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L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat

Il s’agit de l’extrait de l’article.

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Berrichon par mon père, je suis provençal par ma mère, et précisément de La Ciotat. Mon grand-père en a été l’un des historiens, et son arrière-arrière-grand-père, mon quiquisaïeul, y fut Procureur du Roi avant d’en devenir maire. Cette ville est, dit-on, le « berceau du cinéma », qui possède le « plus vieux cinéma du monde ». C’est donc tout naturellement que j’ouvre ce « blog » avec le premier film, ou presque, des frères Lumière.
Dans l’Avant-propos de son Dictionnaire passionné du cinéma, Laurent Dandrieu (Valeurs actuelles) commence par citer François Truffaut : « Tout le monde a deux professions : la sienne, et critique de cinéma ». Je n’ai personnellement aucune culture cinématographique, je ne suis certainement pas cinéphile, aussi je me garderais bien de qualifier de « critiques » les propos qui vont suivre. Cinéphile, non, mais « cinéphage » sans doute avec, depuis deux ans, plus de deux films par semaine.
Laurent Dandrieu, toujours lui, dit que « le cinéma (…) est un moyen de communication, qui vise à transmettre au spectateur des émotions, de sujets d’émerveillement, de colère, de réflexion, d’empathie ou d’indignation ». Eh bien, ce sont effectivement ces « émerveillements » ou ces « empathies » – parfois… ces « colères » ou ces « indignations » – souvent… en tout cas toujours ces « réflexions », que je transcris d’abord pour moi-même, et que j’ose vous communiquer.
Puissiez-vous y voir, lorsque mes lignes vous choqueront, l’expression légitime de ma liberté du même nom !

ANNA

A l’affiche : ANNA, de Luc Besson avec Sasha Luss.

« KGB un jour, KGB toujours », comme aime à le répéter le journaliste Alain Sanders dans le quotidien Présent. C’est sans doute la « morale » de ce film d’espionnage qui permet de passer une soirée amusante quand on n’est pas rebuté par les coups qui volent bas et la violence à tous les étages. Ce me semble une sorte de James bond au féminin, mais je ne sais pas si j’en ai vu… ou alors il y a longtemps.

Rien à dire de plus si ce n’est que, malgré le passage obligé par la bissexualité, on jouerait volontiers aux échecs avec ANNA… mais, Dieu merci, celle-ci n’est pas mon type de beauté.

 

Un havre de paix

Art et Essai : Un havre de paix, un film israélien (VOST) de Yona Rozenkier, avec Yona Rozenkier, Yoel Rozenkier, Micha Rozenkier (les 3 frères Itaï, Yoav et Avishai) et Claudia Dulitchi (la mère).

Un havre de paix, et effectivement nous ne pouvions pas nous disputer avec nos voisins… nous étions seuls dans la salle, ou presque puisqu’il paraît qu’il y avait quelqu’un dans les tribunes…

Un havre de paix… plutôt un havre d’ennui car si le film résonne de la guerre israélo-libanaise, le réalisateur veut nous raconter un drame familial – qu’il a plus ou moins vécu personnellement – entre trois frères dans un kibboutz à la mort du père. On passe son temps à lire des dialogues qui défilent à toute vitesse sans que cette VOST n’apporte la moindre valeur ajoutée.

Le critique avait pourtant bien prévenu : « Honnêtement on se demande ce qu’on fout là pendant un petit quart d’heure » et il avait surenchéri : « on met un bon quart d’heure à entrer dedans ». Pour moi le « quart d’heure » a duré une heure et demie… la durée du film. Je n’ai jamais pu entrer dans ce long-métrage.

Je n’en dirai pas plus car, sur ce sujet, on devient vite « border-line » – comme on dit maintenant -, surtout au moment où la liberté d’expression subit une nouvelle morsure avec le vote en cours de la proposition de loi du député Laetitia Avia « visant à lutter contre la haine sur internet ».

Pour éviter toute condamnation, je me dépêche d’ailleurs de mentionner la distinction et le charme de la mère qu’il faut mettre au crédit de la réalisation… En outre mon épouse est moins sévère que moi qui n’est pas allergique à la VOST.

Stubby

Art et Essai : Stubby, de Richard Lanni, avec la participation de Gérard Depardieu.

« J’attends les chars et les Américains », avait dit le Maréchal Pétain.

Stubby  : Ce film d’animation « à partir de 7 ans » n’aurait sans doute pas attiré mon attention sans la critique lue dans le quotidien Présent du 25 mai. Comme pour un Tintin, je recommande à tous, « de 7 à 77 ans »,  ce magnifique long-métrage sur une page de l’intervention américaine dans la 1ère guerre mondiale.

