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L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat

Il s’agit de l’extrait de l’article.

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Berrichon par mon père, je suis provençal par ma mère, et précisément de La Ciotat. Mon grand-père en a été l’un des historiens, et son arrière-arrière-grand-père, mon quiquisaïeul, y fut Procureur du Roi avant d’en devenir maire. Cette ville est, dit-on, le « berceau du cinéma », qui possède le « plus vieux cinéma du monde ». C’est donc tout naturellement que j’ouvre ce « blog » avec le premier film, ou presque, des frères Lumière.
Dans l’Avant-propos de son Dictionnaire passionné du cinéma, Laurent Dandrieu (Valeurs actuelles) commence par citer François Truffaut : « Tout le monde a deux professions : la sienne, et critique de cinéma ». Je n’ai personnellement aucune culture cinématographique, je ne suis certainement pas cinéphile, aussi je me garderais bien de qualifier de « critiques » les propos qui vont suivre. Cinéphile, non, mais « cinéphage » sans doute avec, depuis deux ans, plus de deux films par semaine.
Laurent Dandrieu, toujours lui, dit que « le cinéma (…) est un moyen de communication, qui vise à transmettre au spectateur des émotions, de sujets d’émerveillement, de colère, de réflexion, d’empathie ou d’indignation ». Eh bien, ce sont effectivement ces « émerveillements » ou ces « empathies » – parfois… ces « colères » ou ces « indignations » – souvent… en tout cas toujours ces « réflexions », que je transcris d’abord pour moi-même, et que j’ose vous communiquer.
Puissiez-vous y voir, lorsque mes lignes vous choqueront, l’expression légitime de ma liberté du même nom !

Une affaire de famille

Art et Essai : Une affaire de famille, un film japonais de Hirokazu Kore-eda, avec Lily Franky (Osamu),  Kiki Kirin (Mamie), Kairi Jyo (Shota) et Miyu Sasaki (Juri).

Ils ne portent pas de gilet, mais c’est sur leur visage qu’ils portent le jaune de leur misère. Comme dans Après la tempête, Kore-Eda nous immerge chez les « Sans-dent » du Japon qui compensent à leur manière les revenus qu’ils n’ont plus. Ce film est trop long, et parfois compliqué, pour être « bon », mais il n’y a pas de longueurs et l’on ne s’ennuie pas ; on peut même sourire ou rire en partageant leurs bols de nouilles. Déjà dans The third murder, les « héros » passaient leur temps à manger.
C’est le quatrième film que nous voyons de ce réalisateur, et nous avions aimé à la télévision Tel père, tel fils.

Encore un petit effort, et Kore-Eda va me réconcilier avec le cinéma japonais… Anne Brassié sur TV Liberté recommandait son Notre petite sœur, de 2015.

 

Les confins du monde

A l’affiche : Les confins du monde, un film français de Guillaume Nicloux, avec Gaspard Ulliel (Robert Tassen), Lang-Khê Tran (Maï) et Gérard Depardieu (Saintonge).

Nous aimons beaucoup les films de guerre.

Les confins du monde n’est pas le meilleur, trop intellectuel pour moi, avec Saintonge et Les Confessions de Saint Augustin, qui crapahute entre les scènes d’horreur, de sexe et d’opium. On croirait du Houellebecq ! (ce qui n’est d’ailleurs pas un reproche… Il faut lire Soumission).

Ce confins du monde repose sur une page d’histoire que l’on connaît mal avec l’occupation japonaise de l’Indochine, et Ho-Chi-Minh qui commence la guerre d’indépendance ; il aurait donc dû être plus intéressant, même si on assiste à un véritable documentaire sur l’enfer indochinois qu’ont dû subir les soldats français durant ces trois années 1944/1946 (et les autres).

Un film que l’on peut donc recommander à un public averti et peu sensible.

 

Rémi sans famille

A l’affiche : Rémi sans famille, un film français d’Antoine Blossier, avec Daniel Auteuil (Signor Vitalis), Maleaume Paquin (Rémi), Virginie Ledoyen (Mme Harper), Ludivine Sagnier (Barberin), Jacques Perrin (Rémi âgé),
adapté du roman d’Hector Malot, Sans famille.

Rémi sans famille, un film à voir… en famille.

Je me rappelais avoir bien aimé le livre lu à mon enfance… mais j’avais complètement oublié l’intrigue et les personnages dont mon épouse égrenait les noms avant d’entrer dans la salle, à commencer par Capi (elle a toujours aimé les chiens) ; le seul qu’elle avait oublié, c’est Joli-Cœur (sans doute, parce que j’ai pris sa place !).

J’ai donc non pas redécouvert cette histoire, mais plus simplement découvert car elle n’a éveillé en moi aucun souvenir…

A vrai dire, elle m’a même plutôt déçu par rapport à l’idée que je m’en faisais, et l’émotion que j’en éprouvais. J’ai notamment trouvé Daniel Auteuil médiocre avec sa barbe postiche (ce n’est pas l’avis de mon épouse).

Le seul intérêt de cette fiction est dans l’actualité et le respect que l’on doit à Vitalis, ancien violoniste de réputation internationale, qui refuse de se faire reconnaître et se camoufle en saltimbanque tant il se sent coupable de l’incendie de sa maison où périrent sa femme et son fils. J’ai pensé à certain chanteur qui n’a pas eu de tels scrupules avec le noir désir de remonter sur scène après avoir violenté sa compagne jusqu’à la mort…

J’émets le vœu que ce film incite les enfants à lire Hector Malot.

