Le Brio

Le Brio, une comédie d’Yvan Attal, avec Daniel Auteuil et Camélia Jordana.

Je ne vous dirai pas que je suis allé voir ce film avec réticence, mais je craignais une énième leçon  sur le « vivre ensemble » caricaturant un professeur dit « d’extrême droite, raciste, xénophobe et machiste » qui comprend au contact d’une beurette que sa diversité  » l’enrichit » et qu’elle est véritablement « une chance pour la France ». Convenons qu’en l’occurrence ladite diversité n’est qu’un prétexte – sans  doute un tribut obligatoire au politiquement correct – pour un film dont le véritable sujet est l’éloquence… Et c’est précisément celle d’Anne Brassié, dans son blog, qui m’a convaincu d’y aller.

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement Et les mots pour le dire arrivent aisément ».

Est-ce cela  l’éloquence ?  Je croyais que c’était le seul art qui me parle – c’est le terme qui convient – celui précisément du bien parler, de la musique des mots, de l’harmonie des phrases et de la sonorité de la voix qui envoutent l’auditeur indépendamment du fond du propos, que l’on n’est pas tenu de partager. On peut apprécier un beau discours, écouter avec plaisir un tribun tout en étant en désaccord total avec lui.

Ce n’est pas là la définition du professeur Pierre Mazard qui s’en tient à l’art de convaincre, l’affirmation qu’on a raison, indépendamment de la vérité – « on se fout de la vérité « . Et c’est cette définition de l’éloquence, synonyme de l’art oratoire, qui justifie l’oxymore de Me Tixier-Vignancour devant les juges du Colonel Bastien Thiry : « Votre silence est éloquent ». La capacité de convaincre, ça s’apprend, avec des méthodes et des outils qui commencent par la façon de s’habiller, de se présenter, d’articuler, de s’adapter à l’auditoire, avec la maîtrise de ses émotions et les  figures de rhétorique. Contrairement à l’adage, l’habit fait le moine car pour convaincre il faut porter l’habit adéquat, avoir une attitude digne, cohérente avec les propos que l’on tient. Le dialogue de ce film mérite d’être relu et je ne vous dis pas que j’applaudirais une mise en scène théâtrale de ce long métrage. Je ne vous dirai pas non plus que, comme Neïla, j’aurais aimé bénéficier de tels cours avec un tel professeur. Hélas j’en suis réduit à commenter des films en me cachant derrière mon clavier.

Inutile de préciser que  je veux vous convaincre d’aller écouter Daniel Auteuil.

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