Il raconte d’abord – c’est le sujet – l’histoire vraie et ahurissante du « sergent Stubby », le chien le plus décoré de la « Grande guerre » qui y participa au sein de la  « Yankee Division » , à côté des Français et des alliés.

Il illustre aussi parfaitement, en à côté mais de façon très instructive, l’utilisation des obus de gaz par les Allemands, et j’avoue y avoir trouvé un véritable intérêt, en pensant à mon grand-père dont maman disait souvent « il a été gazé » sans que je m’interroge sur le comment…

Je suis sorti de cette séance, peut-être pas plus savant, mais moins ignorant… C’est déjà pas mal.

Bref, un beau film, amusant et instructif, à voir et à faire voir.

Piranhas

Art et Essai : Piranhas, un film italien de Claudio Giovannesi, avec Francesco Di Napoli.

Piranhas : Non, il ne s’agit pas de ces poissons carnivores qui agressèrent Tintin quand les deux bandits Ramon Bada et Alonzo Perez le jetèrent dans le fleuve Badurayal, en République de San Theodoros.
Ces Piranhas – là sont une bande de jeunes napolitains (de souche) qui se livrent aux guerres mafieuses de la ville pour le trafic de drogue.
Inspirée de faits réels, cette fiction reste néanmoins confuse et sans intérêt… J’aurais mieux fait de relire L’Oreille cassée.

 

Le Daim

A l’affiche : Le Daim, un film franco-belge de Quentin Dupieux, avec Jean Dujardin (Georges) et Adèle Haenel (Denise, la serveuse).

Après Parasite et Greta, encore un film qui commence de façon soft (cette fois-ci un peu longuement) pour finir en violence. On ne s’ennuie pas et on s’amuse presque de la « daimguerie » de Georges… C’est néanmoins un film déjanté et sans intérêt, un film de daim…gue, un one man show de Jean Dujardin…gue…

Ce long-métrage a fait l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs créée pour découvrir des cinéastes inconnus (tant mieux) et des nouveaux talents… Vous avez dit « talents » ?

Heureusement il faisait chaud et je me suis réjoui de n’avoir pas pris mon blouson pour aller au cinéma.

11 fois Fatima

Art et essai : 11 fois Fatima, un film portugais de Joao Canijo.

Jamais nos avis ne furent autant opposés, surtout dans ce sens là !
Au milieu de la séance, mon épouse se pencha vers moi pour me dire : « c’est ch.. » et effectivement ça pouvait l’être : 2h30 de marche sur le bord de routes souvent encombrées de camions, sans paysage, sans jolies photos, avec des bavardages incessants, des soins pour calmer les douleurs et les blessures, parfois des prières, rarement des chants et de plus en plus souvent des colères et des engueulades… le tout en portugais sous-titré…
Ce très long-métrage avait tout pour me déplaire et pourtant il m’a emballé. Contrairement à Lourdes où j’ai eu le sentiment d’être un voyeur, j’ai pris ma part de ce pèlerinage, j’ai vécu ce qu’il comporte de souffrances, de bruit, de stress, de mesquineries, de contraintes de la vie quotidienne, de promiscuité,  d’humiliations… tout en éprouvant l’avantage d’être confortablement assis dans mon fauteuil.
Oui  j’ai aimé ce docu fiction qui se termine en apothéose, et j’ai eu envie de chanter dans la salle, sous la lumière des torches des pèlerins, devant la croix blanche et la statue de la Vierge :

« Ave, ave, ave Maria ».

Noureev

Art et essai : Noureev, de Ralph Fiennes, avec Ralph Fiennes (Alexandre Pouchkine, le professeur de danse), Oleg Ivenko (Noureev) et Adèle Exarchopoulos (Clara Saint, belle-fille du ministre de la culture André Malraux).

Après le pianiste polonais de Cold War et Le vent de la liberté des familles allemandes Strelzyk et Wetzel qui ont fui l’Est pour l’Ouest, ce biopic raconte la demande d’asile formulée à la France, en 1961, par le danseur russe Rudolf Noureev. Un film d’histoire pour les jeunes générations à qui l’on enseigne quotidiennement l’enfer nazi, mais si rarement l’enfer communiste. Le long-métrage montre bien l’émerveillement des danseurs du ballet de Kirov qui découvrent, de leur autobus, ce Paris des années 60. Les flash-back font la différence avec  la misère soviétique.

Bien évidemment, notre époque le veut, on ne nous cache pas, toutefois sans insister, la bisexualité de la star, qui est morte du Sida en 1993, à 54 ans à Levallois-Perret.