Les Invasions barbares

En DVD : Les Invasions barbares, un film (2003) de Denys Arcand, avec Rémy Girard et Stéphane Rousseau (Rémy, le père, et Sébastien son fils).

Après la « plaisante » Chute de l’empire américain, 3ème volet de cette « trilogie », je n’ai pas aimé Le déclin de l’empire américain, et j’émets  des réserves sur ces Invasions barbares.
Certes Rémy crève l’écran qui se réjouit d’avoir joui de la vie en l’empoignant à bras le corps – et les corps – et, très certainement, son interprétation mérite-t-elle d’être vue et applaudie.
Certes, encore, on  savoure sa critique des « hommes de gauche », dont il se vante d’être, qui ont applaudi la révolution culturelle chinoise sans prendre conscience du goulag communiste qu’elle recouvrait.
Certes, enfin, Sébastien est « chanceux » pour qui l’argent n’est « pas un problème » avec lequel, pour la bonne cause, il corrompt à loisir… mais est-ce une dénonciation ?

Peut-être n’ai-je pas regardé ce DVD dans de bonnes conditions, gêné notamment par un parler canadien sympathique mais parfois inaudible ou incompréhensible,..
Je n’y ai pas perçu en tout cas tous les messages qui lui valent le commentaire élogieux et les quatre étoiles de Laurent Dandrieu dans son Dictionnaire passionné du cinéma, qui avait déjà apprécié la première comédie sur Le Déclin. 

Pour moi, ce film de 2003 est d’abord et avant tout un hymne à l’euthanasie, et je ne crois pas que le réalisateur puisse s’en dédouaner avec son titre d’invasions barbares.
Peut-être, à sa décharge, la question est-elle plus prégnante aujourd’hui, en plein drame Vincent Lambert.

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Hélie de Saint Marc témoin du siècle

En DVD  : Hélie de Saint Marc témoin du siècle, un documentaire de Marcela Feraru et Jean-Marie Schmitz, avec la participation de Jean Piat, distribué par Secours de France.

 L’Algérie française, c’est mon adolescence… je suis né en politique le 21 avril 1961 avec le putsch. J’avais 14 ans, j’étais en 3ème au lycée Jean Giraudoux de Châteauroux, et en cour de récréation je me souviens avoir pris parti, spontanément, pour les généraux. Dans mon panthéon personnel,  sur cette période-là,  ils y sont tous les quatre, avec les quatre fusillés, les légionnaires Dovecar et Piegts, le lieutenant Degueldre et le colonel Bastien-Thiry ; il y aussi leurs avocats, Me Tixier Vignancour et Isorni ; il y a encore le Bachaga Boualem ; il y en a d’autres enfin qui me reviennent à l’esprit pendant que j’écris ces lignes, qui me pardonneront de ne pas les citer. J’avoue pourtant que si le nom du commandant Hélie de Saint Marc me disait vaguement quelque chose, je ne savais pas grand-chose de lui avant d’avoir vu cette vidéo. J’ai pourtant dans ma bibliothèque son livre avec Notre Histoire 1922-1945, écrit avec August von Kageneck… mais je ne l’ai pas lu…
Je viens donc de découvrir ce témoin du siècle, qui a vécu la Résistance, la déportation à Buchenwald, la guerre d’Indochine et – je confesse que je n’en avais pas conscience – l’abandon, déjà, des populations qui nous étaient fidèles…  L’Algérie, enfin… la trahison de de Gaulle, l’insurrection de l’armée, la prison pour ces soldats qui ont refusé de livrer les harkis au FLN…
Rendons grâce – une fois n’est pas coutume – au Président Sarkozy d’avoir réhabilité le commandant de Saint Marc en lui conférant la grand-croix de la Légion d’honneur.
Réjouissons-nous enfin, pour conclure, de voir quelques villes commencer à honorer son nom, comme Béziers en 2015 et Bollène, le 11 mai dernier, qui ont débaptisé pour l’occasion deux rues du 19 mars 1962.

Après le « Cessez-le feu » des accord d’Evian, il y eut le massacre de la rue d’Isly le 26 mars à Alger, il y eut le 5 juillet à Oran, il y eut des dizaines de milliers de harkis torturés et massacrés… le 19 mars, c’est la honte et l’abandon…
Hélie Denoix de Saint Marc, c’est l’Honneur et la Fidélité.

