à la Une

L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat

Il s’agit de l’extrait de l’article.

Berrichon par mon père, je suis provençal par ma mère, et précisément de La Ciotat. Mon grand-père en a été l’un des historiens, et son arrière-arrière-grand-père, mon quiquisaïeul, y fut Procureur du Roi avant d’en devenir maire. Cette ville est, dit-on, le « berceau du cinéma », qui possède le « plus vieux cinéma du monde ». C’est donc tout naturellement que j’ouvre ce « blog » avec le premier film, ou presque, des frères Lumière.
Dans l’Avant-propos de son Dictionnaire passionné du cinéma, Laurent Dandrieu (Valeurs actuelles) commence par citer François Truffaut : « Tout le monde a deux professions : la sienne, et critique de cinéma ». Je n’ai personnellement aucune culture cinématographique, je ne suis certainement pas cinéphile, aussi je me garderais bien de qualifier de « critiques » les propos qui vont suivre. Cinéphile, non, mais « cinéphage » sans doute avec, depuis deux ans, plus de deux films par semaine.
Laurent Dandrieu, toujours lui, dit que « le cinéma (…) est un moyen de communication, qui vise à transmettre au spectateur des émotions, de sujets d’émerveillement, de colère, de réflexion, d’empathie ou d’indignation ». Eh bien, ce sont effectivement ces « émerveillements » ou ces « empathies » – parfois… ces « colères » ou ces « indignations » – souvent… en tout cas toujours ces « réflexions », que je transcris d’abord pour moi-même, et que j’ose vous communiquer.
Puissiez-vous y voir, lorsque mes lignes vous choqueront, l’expression légitime de ma liberté du même nom !

Nope

A l’affiche : NOPE,  un film américain de Jordan Peele, avec Daniel Kaluuya et Keke Palmer (les frère et sœur, Oj et Emerald Haywood).

Les enfants s’étaient succédé à la maison, et notre dernière fille venait de repartir…  « On se retrouve seuls » chanterait Jacques Brel…
Pour ne pas nous laisser submerger par le bourdon ou l’hypocondrie, mon épouse a absolument voulu aller au cinéma alors que depuis plusieurs semaines je répète à tout-va que l’offre est nullissime… « Mais – insiste-t-elle – la critique de Nope, dans le Far West poussiéreux des westerns, est bonne qui mentionne une photographie superbe et une atmosphère envoûtante avec une dimension satirique et politique qui pointe du doigt l’industrie du spectacle à travers ses personnages travaillant dans l’ombre, dresseurs d’animaux, cascadeurs, chefs opérateurs (…) sans lesquels le cinéma n’aurait pas la même magie »….
Têtue comme une électrice de Macron (qu’elle n’est pourtant pas), ma chère épouse !

Le malheur, c’est que la journaliste du quotidien berrichon, auteur de cet éloge, n’a évidemment pas vu le film !

2h10 de vacarme, d’explosions, de cris, d’images décousues, sur un scénario incompréhensible…  J’ai presque éprouvé de la colère avec l’envie de la faire aspirer par le nuage des extraterrestres tandis que j’aurais quitté la séance.

J’ai lu par ailleurs que les entrées des salles obscures sont en baisse de 30% depuis le début de l’année. Sans doute les professionnels devraient-ils s’interroger sur la production et la distribution, quand tel film «  à voir » a disparu de l’affiche alors que perdurent les comédies à la Dubosc, les Science-fiction et autres animations pour enfants… sans compter, pour le spectateur moyen que je suis, les VOSTF (lire ou regarder, il faut choisir).

L’Année du requin

A l’affiche : L’Année du requin,  un film français de Zoran et Ludovic Boukherma, avec Christine Gautier, Jean-Pascal Blaise, Marina Foïs, et Kad Merad (les gendarmes, Eugénie, Blaise, Maja, et son mari Thierry).

Même si elle suit l’année du covid, cette Année du requin n’a rien à voir avec notre année électorale. C’est pourtant aussi, à sa manière, une sorte de film catastrophe, mais précisément la Macronie n’est malheureusement pas du cinéma.

Je craignais le pire avec cette soi-disant « comédie »,  mais non. Malgré ses extravagances et ses invraisemblances, ce drame est plutôt sain tandis que le pire, nous l’entendîmes en sortant avec l’annonce, par notre Premier ministre, de la création d’un poste d' »ambassadeur aux droits LGBT » (!), qui sera évidemment doté d’un bureau et d’une cohorte de fonctionnaires (les contribuables paieront). Faut-il être borné pour promouvoir ainsi la perversion et la contre-nature !
De quels « droits » s’agit-il, après le PACS et le « mariage », le droit d’adopter, la PMA, la GPA, la « transidentité » qu’elle a précisément citée ?
Et en outre elle n’a rien compris : pourquoi « un ambassadeur » et non pas « une ambassadeuse » ou encore mieux, à l’inclusive, « un-e ambasadeu-r-se ». ?

Bref, un long-métrage qui n’est sans doute pas un « bon film » mais on se prend au jeu en oubliant un instant le scandale des inepties macronesques dignes de la NUPES.
Malheur à ceux par qui le scandale arrive !

