L’extraordinaire voyage du fakir

L’extraordinaire voyage du fakir, un film de Ken Scott avec Dhanush, Bérénice Bejo et Gérard Jugnot,
adapté du roman éponyme de Romain Puértolas

Il y a « Les Yeux » qui est « la honte de (la) corporation » ; il y a aussi Ragdalam qui hypnotise Madame Yamilah, la voyante ; il y a surtout Cipaçalouvishni chez le Maharadjah de Rawhajpoutalah…
Bref, j’aurais mieux fait de relire mes classiques Tintin, ou encore d’accompagner Phileas Fogg dans Le Tour du monde en quatre-vingts jours, d’autant que lorsqu’on a vu la bande-annonce, on a vu le film, en tout cas les seuls éléments « comiques » de l’aventure, sur fond de « migrants » que l’on renvoie en Espagne !
A croire que L’Aquarius était déjà programmé, surtout que pour sauver des naufragés au large des côtes libyennes, les ports les plus proches n’étaient-ils pas les ports libyens ?

Publicités

Une année polaire

Une année polaire : un film de Samuel Collardey avec Anders Hvidegaard (Anders) dans son propre rôle.

Il faisait si beau à La Ciotat, nous avions passé un après-midi merveilleux après une dégustation d’encornets, sous les parasols et sur une terrasse qui surplombe ce « Golfe d’Amour ».

Sans doute le besoin de nous rafraîchir, malgré un rosé abondamment bu, nous sommes allés troquer le bleu de la mer et du ciel contre le vert blanc polaire du Greenland Groenland.

J’ai découvert à ce propos qu’on le qualifiait d’île d’Amérique du Nord, et qu’il était un « pays constitutif » du Royaume de Danemark, appartenant de ce chef à l’Union Européenne au titre des territoires et pays d’outre-mer.

Dommage que ce documentaire ou docu-fiction, qui affiche la nationalité française (!), soit distribué en VOSTF. Les langues danoises et inuit non seulement n’apportent aucune valeur ajoutée, mais au contraire soustraient le temps mis à lire du plaisir que l’on peut avoir à contempler les paysages. En plus, ces dialectes qui ne nous parlent pas – c’est le cas de le dire – constituent un bruit de fond monotone.

Le Lauréat

Le Lauréat, un film américain réalisé en 1967 par Mike Nichols, avec Dustin Hoffman (Benjamin), Anne Bancroft (Mrs Robinson) et Katharine Ross (Elaine),
sur les paroles de The Sound of silence et Mrs Robinson.

J’ai un bon souvenir de Dustin Hoffman dans Rain Man, et j’ai toujours l’espoir de combler mon inculture cinématographique en allant voir des films d’autrefois.. dans «le plus vieux cinéma du monde ».

Hormis ces musiques de mes vingt ans, cette production ne mérite pas d’être couverte de lauriers, et on pourrait la passer sous silence. C’est long, c’est lent et un peu nunuche comme ce Benjamin pris dans la guêpière de cette nymphomane.
The american way of life dans un milieu friqué et imbu de lui-même, dont le Grand Ouest alcoolisé consiste à « profiter de la vie » (j’ai horreur de cette expression) en s’enorgueillissant de sa bagnole et de sa réussite professionnelle.

Le coup de foudre pour Elaine est téléphoné et, quand « il est trop tard », la seule réplique amusante est le « pas pour moi ».

On observera pourtant qu’a la veille de 1968, ce film est relativement pudique sur un sujet scabreux.

Jurassic World : Fallen kingdom

Jurassic World : Fallen kingdom, de Juan Antonio Bayona

“Mon royaume pour un dinosaure”

Ne sommes-nous pas des dinosaures ?
Dans notre société submergée, dans nos familles décomposées-recomposées, nous qui croyons, comme le grand St Eloi, à la Famille, à la Patrie et au Travail ;  nous qui avons en outre l’audace – comble de l’obscurantisme – de croire en Dieu, qui n’est pas Allah puisqu’il est trine, n’apparaissons-nous pas comme des dinosaures ?
Ne nous voit-on pas comme des animaux d’un autre temps et, « en même temps « , dangereux ?
Aussi, quand il s’agit de sauver des dinosaures, je nous et me sens concernés, nous qui sommes manifestement appelés à être « grand-remplacés ».

Je crois me souvenir d’un Jurassic Parc qui ne m’avait pas déplu. Ce numéro-là est un Jurassic de trop. Certes parfois on sourit. Certes Blue est un animal de compagnie sympathique.  Certes on est content de les voir triompher des méchants, de ceux qui en font un trafic, de ceux qui veulent les cloner. Pourquoi à ce propos le chef de la bande nous Trump-t-il à la Le Pen ?
Bref si l’histoire nous permet d’espérer une Reconquista – sans doute le prochain épisode – je ne crois pas que j’irai la ou le voir.