Un barrage contre le Pacifique

En DVD : Un barrage contre le Pacifique, un film de 2009 réalisé par Rithy Panh, avec Isabelle Huppert (la mère), Gaspard Ulliel et Astrid Bergès-Frisbey (les deux enfants, Joseph et Suzanne), et Randal Douc (M. Jo),
d’après le roman de Maguerite Duras.

Je n’ai pas lu, et je ne lirai certainement pas le roman de Marguerite Duras, mais j’ai voulu voir cette fiction tellement j’ai aimé, en avril dernier, deux documentaires de Rithy Panh, S21 la machine de mort khmère rouge et L’image manquante,  qui datent respectivement de 2003 et 2013, sur la chute de Phnom Penh et les camps de Pol Pot.

Ce barrage contre le Pacifique est une fiction qui porte toujours sur le Cambodge, en 1931, du temps de l’Indochine française. C’est un film sans intérêt, lent et long (près de 2 heures), dans lequel il ne se passe pas grand-chose, parfois même à la limite du malsain. Dans ce long-métrage qui se veut anticolonialiste, Rithy Panh dénonce la corruption de l’administration française… Sans doute est-il sincère et peut-être a-t-il raison, à moins que ce ne soit le prix à payer pour pouvoir réaliser ses documentaires anticommunistes.

Heureusement il y a la charmante Suzanne…

Le Déclin de l’Empire américain

En DVD : Le Déclin de l’Empire américain, un film de Denys Arcand.

Nous avions trouvé « plaisant », il y a un mois La Chute de l’Empire américain du même réalisateur, et décidé de voir en DVD les deux premiers opus de ce qui devait être un triptyque.
C’est fait pour Le déclin de l’Empire américain… et je ne vois aucun lien entre ces deux réalisations !
Le Déclin, c’est en effet davantage une pièce de théâtre qu’un film, sans action véritable, mais des conversations en parallèle entre quatre hommes, d’une part, et d’autre part leurs femmes, compagnes ou amies … Le sujet de ces entretiens est scabreux qui porte sur celles ou ceux qui ne sont pas là, à propos de l’amour et du sexe.
Le rythme est rapide avec un accent canadien français très fort, sans sous-titrage,  qui nous a sans doute désarçonnés et empêchés de nous intéresser à ce qui était dit, où nous avons seulement entendu  les propos scabreux et le vocabulaire cru… Bref mon épouse est partie se coucher tandis que j’ai dû perdre quelques répliques en somnolence, mais qu’importe, la reprise était du même acabit que lorsque j’étais « sorti de la pièce ».
Je dispose sans doute d’une intelligence insuffisante, trop primaire, pour comprendre un tel scénario ; je ne sais pas lire ce qui est en filigrane et j’ai trop besoin qu’on me mette les points sur les i…
Aussi, après le film, suis-je allé consulter le Dictionnaire passionné du cinéma de Laurent Dandrieu où j’ai lu ce que je n’avais pas vu… Ces personnages, par leurs obsessions d’un bonheur individualiste de plaisirs et de jouissances sensuelles, illustrent la décadence de notre société… On ne peut que partager ce constat… qui ne justifie quand même pas, selon moi, les trois étoiles du critique.
Regarderai-je Les invasions barbares ?

L’image manquante

En DVD : L’image manquante, un film de Rithy Panh.

Funan, que j’ai vu il y a deux mois, nous avait été présenté, en séance Art et Essai, par une jeune femme, critique de cinéma, qui nous avait engagés à voir les films de Rithy Panh… réalisateur dont je n’avais jamais entendu parler… et sans doute pour la bonne raison qu’il dénonce le crime de masse commis pendant 5 ans (1975-1979) par les communistes (appelons un chat, un chat) au Cambodge.

J’ai découvert ainsi un franco-cambodgien – qui n’a rien oublié et, sans doute, rien pardonné – auteur de nombreux films sur le sujet dont j’espère qu’ils sont tous en DVD.

Après donc S21 voici L’image manquante, sorti en 2013 soit 10 ans plus tard… et pourtant  ce film mériterait d’être vu en premier.
C’est encore un documentaire, mais très différent car sous forme d’un monologue, dans lequel Rithy Pahn raconte, au moyen d’images d’archives et de figurines, son enfance en camp de travail.
C’est un Archipel du Goulag asiatique que le réalisateur fait « revivre » devant nous, tout en évoquant furtivement l’injustice que subissaient les paysans sous le régime précédent, ainsi que les 500 000 bombes que les américains déversèrent sur le peuple cambodgien durant les années 1970/1973.

