Les Fiancées en folie

Les Fiancées en folie, une comédie américaine de 1925, de Buster Keaton, avec Buster Keaton.

« Qu’en éternelle fiancée,
A la dame de mes pensées
Toujours je pense ».

Y a-t-il un plus beau mot de la langue française que celui de « fiancée », que Brassens a si joliment mis en musique. Il est synonyme de « promesse », ce que souligne d’ailleurs l’autre terme de « promise ». La comédie burlesque de Keaton, dont le titre américain originel est The Seven Chances, n’a pas ce romantisme, même si elle n’en est pas dénuée.

Il faut, comme moi, aimer les gags et grosses farces pour rire à gorge déployée devant les clowneries de Buster Keaton. Pour mon épouse, que ces pitreries n’amusent pas, le spectacle n’était pas sur l’écran mais à côté d’elle, à me voir et m’entendre.

Un petit film ou un DVD à regarder en famille, dès que les enfants savent lire (VOSTF), pour oublier pendant une heure la hausse de la CSG, que Rocard a créée il y a 15 ans à 1.1 %, et dont le taux de base, après les coups de pouce de Balladur, Juppé et Macron, atteint aujourd’hui 9.2 % !

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Le Grand Jeu

Le Grand Jeu, un biopic américain de Aaron Sorkin, avec Jessika Chastain et Kevin Costner.

« On prend les cartes, on brasse les cartes
On coupe les cartes, on donne les cartes
C’est merveilleux on va jouer au Poker »

En allant, comme nous, très souvent au cinéma, on ne peut pas gagner à tous les coups, et d’ailleurs  Charles Aznavour n’a « jamais rien eu de meilleur qu’une paire ».

Nous étions exactement quatre dans la salle, où nous aurions pu faire une table, mais mes connaissances aujourd’hui ne dépassent plus la Belote ou le Barbu.

Lorsque j’étais enfant, à La Ciotat, le frère de ma grand-mère, nous faisait jouer à la canasta (« je vous parle d’un temps… »), et c’est vrai qu’au début de notre mariage, avec des amis et des allumettes, nous avons appris le « poker menteur »… mais n’est-ce pas un pléonasme ? « Faut s’méfier y’a du bluff dans l’air… » nous chante toujours le doyen de nos auteurs-compositeurs.

Tout ça pour dire que ce soi-disant « thriller », de 2 heures 20, ne vaut pas un brelan d’as, et nous aurions pu rester chez nous plutôt que d’écouter cette logorrhée sur la vie de Molly Bloom !

Je n’en avais, jusqu’à ce biopic, jamais entendu parler, et je ne me porte pas mieux de savoir maintenant que cette skieuse, sans « une brindille malencontreuse », aurait pu être une championne olympique, et qu’elle s’est recyclée dans le tripot de luxe avec des people américains et des mafieux russes.

Les Gardiennes

Les Gardiennes, un film français de Xavier Beauvois, avec Nathalie Baye, Laura Smet et Iris Bry,
d’après le roman éponyme d’Ernest Pérochon (1924)

« Moi, mon Colon, celle que j’préfère, c’est la guerre de quatorz’-dix-huit » (G. Brassens).

La longueur de ce long-métrage (2H14) lui fait perdre de son intensité, et c’est bien dommage.

La première partie est extraordinaire sur ces femmes qui prennent la charrue pendant que leurs hommes offrent leur peau au service du pays. « Les morts sont sur la terre, et les vivants sous terre ».

Avec des photos éblouissantes de cette France rurale, magnifique, manuelle, des premières années de la guerre, le réalisateur nous montre aussi, par petites touches, sans ostentation, une France intrinsèquement chrétienne, avant de nous donner une leçon d’Histoire sur la mécanisation de l’agriculture importée par les Américains et réalisée par les femmes. Sans doute y-a-t-il un lien intime entre le matérialisme de nos sociétés actuelles et la substitution de la machine à la main de l’homme et à l’animal.

Alors qu’aujourd’hui on commémore, on fleurit, on « marche blanche » quiconque a le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment,  Xavier Beauvois, et avec lui un casting excellent, rendent un très bel hommage, en cette dernière année du Centenaire, à ces « tombés au Champ d’Honneur », que pleurent chaque jour, dans tous les villages de France, les épouses, les mères, les fiancées, les enfants, les pères et les frères des Poilus.
« Bien sûr, celle de l’an quarante (…)» (GB), mais montrons à nos enfants et petits-enfants les Monuments aux Morts qui témoignent de l’hécatombe de la Grande Guerre…

Alors ces Gardiennes sont là pour garder l’héritage, vivre et continuer de faire vivre le pays. Malheureusement là où il y a de l’Homme, il y a de l’hommerie et, en l’occurrence, là où il y a de la femme, il y a de la femmerie. Cette Hortense, splendide pendant tout le début de l’histoire, vient nous décevoir – c’est un euphémisme – en seconde partie, et, avec l’avilissement de celle que l’on avait envie de porter aux nues, ce film détrône aussi ce qui aurait pu être,  malgré les circonstances, un conte de fées.

Prendre le large

Prendre le large, un film français de Gaël Morel, avec Sandrine Bonnaire.

« Duc in altum… Va au large »

Volontairement ou non, Gaël Morel nous renvoie à l’évangile de la pêche miraculeuse – « Va au large et jette tes filets » – après laquelle Jésus demande à Simon-Pierre de jeter définitivement lesdits filets pour une nouvelle vie.

C’est Sandrine Bonnaire qui nous a attirés dans ce film où, effectivement, Édith, par deux fois, va Prendre le large pour jeter ses filets.

