L’image manquante

En DVD : L’image manquante, un film de Rithy Panh.

Funan, que j’ai vu il y a deux mois, nous avait été présenté, en séance Art et Essai, par une jeune femme, critique de cinéma, qui nous avait engagés à voir les films de Rithy Panh… réalisateur dont je n’avais jamais entendu parler… et sans doute pour la bonne raison qu’il dénonce le crime de masse commis pendant 5 ans (1975-1979) par les communistes (appelons un chat, un chat) au Cambodge.

J’ai découvert ainsi un franco-cambodgien – qui n’a rien oublié et, sans doute, rien pardonné – auteur de nombreux films sur le sujet dont j’espère qu’ils sont tous en DVD.

Après donc S21 voici L’image manquante, sorti en 2013 soit 10 ans plus tard… et pourtant  ce film mériterait d’être vu en premier.
C’est encore un documentaire, mais très différent car sous forme d’un monologue, dans lequel Rithy Pahn raconte, au moyen d’images d’archives et de figurines, son enfance en camp de travail.
C’est un Archipel du Goulag asiatique que le réalisateur fait « revivre » devant nous, tout en évoquant furtivement l’injustice que subissaient les paysans sous le régime précédent, ainsi que les 500 000 bombes que les américains déversèrent sur le peuple cambodgien durant les années 1970/1973.

Sans doute aurions-nous besoin d’un film d’Histoire relatant la décennie précédente, sous la férule de Norodom Sihanouk, qui fit du Cambodge la voie de ravitaillement des forces communistes engagées au Vietnam du sud. Il s’en suivit le coup d’État pro-américain, en 1970, du général Lon Nol puis la guerre civile cambodgienne en extension de la guerre du Vietnam.
Sous la pression de la gauche, les Américains abandonnèrent la partie en 1973, laissant le champ libre aux Khmers rouges jusqu’au 17 avril 1975…
Rithy  Pahn raconte la suite…

L’image manquante, c’est la photographie du Cambodge (pardon du Kampuchéa) que les khmers rouges n’ont jamais prise quand ils mettaient le pays en esclavage.

Ce long-métrage est à voir et, de préférence, avant S21 qui m’apparaît maintenant comme un zoom sur un camp de la mort.
Rithy Panh en a tiré un livre éponyme de 72 pages, avec Christophe Bataille, publié chez Grasset.

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S21 la machine de mort khmère rouge

En DVD : S21 la machine de mort khmère rouge, un film sorti en 2003, de Rithy Panh avec deux survivants et d’anciens personnels khmers rouges de la prison S21.

 Et la musique s’est arrêtée
Les hommes en noir sont arrivés
Le Cambodge a cessé d’exister

Rithy Panh nous replonge dans ce drame du 17 avril 1975, que chantait Jean-Pax Mefret, comme je le mentionnais déjà en février dernier à propos du dessin animé Funan.

Ce réalisateur est né à Phnom Penh, le 18 avril 1964,  11 ans avant, à un jour près, de la mainmise du Cambodge par l’Angkor, parti communiste du nouveau Kampuchéa démocratique. Il a connu les camps de travail dans lesquels il perdit ses parents et une partie de sa famille.

Avec son art, Il exerce son « devoir de mémoire » en dénonçant ce génocide de 2 millions de morts qui a été perpétré dans une quasi-indifférence de nos populations occidentales, et particulièrement françaises, ignorantes, parce que mal-informées ou désinformées par une intelligentsia politico médiatique qui glorifiait Pol Pot et se félicitait de la « libération » du Cambodge.

Ce documentaire, qu’il faut absolument voir, même s’il est très violent et difficile à supporter, est un témoignage du martyre subi par les 17000 prisonniers, torturés et exécutés, du S21, un centre de détention installé dans un ancien lycée de Phnom Penh. Seuls 7 prisonniers ont survécu !

On sait que le mot « martyr » signifie témoin, et ce long-métrage est donc un double témoignage, de la « vie », des souffrances et de la mort (« quand ils arrivent, on sait qu’ils sont morts » nous dit un « gardien ») de ces martyrs racontée par deux martyrs survivants, dont Vann Nath, peintre pour l’Histoire, ainsi que par des bourreaux-« gardiens » de cette prison. En outre, cette martyrologie a été filmée sur les lieux mêmes puisque S21 a été reconverti en musée du génocide.

A notre époque où l’on cherche à culpabiliser l’armée française sur le génocide rwandais, à quand la repentance de nos « intellectuels » sur le génocide cambodgien ?

Empire du Soleil

En DVD : Empire du Soleil, un film de Steven Spielberg de 1987, avec Christian Bale (Jim),
adapté du roman semi-autobiographique de James Graham Ballard.

Empire du Soleil, c’est pour moi une incitation à retrouver Tintin dans Le Lotus Bleu (publié en 1934-1935), avec dès 1931 les incursions du Japon en Chine jusqu’à l’occupation de 1937, et la Concession internationale de Shanghaï.

Au lendemain de Pearl Harbor (7 décembre 1941) les Japonais envahissent ladite Concession où vit, notamment, le jeune Jim qui est fait prisonnier et passera quatre ans dans un camp.