A Plein temps

A l’affiche : A Plein temps,  un film français d’Éric Gravel, avec Laure Calamy (Julie) et Geneviève Mnich (Mme Lusigny, qui garde les enfants de Julie).

« A éviter »… c’est le commentaire du Figaro. Moi. J’ai toujours pensé qu’il fallait éviter de lire ce quotidien de centre-droit, davantage centre que droit, gaulliste sous de Gaulle et ses successeurs, libéral avancé sous Giscard, aujourd’hui Macron compatible, toujours gouvernemental, dont l’unique et la véritable conviction, la seule raison d’être, est le Carnet Mondain.
On ne m’en voudra pas de lui retourner sa devise de Beaumarchais : « Sans la liberté de blâmer,  il n’est point d’éloge flatteur« . Et mon éloge en l’occurrence va à ce Plein temps.

En effet, à l’encontre du politiquement correct et du progressisme sociétal médiatique,  Éric Gravel dénonce notre société libérale-libertaire, précisément celle de la « femme libérée », mère devenue célibataire par le divorce banalisé du « consentement mutuel », qui ne peut s’épanouir que dans le boulot-métro-dodo.
Un long-métrage haletant, une course poursuite derrière une vie individualiste qui déconstruit la famille et nie la complémentarité Homme-Femme.
Un docu-fiction non pas « à éviter », mais au contraire à voir et à méditer.

As bestas

A l’affiche : As bestas,  un film espagnol (VOST) de Rodrigo Sorogoyen, avec Marina Foïs, Denis Ménochet et Marie Colomb (Olga, Antoine et leur fille), Luis Zahera et Diego Anido (les frères Xan et Lorenzo).

As bestas, un film beaucoup trop long (2H1/4) avec un début lent et bavard, en VOST, excessivement sombre, et il m’a fallu attendre le bruit des éoliennes pour me laisser prendre par l’action.

Une fois n’est pas coutume, permettez-moi de rappeler le discours de François Hollande au Bourget, le 22 janvier 2012 : « La finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies ». Il ne faisait que recycler le discours de François Mitterrand au congrès d’Epinay, en juin 1971 : « L’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ! ».

Nonobstant tout le mal que l’on peut penser de ces deux hommes, et le mal, qu’après d’autres, et avant d’autres, ils ont fait à la France, on peut néanmoins faire nôtre ces envolées lyriques évidemment dues à l’identité chrétienne de notre pays : « La racine de tous les maux,  c’est l’amour de l’argent» écrit St Paul à Timothée (1, 6, 10) et surtout Jésus lui-même, « vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent » (Luc 16, 13).

Les trois premières de ces citations, particulièrement, pourraient être mises en exergue et illustrer As bestas qui met en scène la finance éolienne, des paysans espagnols misérables (dans les deux sens du terme) et un couple, pour une fois sympathique, de bobos écolos français venus « jouer aux fermiers » dans un village perdu de Galice.

Sans doute, pour conclure, faut-il décorer – du Mérite agricole ? – Marina Foïs, pour sa prestation magistrale.

La nuit du 12

A l’affiche : La Nuit du 12,  un film français de Dominik Moll, avec Bastien Bouillon et Bouli Lanners (Yohan et Marceau, enquêteurs de la PJ), Anouk Grinberg (la juge),
adapté du livre de Pauline Guéna 18-3, une année à la PJ (Gallimard, 2021).

Qui a tué la jeune Clara Royer ? je ne partage pas l’avis de Christophe Despaux dans L’Incorrect, qui titre son article « une daube féministe » en reprochant à cette Nuit du 12 de « faire rimer angoisse avec De Haas ».

Certes, le concept de féminicide, selon lequel on tuerait des femmes pour l’unique raison qu’elles sont femmes, me paraît relever du délire féministe pour cacher une volonté de tout féminiser, premier pas avant l’écriture inclusive. Ce qui est français c’est l’homicide, l’auteur, le professeur, le maire, le député et le ministre, tandis que le (la ?) féminicide, l’auteure, la maire, la députée et la ministre (pour ne citer que ces mots-là) relève de la subversion de la langue française.

La Nuit du 12, fait suite à l’excellent Harry, un ami qui vous veut du bien, et au médiocre Seules les bêtes, du même réalisateur. C’est un très bon docufiction sur une enquête criminelle de la PJ, avec les hommes qui la mènent et leurs soucis d’hommes ( « Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie » St François de Sales), et les insuffisances – budgétaires – de l’institution. Quand 20 % des affaires criminelles ne sont pas élucidées, c’est le service public qui ne remplit pas son rôle et cela met en cause la responsabilité et la culpabilité des politiques qui nous gouvernent.

Sweat

A l’affiche : Sweat,  un film suédois de Magnus von Horn, avec Magdalena Kolenisk (Sylwia).

