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L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat

Il s’agit de l’extrait de l’article.

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Berrichon par mon père, je suis provençal par ma mère, et précisément de La Ciotat. Mon grand-père en a été l’un des historiens, et son arrière-arrière-grand-père, mon quiquisaïeul, y fut Procureur du Roi avant d’en devenir maire. Cette ville est, dit-on, le « berceau du cinéma », qui possède le « plus vieux cinéma du monde ». C’est donc tout naturellement que j’ouvre ce « blog » avec le premier film, ou presque, des frères Lumière.
Dans l’Avant-propos de son Dictionnaire passionné du cinéma, Laurent Dandrieu (Valeurs actuelles) commence par citer François Truffaut : « Tout le monde a deux professions : la sienne, et critique de cinéma ». Je n’ai personnellement aucune culture cinématographique, je ne suis certainement pas cinéphile, aussi je me garderais bien de qualifier de « critiques » les propos qui vont suivre. Cinéphile, non, mais « cinéphage » sans doute avec, depuis deux ans, plus de deux films par semaine.
Laurent Dandrieu, toujours lui, dit que « le cinéma (…) est un moyen de communication, qui vise à transmettre au spectateur des émotions, de sujets d’émerveillement, de colère, de réflexion, d’empathie ou d’indignation ». Eh bien, ce sont effectivement ces « émerveillements » ou ces « empathies » – parfois… ces « colères » ou ces « indignations » – souvent… en tout cas toujours ces « réflexions », que je transcris d’abord pour moi-même, et que j’ose vous communiquer.
Puissiez-vous y voir, lorsque mes lignes vous choqueront, l’expression légitime de ma liberté du même nom !

Chris the Swiss

Art et Essai : Chris the Swiss, un film suisse d’Anja Kofmel, avec Anja Kofmel dans son propre rôle, et Joël Basman (Chris).

Après la chute du communisme les identités se sont réveillées et ont pu imploser, particulièrement dans cette Yougoslavie où, déjà, elles avaient été sans doute ignorées à sa création, lors du dépeçage de l’Empire d’Autriche-Hongrie à la fin de la 1ère guerre mondiale, avant la chape de plomb totalitaire et matérialiste qui s’abattit sur elle en 1945.

Les guerres de Yougoslavie sont en cela une illustration de l’utopie, à tout le moins la difficulté du « vivre ensemble » en regard de la « diversité » des modes de vie, des cultures et des spiritualités ou religions des peuples, en l’occurrence les Serbes, les Bosniaques, les Kosovars, les Slovènes, les Croates, etc….

Chris the Swiss, c’est un film qui allie animation, au demeurant assez bonne, et véritable documentaire, pour évoquer l’histoire d’un « grand » cousin de la réalisatrice, qui, en tant que journaliste, au début des années 90, voulut couvrir la guerre serbo-croate, et fut retrouvé mort sous l’uniforme d’une milice étrangère.

L’affaire Benalla nous a en effet appris qu’il est difficile pour un « observateur » de ne pas succomber à la tentation de prendre parti et de s’impliquer dans la bataille ! (le « responsable et coupable », c’est le commanditaire).
Il peut en être de même pour un journaliste.

Je n’ai pas la connaissance et la compétence pour discriminer, dans cet opus, l’ivraie du bon grain, savoir ce qui est conforme à la réalité et ce qui est l’opinion d’Anja Kofmel, ou même pure propagande… Je le regrette et remercie par avance plus savant que moi qui m’éclairera sur ce sujet.

Le propos semble parfois nuancé, disant que les atrocités sont commises des deux côtés, et qu’à la guerre il ne s’agit pas de choisir entre le Bien et le Mal, mais entre « le pire et le moins pire ».

Nous sommes néanmoins en présence, bien évidemment, d’une œuvre « engagée », et je ressens le point de vue anti-religieux et surtout anti-catholique qui « dénonce » en quelque sorte une mainmise de l’Opus Dei sur la Croatie !

Dernière observation, récurrente de ma part : comme dans tout documentaire, l’important est dans le « discours » davantage que dans les « mimiques » de ceux qui parlent. Pourquoi donc, sauf volonté cosmopolite de faire disparaître notre langue, pourquoi nous imposer une VOST qui découpe les phrases en bas de l’écran plutôt qu’une version française plus facile à comprendre et à assimiler ?

First Man : le premier homme sur la lune

A l’affiche : First Man, le premier homme sur la lune, un film de Damien Chazelle, avec Ryan Gosling (Neil Armstrong), Claire Foy (Janet Armstrong), Corey Stoll (Buzz Aldrin) et Lucas Haas (Mike Colins).