Christian Bale, alors âgé de 13 ans, y tient son premier rôle, que nous avons pu revoir il y a moins d’un an dans Hostiles et surtout dans l’excellent La Promesse sur le génocide arménien.

Un DVD d’Histoire intéressant et instructif sur cette facette de la deuxième guerre mondiale.

Et si le Ciel Existait

Et si le Ciel Existait, un film américain de 2014 (DVD en 2016) réalisé par Randall Wallace, avec Connor Corum, Greg Kinnear et Kelly Reilly ;
d’après le livre « Heaven Is for Real : A Little Boy’s Astounding Story of His Trip to Heaven and Back » de Todd Burpo et Lynn Vincent (2010).

« Dites si c’était vrai
Si c’était vrai ce qu’ils racontent les petits enfants
Le soir avant d’aller dormir
Vous savez bien quand ils disent Notre Père quand ils disent Notre Mère »

On connaît ce poème de Jacques Brel qui s’interroge sur Bethléem et
« Tout ce qu’ils ont écrit, Luc Matthieu Et les deux autres ».

C’est cette même interrogation que porte Todd Burpo, un pasteur protestant dont le fils affirme s’être rendu au Paradis.

Les mois derniers, nous avons regardé et « commenté » les deux versions de « L’Expérience interdite – flatliners », une fiction sur des étudiants en médecine qui se soumettent à un arrêt cardiaque pour faire un tour dans l’au-delà. Ils racontent, comme dans les essais « la vie après la vie » parus en librairie, qu’ils se sont envolés et qu’ils ont vu de haut ce qui se passait autour d’eux. C’est ce même survol qu’aurait effectivement vécu le petit Colton pendant une expérience de mort imminente…

J’avoue avoir du mal à croire en cette « histoire vraie », alors que ce jeune Colton Burpo a été par la suite « un adolescent normal »… Que devient-il aujourd’hui ?

Sans doute un livre à lire (s’il a été traduit en français).

Le film, en tout cas, sans être véritablement un « bon film », vaut la peine de nous apprendre cette histoire et, en ce triduum pascal, de nous questionner sur le Ciel.

Le DVD indique que ce film est pour tous à partir de 6 ans. J’opterais plutôt pour le double.

Bakhita, de l’esclavage à la sainteté

Bakhita, de l’esclavage à la sainteté,
un film italien de Giacomo Campiotti, avec Fatou Kine Boye et Fabio Sartor.

Sainte Bakhita, priez pour nous.
Sans doute pourrait-on reprocher à  ce film, en deux parties, d’être trop long s’il était projeté en salles, mais quel distributeur s’y risquerait ? Chez soi, c’est l’équivalent de 2 DVD qui pourraient s’intituler « La petite esclave » suivi de « La conversion de l’esclave ». Commençons donc par nous réjouir de la diffusion de ce long-métrage par le Service public et la chaîne TNT France Ô, canal 19, samedi dernier 24 mars, veille des Rameaux et de l’Annonciation.
Il s’agit d’un biopic d’une petite soudanaise, née en 1869, prise comme esclave par une bande de négriers musulmans qui ont égorgé sa mère sous ses yeux.
Ce film, malgré quelques lourdeurs sur l’acceptation de la différence, montre bien que l’esclavagisme est d’abord un drame et un scandale africo-africain.
Cette esclave sera rachetée par un européen qui la ramènera en Vénétie, où elle découvrira que Jésus est mort sur la croix comme un esclave, par amour des Hommes. Sainte Bakhita, morte en 1947, fut canonisée par le Pape Jean-Paul II en octobre 2000.

Un beau DVD de SAJE Distribution, à offrir à nos enfants ou petits-enfants, à partir de 10/12 ans, pour fêter avec eux  la Résurrection.

L’expérience interdite – Flatliners

L’expérience interdite – Flatliners, une science-fiction américaine de 1990,
réalisée par Joël Schumacher, avec Julia Roberts et Kiefer Sutherland.

J’ai vu au cinéma le remake 2017 de ce film, avec le même nom, il y a près de 2 mois, et je viens de regarder l’original en DVD.
C’est exactement la même histoire à ceci près que les protagonistes se confrontent à des passés différents selon le film.

Sans être un « très bon film », cette première mouture me paraît, finalement, légèrement meilleure  que la version actuelle, et d’abord moins violente avec moins de seringues.

Autant le long-métrage 2017 de Niels Arden m’a paru laïquement moralisateur, comme on sait l’être aujourd’hui : « tu sauveras la planète… tu interdiras les cigarettes dans les films, et les animaux dans les cirques… tu ne fesseras ni ne crieras sur tes enfants… tu rouleras à 80 km/h même quand la route est droite, la visibilité bonne et qu’il n’y a pas de circulation… Tu mangeras, 5 fruits et légumes par jour, ni trop salé ni trop sucré… etc. »

Autant cette réalisation ancienne de 28 ans met l’accent sur l’aspect religieux et fait ressentir ce franchissement de ligne comme le viol des secrets de la vie.

A quoi bon donc le remake ?
Pour en revenir à l’air du temps : « un, ça va… deux, bonjour les dégâts ».