Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ?

A l’affiche : Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ?, un film de Philippe de Chauveron, avec Christian Clavier et Chantal Luby (M et Mme Verneuil), et Pascal Nzonzi (Koffi, le père).

A l’heure du Grand Remplacement, le « vivre ensemble » ne me fait pas rire et, ayant à peine souri à quelques scènes du premier, j’avais décidé de ne pas aller voir le tome II.
Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour avoir si peu de volonté ? Je ne dénoncerai pas le blog sur lequel j’ai lu que cet « encore » était « plus amusant que le précédent ». Bref, j’ai succombé…
Je mentirais si j’écrivais que je n’ai pas ri. Si, j’ai ri quand Verneuil marmonne « qu’on peut encore constater », mais c’était déjà dans la bande annonce.
J’ai surtout éclaté de rire devant la syncope du père Koffi même si celle-ci était « téléphonée ». J’ai pu sourire à quelques autres moments,  mais tout cela ne fait quand-même pas une bonne comédie, et la première partie reste assez plate.

En outre et surtout je ne supporte pas la banalisation du mariage pour tous.
Non, je n’ai pas envie d’en rigoler et cette seule scène suffit à me faire regretter d’être allé voir ce film ; quant à la fin bisounours, elle « pue » trop le politiquement correct et la propagande… mais, ne soyons pas naïf, le filon est bon, qui doit, de plus, être largement subventionné… Nous aurons droit dans quelques années au « Les Verneuil, le retour » ou « Qu’est-ce qu’on continue de faire au bon Dieu ? »

 

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Deux fils

A l’affiche, Deux fils, un film de Félix Moati, avec Benoît Poelvoorde (le père), Vincent Lacoste et Mathieu Capella (les deux fils).

Deux fils, une « comédie dramatique », comme ils disent… Ce qui est « dramatique » c’est d’oser nous présenter un tel torchon !
Je crois qu’il s’agit de la première réalisation de Félix Moati, et je m’en souviendrai. De même que dorénavant j’éviterai les films dans lesquels sévit Benoit Poelvoorde. J’aurais dû « non voir » les 3 précédents Saint AmourRockn’roll et Le grand bain… cela en fera 4…
Ce n’est rien de dire que nous nous sommes « ennuyés », et j’invite ceux qui me lisent à choisir dans leur vocabulaire le terme le plus approprié.

C’est un moment de la vie d’une famille monoparentale, un père et ses deux fils.
J’envie la mère qui, encore cette fois-ci, « s’est barrée ». C’est d’ailleurs la nouvelle mode, ce sont les femmes qui quittent le domicile conjugal, abandonnant mari et enfants. En l’occurrence, elle est partie avant le début du film et, ce faisant, je ne lui donne pas tort puisqu’elle s’est épargnée cette longue heure et demie où il ne se passe rien d’autre que quelques flirts, avec des propos à mi-voix et des images mal éclairées.

Bref, un film à fuir… peut-être d’ailleurs avec la mère… mais ça, ce serait une autre histoire.

 

Continuer

A l’affiche, Continuer, un film de Joachim Lafosse avec Virginie Efira (Sibylle), Kacey Mottet-Klein (Samuel, son fils) et deux chevaux magnifiques.

Oui, cher Joachim Lafosse, il faut continuer ;  c’est là le troisième de vos films que j’ai le plaisir de voir et c’est le troisième que je qualifie de « bon film », après Les chevaliers blancs et L’Économie du couple.
Et tant pis pour mon épouse qui n’avait déjà pas aimé cette Économie, et qui m’a dit trivialement au sortir de Continuer que « ça ne cassait pas trois pattes à un canard ».