« On est cent que la gloire
Invite sans raison
Mais quand meurt le hasard
Quand finit la chanson
On se retrouve seul »
(Jacques Brel)

Sweat…   Mon épouse, à qui rien n’échappe, avait remarqué la formule en haut de l’affiche – Tout le monde l’adore, personne ne l’aime – qui identifie parfaitement le sujet, à savoir l’histoire d’une fille extravertie dont les « 600 000 followers »

« N’empêchent que dans la glace
On se retrouve seul(e) ».

Mon épouse a aimé ce regard sur notre société du virtuel avec tous ses clichés – le culte du corps, « un jour végan, un jour homo » – tandis que je me suis copieusement ennuyé à voir cette poupée Barbie faire du « coaching sportif ».

Elvis

A l’affiche : Elvis,  un film américain de Baz Luhrmann, avec Austin Butler et Olivia DeJonge (Elvis et Priscilla Presley) et Tom Hanks (le Colonel Tom Parker).

Je ne suis pas rock n’roll, et j’ai passé mon adolescence et ma jeunesse avec Brassens, Brel, Barbara, Aznavour, Mouloudji, Juliette Gréco, Henri Tachan, Maurice Fanon, éventuellement les « yés yés », bref la chanson française davantage qu’Elvis Presley, Paul Anka, Fats Domino, les Beatles ou Rolling Stones. Je ne sais donc rien du « King » et n’ai jamais entendu parler du Colonel Parker. En ce sens ce biopic certainement intéressant ne peut être qu’apprécié par les fans de ce chanteur ou de cette musique…

Sans doute Austin Butler incarne-t-il parfaitement le personnage, et la mise en scène, particulière, peut-elle plaire… Il n’empêche que, contrairement à mon épouse, je ne suis pas entré dans le film, et n’ai donc pas apprécié à sa juste valeur ce regard sur l’Amérique des années 50, 60 et 70.

Top Gun : Maverick

A l’affiche : Top Gun : Maverick,  un film américain de Joseph Kosinski, avec Tom Cruise (Maverick) et Jennifer Connelly (Penny).

Top Gun : Maverick… Nous n’avions pas imaginé voir ce film d’action jusqu’à l’article élogieux paru dans Présent du 13 juin.

J’ai noté avoir vu plus de 900 films depuis 18 ans, et nous sommes généralement peu nombreux, moins de 10, dans la salle ; Cette fois-ci, un mois après la sortie de ce (très et trop) long métrage, elle était pleine à craquer et, alors que nous nous installons toujours le plus loin possible de l’écran, nous nous sommes retrouvés au 4ème rang !
Beaucoup trop près pour un film de grand spectacle et de vitesse !

Ceci explique-t-il cela, j’ai regretté de n’être pas resté chez moi, et me suis même ennuyé pendant toute la 1ère partie, pratiquement jusqu’au stress de l’exécution de l’opération militaire.

Finalement, si je le lui ai un peu imposé, mon épouse a trouvé davantage d’intérêt que moi à ce Top Gun
Moi, j’étais surtout intéressé par Penny !

Les Goûts et les couleurs

A l’affiche : Les Goûts et les couleurs,  un film français de Michel Leclerc, avec Rebecca Marder (la jeune chanteuse Marcia), Philippe Rebbot (son manager), Judith Chemla (Daredjane, l’icône rock des années 1970), Félix Moati (Anthony, le neveu de Daredjane).

Les Goûts et les couleurs… ça ne se discute pas…
Qu’en dire donc ? D’abord, que les deux cases incontournables sont bien cochées, même si le réalisateur prend le risque d’en décocher une !
Ensuite, sans aller jusqu’à recommander cette comédie musicale, convenons que mon épouse et moi-même avons passé une bonne soirée, qui tranche avec l’offre cinématographique actuelle majoritairement faite de comédies particulièrement médiocres.
Constatons encore que la bande son est originale même si je ne suis pas convaincu par certaines mélodies composées par les deux artistes.
Concluons, enfin, que Rebecca Marder a un certain charme.

Champagne !

A l’affiche : Champagne !,  un film français de Nicolas Vanier, avec Stéphane De Groodt et Claire Chust (Patrick et son amie Christine), Éric Elmosino et Valérie Karsenty (Guillaume et Céline), François-Xavier Demaison (Jean), Sylvie Testud (Joanna), Stéfi Celma (Irina).

Champagne !… La Bande-annonce m’avait fait dire que je n’irais pas le boire…
Mais quand même ! Vanier ! C’est Vanier ! C’est Belle et Sébastien (2013), ce sont les excellents L’École buissonnière (2017) et Donne-moi des ailes (2019).  J’ai donc fini par me convaincre que la bande-annonce, comme souvent, ne devait pas être représentative et que Vanier ne pouvait pas réaliser une daube !

J’avais, hélas !, oublié le discours écolo-végan et anti-cirque de Poly (2020)Il lève cette fois-ci sa coupe de Champagne pour célébrer un « couple » qui coche deux cases à la mode de notre triste époque. La seule à avoir des propos de bon sens et à poser des bonnes questions est, comme par hasard, « la C… » du groupe !

Dommage car quelques rares scènes pourraient nous faire rire, comme la beuverie chez un ancien gendarme ; à noter aussi les très belles photos finales des vignobles.