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L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat

Il s’agit de l’extrait de l’article.

Berrichon par mon père, je suis provençal par ma mère, et précisément de La Ciotat. Mon grand-père en a été l’un des historiens, et son arrière-arrière-grand-père, mon quiquisaïeul, y fut Procureur du Roi avant d’en devenir maire. Cette ville est, dit-on, le « berceau du cinéma », qui possède le « plus vieux cinéma du monde ». C’est donc tout naturellement que j’ouvre ce « blog » avec le premier film, ou presque, des frères Lumière.
Dans l’Avant-propos de son Dictionnaire passionné du cinéma, Laurent Dandrieu (Valeurs actuelles) commence par citer François Truffaut : « Tout le monde a deux professions : la sienne, et critique de cinéma ». Je n’ai personnellement aucune culture cinématographique, je ne suis certainement pas cinéphile, aussi je me garderais bien de qualifier de « critiques » les propos qui vont suivre. Cinéphile, non, mais « cinéphage » sans doute avec, depuis deux ans, plus de deux films par semaine.
Laurent Dandrieu, toujours lui, dit que « le cinéma (…) est un moyen de communication, qui vise à transmettre au spectateur des émotions, de sujets d’émerveillement, de colère, de réflexion, d’empathie ou d’indignation ». Eh bien, ce sont effectivement ces « émerveillements » ou ces « empathies » – parfois… ces « colères » ou ces « indignations » – souvent… en tout cas toujours ces « réflexions », que je transcris d’abord pour moi-même, et que j’ose vous communiquer.
Puissiez-vous y voir, lorsque mes lignes vous choqueront, l’expression légitime de ma liberté du même nom !

Le Retour des Poilus

Art et Essai et DVD : Le Retour des Poilus, un court-métrage de Maurice Brimbal.

Avant la guerre de 14, les régiments étaient enracinés sur le territoire et regroupaient les hommes du cru… Ainsi à Châteauroux le 90ème RI, le 65ème RIT (Régiment Territorial) et le 290ème RI (Régiment de réserve), composés presque exclusivement de berrichons.

En août 1919, partout en France les villes de garnison ont organisé des fêtes du retour de leurs régiments, notamment dans l’Indre à Issoudun, au Blanc et à Châteauroux.

Trois films « d’actualité » seraient actuellement recensés en France qui commémorent ces « fêtes de la victoire », à Paris, sur les Champs-Elysées le 14 juillet 1919, à Montargis, le retour du 82ème RI, le 3 août 1919, et à Châteauroux.

Maurice Brimbal, propriétaire de l’un des deux cinémas de la ville, a fixé en images, le 24 août 1919, Les Fêtes du retour du 90ème et des Poilus de l’Indre, avec le défilé dans la ville et l’entrée à la caserne Bertrand. Il a voulu ainsi honorer « la bravoure, le dévouement à la patrie et le sacrifice de la race berrichonne ». Les Castelroussins de souche ont pratiquement tous un arrière-grand-père ou un grand-père, un oncle, un parent qui a appartenu à ces régiments, et ce documentaire constitue à sa manière un « monument aux morts » privé, à domicile.

Le 290ème RI a été formé à Châteauroux le 2 août 1914 et dissous le 4 juin 1918. Peut-être parmi ces Poilus qui défilaient il y a cent ans, dont les démobilisés en civil, y avait-il mon grand-père, lieutenant porte-drapeau puis capitaine dans ce régiment.

Pour Sama

Pour Sama

Art et Essai : Pour Sama, un film de Waad al-Kateab et Edward Watts.