Continuer, c’est la relation difficile d’un parent (dont on ne précise pas s’il est 1 ou 2 ) avec son « projet parental » (dans l’ancien monde, on disait une mère et son fils).
Certes il n’y a ni début ni fin, et il n’y a pas de véritable histoire ; certes il ne se passe rien, ou des mini-incidents ; certes il y a des gros plans qui durent, et l’on se demande même si le film va s’arrêter ou continuer ; en outre le monologue final est pesant dont la seule raison ďêtre est de justifier le mauvais titre du film.
J’ai néanmoins apprécié cette « chevauchée » (c’est le nom que j’aurais donné à ce scénario) dans ce paysage désertique.

C’est un joli film et, contrairement à mon épouse, je ne me suis pas du tout ennuyé.

Ayka

Art et Essai : Ayka, un film de Sergey Dvortsevoy, avec Samal Yeslyamova.

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Le Kirghizistan, en Asie centrale, est une ancienne république de l’URSS, de langue turque. L’histoire raconte cinq jours de la vie d’Ayka, « sans papier » kirghize, qui vient d’accoucher à Moscou.

Non, je ne vais pas vous faire pleurer sur les migrants et m’indigner sur leur « accueil » chez des marchands de sommeil, à la merci d’une descente de police. D’abord le scénario se passe en Russie, ensuite il montre bien que la mafia qui exploite ces immigrés kirghizes est tout autant kirghize qu’eux.

L’originalité de cette production n’est pas dans le sujet, elle est dans sa réalisation… et pourtant elle est longue, sans doute un tout petit peu trop ; l’actrice n’est pas jolie – elle n’a même aucun charme – ; il ne se passe pas grand-chose, et cela dans la crasse, la misère, la douleur et le sang… des scènes atroces.

Tout pour faire fuir, précisément comme cette jeune femme, dans le froid, sous la neige, au milieu de la circulation bruyante des rues de Moscou, ou encore dans la foule du métro…
Je me suis rarement senti comme cette fois dans l’action ; je n’étais pas spectateur confortablement assis à ma place, mais moi aussi dans la rue ou dans le métro. Quand le portable sonne de façon récurrente, obsédante, moi aussi j’ai eu envie de le prendre et de le fracasser contre le mur.
S’il y a un oscar du bruitage, c’est à Ayka qu’il faut l’attribuer.

Comme la douzaine de personnes qui étaient dans la salle, j’en suis sorti avec des hauts le cœur… un homme a crié : « ce n’est vraiment pas une comédie ».
Sans doute, comme moi, a-t-il couru l’oublier dans un bon whisky avec un glaçon dedans.

Bref un très bon film, mais tellement horrible que je ne le conseille pas, et encore moins aux hommes qu’aux femmes.

Doubles vies

Art et Essai : Doubles vies, un film français d’Olivier Assayas, avec Guillaume Canet (Alain, l’éditeur), Juliette Binoche (sa femme), Vincent Macaigne et Nora Hamzawi (le romancier et sa compagne), Christa Théret (Laure, la responsable de la transition numérique auprès d’Alain).

Doubles vies : c’est surtout un double sujet, et sans doute un de trop, d’une part sur le numérique qui concurrence l’édition papier, d’autre part sur l’inspiration d’un romancier qui se limite à sa vie amoureuse…

Un film « assez bavard » comme l’a dit Frédéric Pic à TV Libertés, et ce bavardage sur différents sujets m’a paru trop important en quantité, et insuffisant en qualité, pour faire « un bon film », même si on ne s’ennuie pas.

Le bavardage majeur concerne l’avenir de l’édition, et aurait pu être plus intéressant s’il avait été mieux structuré et plus approfondi. Il aurait fallu, selon moi, en regard de l’e-book, de la liseuse et de la tablette, développer le lien corporel, le lien charnel qui unit le lecteur à son livre : avec un bouquin, en effet, on dialogue, on le prend, on le reprend, on en souligne certains passages, on l’annote, on le feuillette, on revient dessus, on s’endort avec…
En outre ce bavardage a été desservi par la manie des acteurs de vouloir faire vrai en parlant à mi-voix sans suffisamment articuler ; la palme, en l’occurrence revient à Christa Théret, mais j’ai déjà souvent reproché ce défaut à Vincent Lindon.