« On a décroché la lune »… C’est, dans le film, la réponse de Janet Armstrong aux journalistes qui l’interviewaient alors qu’elle partait retrouver son mari, durant la « quarantaine » qui suivit la mission Apollo 11.
Je doute que la formule soit historique… Et c’est dommage car elle aurait été très belle.

Depuis « mon ami Pierrot » jusqu’à Tintin, en passant par Jules Verne et, aussi, les « six moyens de violer l’azur vierge » dont Cyrano de Bergerac choisit le septième pour l’atteindre, la lune a toujours été, jusqu’à Neil Armstrong, dans notre imaginaire.

Ce long-métrage entame brillamment les cérémonies du jubilé des « premiers pas sur la lune » qu’on ne manquera pas de célébrer dans 9 mois.

J’ai vu avec ravissement, dans la fusée, les hommes et les objets voler comme le capitaine Haddock derrière sa boule de whisky ; j’ai apprécié le fond musical de Justin Hurwitz, et c’est une première car je n’entends rien à la musique et d’habitude je ne l’entends pas… cette fois-ci, j’ai aimé, en pensant avec amusement à « Radio-Klow » qui diffusait, pour les astronautes d’Hergé, « Avant de mourir, de Boulanger ».

Bref un film passionnant, remuant et stressant, à la réserve près qu’on en connaît la fin, à la gloire du héros…

Mais les autres ? car, à bien y réfléchir, Buzz Aldrin qui foula, le deuxième, le sol lunaire est tout autant héros que le premier… quant à Michael Collins, le « troisième homme », qui resta en orbite dans le module de commande, il a eu la même formation, il a subi le même entrainement, particulièrement lourd et difficile, et pris les mêmes risques que les autres, sans avoir l’honneur et le bonheur d’y poser son pied.

Curieux cet hommage justifié, que je recommande évidemment, mais sélectif.

Se souvient-on, aussi, qu’après ces deux (ou trois) pionniers, de 1969 à 1972 (avec Apollo 17), dix autres astronautes ont marché sur la lune ?
Et depuis ? plus rien ?

J’en reviens au Capitaine qui avait sans doute raison : « ON N’EST VRAIMENT BIEN… QUE SUR NOTRE BONNE VIEILLE TERRE ! ».

I Feel Good

A l’affiche : I Feel Good, un film de Benoît Delépine et Gustave Kervern, avec Jean Dujardin (Jacques) et Yolande Moreau (Monique).

I Feel Good, et moi  je me suis senti très mal durant la projection en anticipant la fureur de mon épouse qui ne voulait pas aller voir ce film.
C’est vrai que la bande annonce était plutôt dissuasive, à la réplique près sur Karl Marx… « c’est  pas (lui) qui va aider à avoir un jacuzzi ou une pergola ».
Le début est peut-être plaisant, à entendre les boniments de Jacques ; mais c’est ensuite un grand n’importe quoi qui m’a mis très en colère, et j’en veux à ce critique favorable d’une télé amie qui m’a ainsi fourvoyé.
Je l’aurais donc jeté à la poubelle, lui et sa pochade, si celle-ci n’avait comporté  une condamnation nette du communisme, avec « ses 100.000 morts et son drapeau rouge du sang de ses victimes ».
A tout péché miséricorde pardonne Jacques, dont les parents étaient communistes, qui confesse, avec honte, avoir lui-même été partisan de Bernard Tapie !
Ces réflexions justes, et Yolande Moreau, antisexy  mais vraie gauchiste (ça va souvent de pair), ne m’empêchent pas de vous recommander de ne pas vous laisser prendre par le baratin de Jean Dujardin et d’éviter ce long-métrage  en l’abandonnant dans la recyclerie-déchetterie d’Emmaüs pilotée par Monique.

Quant à l’abbé Pierre… au risque de déplaire je rappellerais ses sympathies très à gauche, qui ne fit preuve publiquement d’aucune charité chrétienne  lors des règlements de compte de l’épuration, ni pour les soldats morts en Indochine (il vota avec les communistes contre  les crédits de rapatriement), ni pour les pieds-noirs et harkis abandonnés ou rapatriés d’Algérie, et je n’ai pas connaissance qu’il s’insurgeât contre  le vote de L’IVG.

Le Poulain

A l’affiche : Le Poulain, un film de Mathieu Sapin, avec Finnegan Oldfield (le Poulain, Arnaud Jaurès), Valérie Karsenti (candidate à la Primaire, Catherine Beressi), Alexandra Lamy (directrice de la communication, Agnès Karadzic), Gilles Cohen (candidat à l’élection présidentielle, Pascal Prenois), Philippe Katerine (Daniel).