Pour Sama, c’est un témoignage, le récit qu’une jeune femme syrienne, Waad, une journaliste engagée, fait à sa fille, Sama (dont le nom signifie « le Ciel ») du siège d’Alep en 2016. Un documentaire totalement, exclusivement à charge contre Bachar el-Assad, et les « avions russes ». Ce long-métrage montre la destruction de la ville, les morts, les blessés, ceux qui les soignent (le mari de Waad, Hamza al-Kateab, est médecin) et même le bombardement des hôpitaux. Il ne dit rien des Islamistes dans la ville.
Contrairement à mon épouse, je ne suis pas véritablement entré dans ce film en VOSTF, et n’ai ressenti aucune empathie pour ce peuple martyrisé… et pourtant je peux évoquer avec émotion le sang qui coule dans mes veines d’une arrière-arrière… arrière-grand-mère originaire d’Alep – « mais chrétienne » disait mon grand-père – à la fin du XVIIIe siècle (Requiescat in pace !). je me garderais donc bien d’émettre un avis sur cette guerre civile syrienne, sauf à dire que ces dictateurs proche ou moyen-orientaux restent malgré tout, jusqu’à preuve du contraire, le meilleur rempart de l’Occident contre l’invasion islamique.

Midway

Midway

A l’affiche : Midway,  un film américain de Roland Emmerich, avec Patrick Wilson, Woody Harrelson.

Pearl Harbor, 7 décembre 1941… une attaque surprise (?) de l’aviation japonaise sur la base navale américaine des îles Hawaï détruisit une grande partie de la flotte du Pacifique.
Midway, 3/6 juin 1942… c’est la revanche de Pearl Harbor sur cet atoll du Nord-Ouest de ces mêmes îles Hawaï que les Japonais rêvaient de conquérir avant de prendre pied sur la côte ouest américaine.

Il faut évidemment aimer les films de guerre, et particulièrement les batailles aéronavales pour aller voir ce film passionnant.

Les plus jeunes y apprendront que la seconde guerre mondiale ne se réduit pas au discours unique qu’on nous déverse à longueur d’ondes radiophoniques et télévisuelles.

Certes tout le monde a entendu parler de Pearl Harbor… mais en est-il de même pour Midway ?

Le film insiste sur les « casseurs de code » et, notamment, Edwin Layton (Patrick Wilson) qui avait alerté sur le risque d’attaque de Pearl Harbor…

On sait que Roosevelt fut accusé d’avoir négligé la défense de la base pour provoquer ainsi le choc psychologique dans l’opinion, dont il avait besoin pour engager les États-Unis dans la guerre.

Une histoire magnifique avec, de chaque côté, de vrais héros, à la fois une page d’Histoire et d’Instruction civique pour enseigner à nos enfants que ce qui fait L’Histoire c’est la volonté et le courage des hommes.

Hors Normes

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A l’affiche : Hors normes,  un film d’Éric Toledano et Olivier Nakache, avec Vincent Cassel, Reda Kateb, Hélène Vincent, Frédéric Pierrot.

Un film vraiment Hors Normes, que j’ai bien failli ne pas aller voir… j’ai déjà écrit à propos de l’ennuyeux Quelle folie combien le synopsis Hors normes me rebutait qui mettait en exergue des « jeunes issus des quartiers difficiles » pour encadrer des autistes. Je craignais le côté bisounours d’Intouchables des mêmes réalisateurs…
C’est l’article d’une étudiante de l’ISSEP de Lyon, dans le quotidien Présent du 26 octobre, qui a vaincu ma réticence…. Et je la remercie.

Cet Hors Normes est d’abord un documentaire captivant sur l’autisme… qui ne se limite pas à des Rainman ou Monsieur Je sais tout…. c’est aussi un scénario bien ficelé sur ces David (précisément) qui doivent en permanence « trouver une solution » quand Goliath ne les a pas et s’acharne à vouloir que tout soit dans les normes.

Avec une mention spéciale pour le jeune Benjamin Lesieur (Joseph), un docufiction que je n’hésite pas à recommander.

La Belle Époque

La Belle époque

A l’affiche : La Belle Époque,  une comédie dramatique de Nicolas Bedos, avec Daniel Auteuil, Fanny Ardant, Doria Tillier, Guillaume Canet, Pierre Arditi.