Un deuxième bavardage du film mérite d’être relevé qui porte sur la ville de Laval et le département de la Mayenne… Il illustre le parisianisme des « People », parfaitement d’actualité quand on considère la jacquerie des Gilets jaunes. J’aimerais être sûr que ces acteurs n’aient pas purement et simplement reproduit devant la caméra des propos qu’ils tiennent en privé.

Un troisième bavardage est plaisant sur la réalité et la fiction, le réel et le ressenti, des convictions affichées de l’homme politique, et de sa « com »…

Que dire de plus ?

Qu’après La Favorite et Colette, jamais deux sans trois, nous avons encore eu malheureusement droit au culte de Sapho… Il faut bien convaincre le bon peuple des spectateurs de la normalité de la chose… L’homme politique, d’ailleurs, aussi, est homo.

Finalement, rendons grâce à Vincent Macaigne et, dans une moindre mesure, à Nora Hamzawi, de sauver le film…

Mais c’est vrai que je n’aime pas Guillaume Canet, avec son air suffisant à la Macron.

Sérénade à trois

Art et Essai : Sérénade à trois, un film VOST d’Ernst Lubitsch, de 1933, avec Gary Cooper, Miriam Hopkins, Fredric March.

J’hésite à commenter ce film qui commence dans un train et un compartiment dans lequel deux hommes dorment profondément en ronflant. L’atmosphère est ainsi bien  donnée… Oui ce film est soporifique avec la circonstance aggravante de la VOST.
J’étais pourtant allé à cette Sérénade en toute sérénité, puisqu’il était projeté au cinéma Art et Essai de Châteauroux dans le cadre d’un Cycle re(VOIR) intitulé Et ça vous fait rire ?.
Eh bien non, ce marivaudage américain ne m’a pas fait rire, ni même sourire, et j’ai éprouvé le plus grand mal à essayer de lire les dialogues insipides qui défilent au-dessous des images.
Vous avez dit Cycle re(VOIR)… ce sera sans moi.

Colette

A l’affiche : Colette, un film de Wash Westmoreland, avec Keira Knightley (Colette), Dominic West (Willy), Denise Gough (Missy, marquise de Belbeuf).

Colette , née Sidonie-Gabrielle Colette (1873-1954) : une femme de lettres française… Mais le film, en VO, est américain avec un réalisateur britannique !

Un train peut en cacher un autre et, après La Favorite, les héroïnes se suivent et se ressemblent… Vraiment le sujet n’est plus tabou… le lobby étale sa puissance qui nous pousse à demander qui ne l’est pas ?
Moi qui ai fait une longue partie de ma carrière dans l’ancienne propriété et à côté du château construit au XVIIIe siècle par le Marquis de Belbeuf… J’ignorais l’existence de cette Missy !

Je l’ai déjà écrit, j’aime les biopics qui vous font connaître plus intimement – si, en l’occurrence, je peux me permettre ce mot – des personnages dont on connaît seulement le nom et – plus ou moins – l’œuvre.
Pour moi, Colette, c’était un auteur de dictées… de longues phrases avec un vocabulaire choisi pour faire transpirer le blé en herbe dans les collèges. J’ai d’ailleurs aimé revoir dans le film ces cahiers d’écoliers et ces belles pages d’écriture avec des pleins et des déliés… (que je n’ai, personnellement, jamais su reproduire).

Mon épouse se rappelle n’avoir trouvé aucun intérêt à la lecture d’un Claudine, et j’ai appris par elle que à l’école ou à Paris, celle-ci n’était pas un petit livre pour jeunes enfants, ni un personnage du Club des Cinq d’Enid Blyton. Le scénario porte précisément, et seulement, sur la petite quinzaine d’années où c’est son mari (le premier, de 1893 à 1906), Henry Gauthier-Villars dit Willy, qui les signe… Comme quoi l’on peut être bisexuelle et femme soumise…

Un film intéressant pour un personnage qui l’est peut-être un peu moins.