Les Gardiennes

Les Gardiennes, un film français de Xavier Beauvois, avec Nathalie Baye, Laura Smet et Iris Bry,
d’après le roman éponyme d’Ernest Pérochon (1924)

« Moi, mon Colon, celle que j’préfère, c’est la guerre de quatorz’-dix-huit » (G. Brassens).

La longueur de ce long-métrage (2H14) lui fait perdre de son intensité, et c’est bien dommage.

La première partie est extraordinaire sur ces femmes qui prennent la charrue pendant que leurs hommes offrent leur peau au service du pays. « Les morts sont sur la terre, et les vivants sous terre ».

Avec des photos éblouissantes de cette France rurale, magnifique, manuelle, des premières années de la guerre, le réalisateur nous montre aussi, par petites touches, sans ostentation, une France intrinsèquement chrétienne, avant de nous donner une leçon d’Histoire sur la mécanisation de l’agriculture importée par les Américains et réalisée par les femmes. Sans doute y-a-t-il un lien intime entre le matérialisme de nos sociétés actuelles et la substitution de la machine à la main de l’homme et à l’animal.

Alors qu’aujourd’hui on commémore, on fleurit, on « marche blanche » quiconque a le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment,  Xavier Beauvois, et avec lui un casting excellent, rendent un très bel hommage, en cette dernière année du Centenaire, à ces « tombés au Champ d’Honneur », que pleurent chaque jour, dans tous les villages de France, les épouses, les mères, les fiancées, les enfants, les pères et les frères des Poilus.
« Bien sûr, celle de l’an quarante (…)» (GB), mais montrons à nos enfants et petits-enfants les Monuments aux Morts qui témoignent de l’hécatombe de la Grande Guerre…

Alors ces Gardiennes sont là pour garder l’héritage, vivre et continuer de faire vivre le pays. Malheureusement là où il y a de l’Homme, il y a de l’hommerie et, en l’occurrence, là où il y a de la femme, il y a de la femmerie. Cette Hortense, splendide pendant tout le début de l’histoire, vient nous décevoir – c’est un euphémisme – en seconde partie, et, avec l’avilissement de celle que l’on avait envie de porter aux nues, ce film détrône aussi ce qui aurait pu être,  malgré les circonstances, un conte de fées.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s