Volontaire

Volontaire, un film d’Hélène Fillières, avec Hélène Fillières (le commandant adjoint), Lambert Wilson (le Commandant Rivière), Diane Rouxel (l’Aspirant Baer), Corentin Fila (l’Enseigne de vaisseau Dumont), Alex Descas (Albertini) et Josiane Balasko (la mère).

« Dans l’armée, il n’y a ni homme ni femme mais des militaires »

Est-ce une transposition de Saint Paul aux Galates – « il n’y a plus ni homme ni femme, car vous êtes tous un en Jésus-Christ » -?

La bande-annonce, en tout cas, laissait espérer quelque chose de mieux de cette tragi-comédie truffée de longueurs.

C’est évidemment un hommage à la Volonté, et je serais l’adepte d’une formule « Je veux, donc je suis », tandis que mon épouse dit souvent : « quand on veut, on peut ».
C’est un hommage aux Bérets verts des commandos marine, et donc au Béret vert… ce qui n’est pas si fréquent ! Je n’en ai pas d’autre en mémoire que celui de Jean-Pax Méfret à la Légion étrangère dans sa chanson Kolwezi :

« L’histoire de sept cent légionnaires
Portant un béret vert,
Largués sur un coin de terre,
Pour effacer l’enfer.
Depuis des années, c’était pas arrivé.
Le pays entier est fier de son armée ».

C’est encore – notons-le bien – avec le moine un hommage à la fidélité.

C’est malheureusement aussi un tissu de politiquement correct avec son interdiction de fumer, avec sa diversité, avec son homo, son refus des cycles naturels, et son soupçon de théorie du genre – « dans l’armée, il n’y a hi homme ni femme, mais des militaires » -.

Josiane Balasko, quant à elle, ne joue pas puisqu’elle tient le rôle d’une comédienne de gauche.

Je vais mieux

Je vais mieux, un film de Jean-Pierre Améris, avec Éric Elmosino (Laurent), Alice Pol (Pauline, son amante) et François Berléand (son patron),
d’après l’œuvre éponyme de David Foenkinos.

Je me rappelle, il y a plus de dix ans, une tragi-comédie avec Kad Merad, Je vais bien, ne t’en fais pas, qui m’avait beaucoup plu. Ce Je vais mieux est-il encore mieux ? je ne le pense pas et le sujet est très différent, mais on y partage bien la souffrance de Laurent et l’amélioration de son état.

C’est mon épouse qui était attirée par David Foenkinos, alors que j’avais un souvenir davantage « flou » que délicat du film La Délicatesse qu’il avait réalisé (je n’ai pas lu le livre), mais il est vrai aussi que j’avais catalogué dans les « bons films » son Jalouse sorti en 2017.

J’aime mieux néanmoins ce « Je vais mieux » dont j’ose dire qu’il me va mieux, ne serait-ce que par son sujet, le mal au dos, que je connais malheureusement trop bien. Elle est d’ailleurs étonnante cette succession de long-métrages qui portent sur Alzheimer (La Finale), le handicap (Tout le monde debout), l’autisme (l’excellent Monsieur Je-sais-tout) et ce dernier film dans lequel j’avoue m’être reconnu dans ce personnage effrayé par la maladie, même si, personnellement, je me serais bien gardé de consulter internet.

Un bon film, avec un très bon jeu d’Éric Elmosino, et – une fois n’est pas coutume – des scènes d’amour présentées avec beaucoup de pudeur.

Un seul reproche, la relation ambigüe avec son épouse, sans intérêt.

Et mon cœur transparent

Et mon cœur transparent, un film de David et Raphaël Vital-Durand, avec Julien Boisselier (Lancelot, alias Paul), Caterina Murino (Irina) et Sara Giraudeau (Marie Marie),
adapté du roman éponyme de Véronique Ovaldé.

« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime
(…)
Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème ».

                                                                                                                          Paul Verlaine

Cette fois-ci c’est Sara Giraudeau qui nous a attirés avec son minois mignon et sa voix  douce. Elle m’a effectivement envoûté dans la série du Bureau des Légendes. Sa participation dans ce mauvais thriller est malheureusement trop brève.
Rien ne dynamise ou dynamite ce film même si on explose de joie avec le laboratoire. Il faut dire que depuis le levothyrox les ennemis de nos ennemis sont nos amis, et l’échec de la Manif pour tous nous a mis du côté des partisans de la manière forte.
Contre les labos, néanmoins, rien ne vaut l’excellente fille de Brest.