Pupille

A l’affiche : Pupille, un film français de Jeanne Herry, avec Gilles Lellouche (Jean, assistant familial), Sandrine Kiberlain (éducatrice), Miou-Miou (coordinatrice), Élodie Bouchez (Alice, mère adoptive), Stefi Celma (assistante médicale).

Pupille, un docufiction très intéressant qui va de l’accouchement sous X jusqu’à l’adoption du bébé, et souligne l’attention portée au bien de l’enfant par les différents acteurs.
Comme par hasard, néanmoins, ceux-ci se félicitent du droit d’adopter donné aux « familles monoparentales » et, en l’occurrence, le nouveau-né sera confié à une femme seule, divorcée sans enfants…
(je croyais que le mot « famille » concernait un ensemble de personnes !)

Ne chipotons pas, ils auraient pu l’attribuer à une paire de même sexe, et regretter, en outre, que la mère biologique n’ait pas choisi l’avortement !

Décidément, Non, ce film n’est pas malsain, et l’on se réjouit, à l’accouchement, d’entendre la sage-femme et les infirmières dire : « c’est un garçon », sans attendre que ce nouvel individu choisisse de lui-même le genre auquel il voudra appartenir !

On rend grâce aussi à la réalisatrice d’avoir mis en scène le besoin d’une mère éprouvé par Théo, tristement « autiste » devant Jean, l’assistant familial qui s’occupe pourtant de lui avec beaucoup d’affection, alors que Mathieu sourit et commence à communiquer avec sa nouvelle maman…

Mais quel « garçon » ne rêverait pas d’être dans les bras d’Élodie Bouchez ?

 

Paname, le fantôme du Grand Français

Art et essai : Paname, le fantôme du Grand Français, un film franco panaméen de Daniel Zapateiro.

Quel titre sibyllin pour ce petit documentaire (55 mn), intéressant mais insuffisant et quelque peu « académique », sur le percement du canal de Panama et Ferdinand de Lesseps.

« Beaucoup de gens sont d’ordinaire
Tourmentés du même démon ;
Ils veulent sortir du vulgaire,
Se mettre en vue, avoir un nom.
Mais on peut affirmer qu’en somme
Lesseps sut tous les dépasser
Car jamais on ne vit homme
Aussi désireux de percer ».
(Le Don Quichotte, journal satirique édité à Bordeaux, 1879)

Paname : cette appellation de Paris viendrait du scandale de Panama et de la colère populaire contre les « Panamistes », les politiciens corrompus (notamment 104 députés), qui se généralisa contre les Parisiens. A l’époque les maraîchers payaient un octroi pour entrer leurs denrées dans Paris qu’ils ont surnommé « Panam ».
Quant au titre de « Grand français « , c’est à Gambetta qu’on la doit.

Un documentaire qui manque de rythme et de vie, et qui ne dit rien, ou trop peu, de la trop grande confiance en lui de celui qui avait vaincu tous les obstacles du Canal de Suez mais ne voulait pas voir la nature hostile de Panama avec ses marécages, ses pluies incessantes, ses 700 variétés de moustiques et partant la malaria et la fièvre jaune, avec les dizaines de morts quotidiennes sur les chantiers.

Que dire de plus ?
Lire le « Ferdinand de Lesseps » de Ghislain de Diesbach (Perrin, 1998) dans lequel il évoque la brièveté de son discours de réception à l’Académie française (1885) :
« Ne pouvant faire bien, j’ai fait mieux : j’ai fait court ».

Amanda

Art et Essai : Amanda, un film français de Mikhaël Hers, avec Vincent Lacoste (David), Ophélia Kolb (Sandrine) et Isaure Multrier (Amanda).

« Elvis has left the building ».

Le critique Arthur de Watrigant a eu le mot juste sur TV Liberté : c’est un « très, très joli » film. Il ne raconte pas une histoire mais une tranche de vie, et celle-ci, comme l’on sait, n’est pas un « long fleuve tranquille ».
David incarne l’esprit de famille,  le dévouement et même l’abnégation.

Mais, à l’inverse,  ce scénario nous surprend :
Est-ce si fréquent dans notre société féministe et décomposée,  fille du « Libéralisme avancé » que prônait – n’ayons pas « la mémoire courte » – Giscard d’Estaing…
Est-ce si fréquent, donc, que les épouses plaquent leurs maris et abandonnent leurs enfants ?
C’était en tout cas déjà le sujet de Nos batailles et c’est aussi  un élément de la tranche de vie de Sandrine et David.
– Pourquoi ?

Le Grand Bal

Art et Essai : Le Grand Bal, un film français de Laetitia Carton.

« Quand tu danses, danses, danses devant moi
Je sens mon cœur qui bat
Au rythme de tes pas… »

Malheureusement les moments ont été rares où, à l’instar de Gilbert Bécaud, j’ai senti « mon cœur qui bat  » et où j’ai eu moi aussi envie d’entrer dans la danse.
C’est un événement original que nous présente ce documentaire, à savoir la réunion annuelle pendant toute une semaine, à la mi-juillet, de plus de 2000 danseurs à Gennelines, dans l’Allier.
Ni rap, ni techno, ni même rock mais une foule de gens divers – et pourtant sans « diversité  » – qui virevolte et frappe du pied sur une musique enracinée et tellement identitaire que l’une des danseuses se croit obligée de dire : « on danse pour accueillir les immigrés  » ! Sans doute le prix à payer au Politiquement correct pour obtenir le financement du film…
Malheureusement des longueurs, des parlottes avec des redites, m’ont donné l’impression de faire tapisserie.