Nul ! Ce film est aussi nul que cette classe politique dont il veut être la satire.  Certes ils leur ressemblent, ces politiciens, ces femmes et ces hommes imbus d’eux-mêmes, candidats les uns contre les autres, aux convictions (ils n’en ont pas) déclarations interchangeables, et leurs équipes, leurs assistants, qui magouillent et tripatouillent autour d’eux, et leurs « communicants » qui « communiquent »…
Mais précisément, nous ne les supportons plus dans la vraie vie… Inutile de nous montrer leurs pâles copies au cinéma.

« Qu’ils chantent pourvu qu’ils paient » disait le cardinal faisant fi des mazarinades antifiscales, mais à  l’heure du Grand Remplacement, dans cette société de l’IVG et du mariage pour tous, avant la PMA et la GPA, je ne veux plus payer pour les voir, même au cinéma.
Ah ! J’oubliais. Face au candidat de « l’extrême droite », ses deux adversaires troquent les postes et font cause commune…
Un film nul, vous dis-je, sans aucun risque, sans l’originalité de faire barrage à l’extrême gauche (ou à l’extrême-centre) ! Ce n’est pas de la caricature mais du copié collé ! N’a-t-on pas entendu, dès 20H05, le candidat Fillon appeler à voter Macron ?
Non,  je n’aurais pas pu ne pas le voir,  mais  j’aurais dû le non voir.

Hélas, Mathieu, ce personnel politique ne sent pas encore le Sapin !

Nos batailles

A l’affiche : Nos batailles, un film de Guillaume Senez avec Romain Duris.

Romain Duris est un bon acteur, et heureusement car il est le seul intérêt du film.
Il s’agit d’un drame social – on pourrait même dire « sociétal »– où une femme abandonne son mari et ses enfants.
C’est ça sans doute la parité, et l’égalité, revendiquées par les femmes : pouvoir plaquer sa famille, de la même façon que les hommes ont de tout temps su le faire !

Un film « réaliste » donc avec des acteurs « excellents » pour reprendre les qualificatifs d’Anne Le Pape dans le quotidien Présent de ce samedi, mais interroge-t-elle à juste titre « Cela suffit-il à passionner les foules ? ».
Certes, comme elle le précise, on y entend une bonne leçon de démocratie, que Macron devrait méditer… « il vaut mieux un seul déçu sur trois, que deux sur trois » et, en l’occurrence, mon épouse et une amie ont aimé, prétendant que c’est « un film pour femmes »… Je ne savais pas mon épouse si féministe !

Je ne bataillerai pas avec elle sur ce sujet, mais je reviens sur la critique nuancée d’Anne Le Pape avec laquelle je suis globalement d’accord, sauf sur un point : « il est invraisemblable – écrit-elle – que la direction d’une entreprise propose à un responsable syndical d’intégrer le service des ressources humaines » ! Eh bien, non ! Cela doit même être aussi courant qu’ « une femme qui se taille »… J’ai passé toute ma carrière dans un grand groupe d’assurances où j’ai croisé le chemin d’une déléguée syndicale d’une « Confédération » ouvrière représentative qui, après avoir fomenté des grèves et des manifestations, exploité des mécontentements contre la Direction et certains chefs de service, a fini comme cadre dans le service des ressources humaines. Est-ce si étonnant ? n’a-t-on pas vu des leaders de syndicats agricoles se recycler sur les listes « gouvernementales » aux élections européennes ?  C’est tout ça Le Système !

Le Pape François : Un homme de parole

A l’affiche : Le Pape François : Un homme de parole, de Wim Wenders, avec… le Pape François

« Et Dieu, dans tout ça ? »… C’est une question que Jacques Chancel avait posé à Georges Marchais, il y a tout juste quarante ans…
Et c’est la question qui m’est venue à l’esprit durant toute la projection du film.

Mais d’abord, étonnons-nous de ce deuxième film sur ce pontificat, toujours en cours, du Pape François, élu il y a seulement cinq ans en 2013. Nous avons déjà vu, effectivement, en 2016 un biopic intitulé La Pape François, réalisé par Beda Docampo Feijôo et Eduardo Giana qui présentait le Cardinal Bergoglio et les conclaves de 2005 et 2013.

N’y a-t-il pas une petite contradiction entre cet homme de Dieu qui affiche l’humilité de St François d’Assise, et qui se met ainsi en scène par deux fois de façon quelque peu hagiographique ?
Est-ce le même Pape qui refuse les chaussures rouges aussi bien que les grosses voitures des défilés officiels, et qui fait dire en voix off qu’ « il fait bouger l’Église », dans ce film que l’on qualifie « sur commande » même s’il n’est pas financé par le Vatican ?

Difficile donc de distinguer le vrai visage de François de celui que veulent lui donner les différents réalisateurs… J’ai en tête le « Je cherche le visage, le visage (…) » que l’on chante maintenant souvent dans les églises.