Sans doute aurions-nous besoin d’un film d’Histoire relatant la décennie précédente, sous la férule de Norodom Sihanouk, qui fit du Cambodge la voie de ravitaillement des forces communistes engagées au Vietnam du sud. Il s’en suivit le coup d’État pro-américain, en 1970, du général Lon Nol puis la guerre civile cambodgienne en extension de la guerre du Vietnam.
Sous la pression de la gauche, les Américains abandonnèrent la partie en 1973, laissant le champ libre aux Khmers rouges jusqu’au 17 avril 1975…
Rithy  Pahn raconte la suite…

L’image manquante, c’est la photographie du Cambodge (pardon du Kampuchéa) que les khmers rouges n’ont jamais prise quand ils mettaient le pays en esclavage.

Ce long-métrage est à voir et, de préférence, avant S21 qui m’apparaît maintenant comme un zoom sur un camp de la mort.
Rithy Panh en a tiré un livre éponyme de 72 pages, avec Christophe Bataille, publié chez Grasset.

S21 la machine de mort khmère rouge

En DVD : S21 la machine de mort khmère rouge, un film sorti en 2003, de Rithy Panh avec deux survivants et d’anciens personnels khmers rouges de la prison S21.

 Et la musique s’est arrêtée
Les hommes en noir sont arrivés
Le Cambodge a cessé d’exister

Rithy Panh nous replonge dans ce drame du 17 avril 1975, que chantait Jean-Pax Mefret, comme je le mentionnais déjà en février dernier à propos du dessin animé Funan.

Ce réalisateur est né à Phnom Penh, le 18 avril 1964,  11 ans avant, à un jour près, de la mainmise du Cambodge par l’Angkor, parti communiste du nouveau Kampuchéa démocratique. Il a connu les camps de travail dans lesquels il perdit ses parents et une partie de sa famille.

Avec son art, Il exerce son « devoir de mémoire » en dénonçant ce génocide de 2 millions de morts qui a été perpétré dans une quasi-indifférence de nos populations occidentales, et particulièrement françaises, ignorantes, parce que mal-informées ou désinformées par une intelligentsia politico médiatique qui glorifiait Pol Pot et se félicitait de la « libération » du Cambodge.

Ce documentaire, qu’il faut absolument voir, même s’il est très violent et difficile à supporter, est un témoignage du martyre subi par les 17000 prisonniers, torturés et exécutés, du S21, un centre de détention installé dans un ancien lycée de Phnom Penh. Seuls 7 prisonniers ont survécu !

On sait que le mot « martyr » signifie témoin, et ce long-métrage est donc un double témoignage, de la « vie », des souffrances et de la mort (« quand ils arrivent, on sait qu’ils sont morts » nous dit un « gardien ») de ces martyrs racontée par deux martyrs survivants, dont Vann Nath, peintre pour l’Histoire, ainsi que par des bourreaux-« gardiens » de cette prison. En outre, cette martyrologie a été filmée sur les lieux mêmes puisque S21 a été reconverti en musée du génocide.

A notre époque où l’on cherche à culpabiliser l’armée française sur le génocide rwandais, à quand la repentance de nos « intellectuels » sur le génocide cambodgien ?

Empire du Soleil

En DVD : Empire du Soleil, un film de Steven Spielberg de 1987, avec Christian Bale (Jim),
adapté du roman semi-autobiographique de James Graham Ballard.

Empire du Soleil, c’est pour moi une incitation à retrouver Tintin dans Le Lotus Bleu (publié en 1934-1935), avec dès 1931 les incursions du Japon en Chine jusqu’à l’occupation de 1937, et la Concession internationale de Shanghaï.

Au lendemain de Pearl Harbor (7 décembre 1941) les Japonais envahissent ladite Concession où vit, notamment, le jeune Jim qui est fait prisonnier et passera quatre ans dans un camp.

Christian Bale, alors âgé de 13 ans, y tient son premier rôle, que nous avons pu revoir il y a moins d’un an dans Hostiles et surtout dans l’excellent La Promesse sur le génocide arménien.

Un DVD d’Histoire intéressant et instructif sur cette facette de la deuxième guerre mondiale.