Un drame sur le scandale des délocalisations d’entreprises qui laissent les employés au port, indemnisés pour pointer au chômage, sauf à se déraciner dans des pays low cost et bas salaires.

Un regard aussi, sans doute conforme, sur la réalité du Maroc d’aujourd’hui avec ses Islamistes et ses « mécréants », ainsi que, face à « l’étrangère », ses bons et ses méchants.

La pêche d’Édith ne sera pas miraculeuse, mais il y a quand même le soleil, la chaleur, la ville blanche de Tanger et la mer bleue, en un mot un pays attachant…

Sur une dernière petite longueur du film, le visage d’une Édith pensive nous apparaît en gros plan et m’a donné à penser que le réalisateur ne savait pas comment terminer son histoire.

Les Heures sombres

Les Heures sombres, un film britannique de Joe Wright, avec Gary Oldman, Kristin Scott Thomas, Stephen Dillane, Lily James, Ben Mendelsohn et Ronald Pickup.

Les films sur « les heures les plus sombres de notre histoire » m’insupportent qui veulent nous culpabiliser sur le nazisme, en occultant les 100 millions de morts du  communisme. Comme le dit très bien Patrick Bruel dans la pièce d’Alexandre de la Patellière, Le Prénom, si l’on doit bannir Adolf et Adolphe, il faut tout autant bannir Joseph, malgré la Sainte Famille, en raison de Staline.
Mais Les Heures sombres dont il s’agit ici n’ont pas pour objet de culpabiliser Churchill – qui (comme Roosevelt ou de Gaulle) n’a pourtant jamais accusé publiquement l’Allemagne d’exterminer les Juifs.
Ces Heures Sombres sont seulement les jours difficiles que connurent l’Angleterre et Churchill à sa nomination au 10 Downing Street, le 10 mai 1940, jusqu’à l’opération Dynamo de Dunkerque.  Ce film s’avère donc l’avant Dunkerque que nous avons vu il y a 6 mois, et, comme ce dernier, c’est un long-métrage anglo-anglais, à la gloire du héros.

Les Français ne peuvent pas oublier la carte « Les Anglais d’abord » de Churchill à Dunkerque, mais comment lui donner tort (même si papa rapporte « les officiers anglais, révolver au poing, (qui) nous disent que nous n’embarquerons pas ici »).

Ils ne peuvent pas surtout lui pardonner Mers-el-Kebir où, les 3 et 6 juillet 1940, 1300 marins français furent bombardés par leurs alliés de la veille ! Peut-être le fit-il pour « compenser » le même nombre de soldats anglais qu’il sacrifia à Calais afin d’en sauver le maximum à Dunkerque (300 000), grâce, d’ailleurs à la couverture et au sacrifice des soldats français.
Bref le Français – d’après-guerre – que je suis ne peut pas aimer Churchill.
Si j’étais anglais, en revanche, je serais sans doute churchillien puisque, selon le film, seul contre ses amis politiques munichois de fait et d’esprit, il a démontré que, tant que le pays n’est pas envahi, pour gagner la guerre il faut à la fois la faire et croire à la victoire.

Maria by Callas

Maria by Callas, un biopic français de Tom Wolf avec Maria Callas, et la voix de Fanny Ardant.

C’est un vrai documentaire qui avait tout pour ne pas me plaire. Outre de nombreux monologues, je n’entends rien à l’opéra et je connaissais la Caĺlas pour l’unique raison qu’elle avait inspiré, dans Coke en stock, le personnage de Bianca Castafiore. En réalité Tintin avait rencontré bien avant la cantatrice d’Hergé, dans Le Sceptre d »Ottokar publié en 1939, alors que Maria Caĺlas, née en 1923, avait seulement 16 ans ! Mais, pour en revenir au cinéma, je rends grâce à mon masochisme qui m’inflige certains films très ennuyeux ou que « j’aurais pu ne pas voir », pour me permettre de découvrir quelques pépites comme La Passion Van Gogh ou ce nouveau biopic.
Bref, après les anges de Noël, je vous invite à aller entendre cette étoile qui, de surcroit, est une très jolie femme, toute de sourire et pleine de grâces.
Contrepoint sur la vocalise, on y entend aussi la voix de Fanny Ardant, dont je suis un fan… ardent.

Tout l’argent du monde

Tout l’argent du monde, un thriller, américain, de Ridley Scott, avec Romain Duris, Christopher Plummer, Michelle Williams, Mark Wahlberg et Charlie Plummer.

On le sait, l’argent ne fait pas le bonheur, mais on sait aussi qu’il contribue grandement au bien-être matériel. Je peux donc, pour cette nouvelle année 2018, vous souhaiter, après le Paradis à la fin de vos jours, en monnaies sonnantes et trébuchantes, Tout l’argent du monde.
Ce thriller, quant à lui, ne vaut certes pas tout l’argent du monde, mais n’en est pas moins un bon long-métrage qui retient notre haleine pendant plus de 2 heures. Je n’ai franchement pas de souvenirs de cette affaire Getty en 1973. Elle pose, avec une scène très violente (je me suis caché la tête sous mon manteau), la question grave de la résistance au chantage. Faut-il payer la rançon ? Et se soumettre ainsi à la loi du plus fort ? En mettant son doigt dans un engrenage qui peut ne pas finir et risque au contraire de s’amplifier ?
Mutatis mutandis, je pense au Silence de Martin Scorcese : dois-je céder au chantage, et financer des « terroristes » politiques et/ou mafieux, pour tenter de délivrer mon petit-fils de leurs tortures ? Dois-je apostasier devant les autorités japonaises pour tenter de délivrer des chrétiens de leurs tortures ?

Pour ma part, je « condamne » davantage J.Paul Getty pour son chantage subsidiaire que pour son refus initial de céder au chantage.