Le Pape François : Un homme de parole… et effectivement durant tout ce documentaire , on écoute – on lit en VOST – la parole argentine de ce pape qui tantôt s’adresse directement à nous, tantôt discourt devant les foules sur tous les sujets, ou plus exactement sur les sujets sélectionnés par Wim Wenders… car les questions trop politiquement incorrectes ne sont évidemment pas abordées : rien par exemple sur le célibat des prêtres, et quand le film aborde la « culture du déchet » il n’est rien dit des « déchets » d’embryons dans les poubelles des hôpitaux (plus de 210 000 IVG en France en 2017 !)

Non, les sujets abordés sont évidemment la pauvreté et la misère, ils sont la paix, et je me demande si ce sont ceux qui disent « la paix, la paix… » comme d’autres disent « Seigneur, Seigneur… » qui entreront dans le Royaume des cieux…
Bref un discours à la fois légitime et attendu, mais parfaitement bisounours, sans une véritable transcendance… encadré surtout des deux obsessions mondialistes que sont « l’accueil des migrants » et « sauver la planète ».

L’accueil des migrants… Je conçois que le sujet soit délicat en regard de la vertu théologale de charité, mais le Pape ne dit rien du devoir d’aller « enseigner toutes les nations et les bénir au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit »… et au contraire il appelle nos peuples européens, de culture chrétienne à accepter, sans le dire, le Grand Remplacement et l’implantation de l’Islam dans nos pays de chrétienté. Il se félicite par exemple d’un dialogue avec un haut dignitaire musulman au cours duquel « aucun n’a essayé de convertir l’autre ». Le Christ n’est-il donc pas pour lui  « Le Chemin, La Vérité et La vie » ?

« Sauver la planète »… Nous n’entendons pas le Bon Pasteur qui veut sauver l’Homme du feu de l’enfer, mais le leader charismatique qui veut sauver la planète du réchauffement climatique, et la voix off précise que ce n’est pas par hasard si l’encyclique Laudato si’ est sortie quelques mois avant la COP 21. Le journaliste météorologiste Philippe Verdier, licencié depuis de France Télévision, nous avait prévenu dans son livre Climat Investigation : « Ban Ki-moon (alors Secrétaire général de l’ONU – ndlr) vint personnellement à Rome s’assurer que le Saint-Père allait publier son texte suffisamment tôt avant la Conférence de Paris », et Verdier ajoute : «certains passages (sont) copiés-collés de rapports onusiens ».

Bref un discours convenu, souvent d’une grande platitude, dans lequel il y avait à boire et à manger ; mais rendons à François ce qui est à François puisqu’il conclut en citant St Thomas More qui demandait à Dieu la grâce d’une bonne digestion.

Je partage donc avec lui son appel à l’humour et au sourire, comme celui que j’avais en entrant dans cette grande salle de cinéma (180 places) pleine apparemment de toute la paroisse du village où le film était à l’affiche en séance unique… j’ai alors cru qu’on allait nous demander de nous lever avant la projection pour réciter un Notre Père… Ce ne fut pas le cas mais quand même, à la fin de la séance, deux jeunes prêtres en clergymen étaient à la porte pour serrer les mains comme à la fin de la messe.

 

Un peuple et son roi

A l’affiche, Un peuple et son roi de Pierre Schoeller, avec Laurent Lafitte (Louis XVI), Louis Garrel (Robespierre), Denis Lavant (Marat), Olivier Gourmet (L’Oncle), Adèle Haenel (Françoise) et Gaspard Ulliel (Basile).

Un peuple et son roi, c’est un film d’ambiance (et quelle ambiance !) mais ce n’est qu’un film d’ambiance…
Certes la hargne révolutionnaire, particulièrement des femmes, est bien rendue ; certes  l’opposition est bien soulignée des jusqu’auboutistes face à ceux qui proclament la nécessité de savoir arrêter une révolution ; certes La Fayette n’est pas épargné qui, contrairement à Louis XVI, fait tirer sur la foule (il aura des successeurs) ; certes la schizophrénie de Robespierre est pointée du doigt qui, comme les épurateurs de toutes les époques, est contre la peine de mort sauf pour ses adversaires ; certes la trahison du franc-maçon Philippe Égalité, cousin du Roi, est affirmée (le film ne montre pas qu’il sera lui-même guillotiné) ; certes on a le cœur serré et les larmes aux yeux au roulement de tambour de l’exécution du roi…
Nous avons néanmoins été très déçus par ce film qui aurait pu être un bon mémento historique alors qu’il est au contraire particulièrement confus et décousu. La mise en scène,  notamment, d’Olivier Gourmet est globalement sans intérêt.

Bref, je ne regrette pas d’avoir vu ce film, mais je ne le recommande pas.
Vive le Roi, quand même ! et A bas la Révolution.