« Ben Dame, c’était l’bon temps », « c’était mieux avant »… « Il est toujours joli le temps passé » chantait Brassens, comme l’assemblée de vieux qui avions pris place dans la salle pour venir s’offrir un bain de jouvence…

C’était pas mal… c’est plaisant, selon mon épouse, mais c’aurait pu être mieux … j’aurais préféré une immersion dans les années 60… Peut-être est-ce le titre du film qui n’est pas adapté.

Ce long-métrage ne vaut que par Fanny Ardant (j’en suis fan…), et par le jeu excellent  de Daniel Auteuil.

Une belle histoire d’amour, quand même.

Adults in the room

Adults in the Room

A l’affiche : Adults in the room,  un film franco-grec de Costa-Gavras, avec Alexandros Bourdoumis (Alexis Tsipras, Premier ministre grec), Christos Loulis (Yanis Varoufakis, ministre des finances), Aurélien Recoing (Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et financières), Josiane Pinson (Christine Lagarde, directrice du FMI), Vincent Nemeth (Michel Sapin), Daan Schuurmans (Jeroen Djesselboem, Président de l’Eurogroupe),
adapté du livre Conversations entre adultes : Dans les coulisses secrètes de l’Europe, de Yanis Varoufakis.

Je crains que les lignes qui suivent ne m’attirent quelques foudres aussi, si je ne l’avais pas déjà commenté, je sortirais mon Joker.

Avec ce film, Costa-Gavras veut-il nous faire L’Aveu qu’il regrette les colonels ?
Oui, le mouvement Syriza est de gauche extrême et s’en vante… Mais, ce que racontent Yanis Varoufakis et Costa-Gavras, c’est ce qu’on lit  dans le livre de Philippe de Villiers, Le moment est venu de dire ce que j’ai vu, publié précisément en décembre 2015 : « Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a tenu à dissiper les inquiétudes, après les élections en Grèce : Dire que tout va changer parce qu’il y a un nouveau gouvernement à Athènes, c’est prendre ses désirs pour des réalités. Il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens » (p157).

Ainsi, le référendum grec a été bafoué comme le référendum français sur la « constitution européenne », et comme l’est celui sur le Brexit, à la fois par des « fonctionnaires » de l’Union européenne et par des élus nationaux non représentatifs.

Désolé, chers amis, l’Union Européenne est une prison… mais, Haut les cœurs, nous verrons bien un jour, ou nos enfants verront, tomber le mur de Bruxelles.

« L’ouvrage des méchants demeure périssable
Les idoles d’argent qu’ils se sont élevées
S’écrouleront un jour sur leur base de sable
Et la nuit tombera sur leurs formes rêvées ».
(RB)

Joker

Joker

A l’affiche : Joker,  un film américain de Todd Phillips, avec Joaquin Phoenix (Arthur Fleck ou Joker, le clown), Françoise Conroy (Penny Fleck, sa mère), Zazie Beetz (sa voisine) et Robert De Niro (Murray Franklin, animateur télé).

La bande-annonce m’avait intrigué, sans réellement m’attirer, et le synopsis me rebutait (j’ignore tout de Batman), jusqu’à ce que j’entende un critique – que je ne dénoncerai pas » –  parler du « film de l’année ».

Non !  Certainement pas !

Il s’agit de l’histoire d’un clown et de clowns, et c’est peut-être du grand cirque, mais un cirque ultra violent qui n’est pas fait pour les enfants.
C’est l’histoire « glauque » d’un fou, dans un contexte de crise sociale où les masques de clowns remplacent les gilets jaunes… et les trois traders n’ont eu que ce qu’ils méritaient…

On assiste surtout à un one man show extraordinaire, une prestation remarquable de Joaquin Phoenix dont on retiendra les pas de danse.

Si le film ne vaut pas les « dix mille oscars » espérés par le critique, ce Joker en revanche est un As qui méritera un César.

« Pour ton nez qui s’allume
Bravo ! bravo !
Tes cheveux que l’on plume
Bravo ! bravo ! »

                                     (Edith Piaf)