, de prendre conscience de la déception des Cubains qui n’ont pas vu leur gouvernement tomber avec la chute du mur de Berlin et la désintégration de L’URSS ;
intéressant aussi de se dire que les touristes à Cuba sont des « idiots utiles », pour ne pas parler de « collabos » du régime.
Bref, un bon film d’action avec la jolie Penélope Cruz.

Séjour dans les monts Fuchun

Bande-annonce Séjour dans les monts Fuchun

A l’affiche : Séjour dans les monts Fuchun,  un film chinois de Gu Xiaogang.

Nous avions mis nos masques et nous étions 6 dans la salle à prendre le risque d’affronter le coronavirus (attention à l’anagramme qui pourrait vous conduire en prison !).
Ce Séjour paraît être un documentaire sur des « sans dents » chinois, avec de belles photos de paysages, en tout cas intéressantes, mais ce long-métrage est long, très long, trop long, 2H30.

Une fois encore j’ai regretté de n’être pas resté chez moi à l’abri des virus, à relire Le Lotus bleu en remontant vers le temple de Hou Kou, sur le Yang Tsé-Kiang, avec Tintin et Tchang.

En sortant j’ai proposé à mon épouse d’aller nous désennuyer en dînant dans un restaurant asiatique… mais elle a refusé !

Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

Bande-annonce Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part

A l’affiche : Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part,  un film français d’Arnaud Viard, avec Aurore Clément (Aurore, la mère, veuve), Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni, Camille Rowe et Benjamin Lavernhe (les 4 enfants : Jean-Pierre, Juliette, Margaux et Mathieu), Elsa Zylberstein (Héléna, l’ancienne amie de Jean-Pierre),
inspiré d’un recueil de nouvelles d’Anna Gavalda.

J’avais beaucoup aimé les nouvelles du Sanglier et de L’Accident dont, pour cette dernière, nous avons vécu à Rouen le fait réel générateur ; mais je fais mien l’avis de l’éditeur qui trouve que le titre, trop long, n’a aucune signification. Néanmoins, ce film d’ambiance est magistralement interprété, qui nous fait partager l’intimité d’une famille (la mère, les 4 enfants, la petite-fille). En outre, je voudrais bien que Juliette, Helena ou Margaux m’attendent quelque part… Elles n’auraient pas longtemps à attendre !
Le réalisateur l’a-t-il voulu… Ce long-métrage est une charge contre l’avortement en soulignant que, loin de la libérer, il soumet la femme à la volonté de l’homme et détruit l’union du couple. Dans le même temps l’autre femme pleure son « foetus » dont le cœur s’est arrêté de battre.
Un film émouvant qui met en avant l’esprit de famille et reste finalement très sain malgré une scène dont on aurait pu se passer et les transgressions de la morale naturelle.

Scandale

Bande-annonce Scandale

A l’affiche : Scandale,  un film de Jay Roach, avec John Lithgow (Roger Ailes, le fondateur et PDG de Fox News), Nicole Kidman et Charlize Theron (Gretchen Carlson et Megyn Kelly, journalistes à Fox News).

Scandale, c’est une histoire de « poupées Barbie » dont le synopsis dit qu’elles ont « réussi à briser la loi du silence pour dénoncer l’inacceptable ». Il n’empêche que cet « inacceptable », elles l’avaient accepté pour assouvir leur carriérisme professionnel et c’est quand Gretchen Carlson a été congédiée, suite à une interview  anti Trump dérogeant à la ligne éditoriale de la chaîne, qu’elle a décidé de « briser la loi du silence »… Toutes blondes qu’elles sont, ces bégueules effarouchées ne sont pas des oies blanches.

En outre quand, comme moi, on n’est pas physionomiste, elles se ressemblent toutes… d’où un long-métrage qui n’est pas évident à suivre mais néanmoins, après, précisément, Toute ressemblance… de Michel Denisot, un nouveau film d’ambiance qui donne à vomir sur le milieu délétère des médias.
A vrai dire je n’en avais pas besoin pour penser ce que je pense.

Marche avec les loups

Bande-annonce Marche avec les loups

Arts & Ciné : Marche avec les loups,  un film de Jean-Michel Bertrand, avec Jean-Michel Bertrand.

Nous avions trouvé médiocre La Vallée des loups, du même réalisateur qui était quasiment l’unique acteur de ce documentaire « animalier ». La bande-annonce de cette nouvelle production nous a néanmoins attirés et, en outre, nous n’avons pas peur du loup… Peut-être même attire-t-il mon épouse ?

Reconnaissons qu’on y voit davantage de loups que dans La vallée, on y voit aussi des paysages magnifiques des Alpes et cette cabane étonnante du Jura. Il y a malheureusement « à boire et à manger » dans le commentaire dit à mi-voix par le réalisateur dont l’accent chantonnant peut plaire malgré une tonalité quelque peu fatigante et énervante.

Oui, je partage son goût des animaux sauvages et son envie de les voir reprendre possession de territoires dont, pour des raisons diverses et mystérieuses, ils ont pu disparaître. Je récuse néanmoins les relents antispécistes de son discours.
Après avoir créé l’homme « à son image (…) mâle et femelle (…) Dieu leur dit (…) dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel,  et sur tous les animaux qui se meuvent sur la terre ».