Dans les bois

Art et Essai : Dans les bois, un film lituanien (2017) de Mindaugas Survila.

Promenons-nous dans les bois
Pendant qu’le loup n’y est pas
Si le loup y était
Il nous mangerait

Eh bien, précisément, il y est, et d’autres animaux, reptiles et insectes, pas plus sympathiques… Réjouissons-nous donc d’être dans une salle obscure pour une promenade virtuelle plutôt que dans la vraie vie !

Encore un film animalier en VO qui me fait regretter le sous-titrage (l’absence de STF) ou encore de n’être pas la jeune turque Sibel qui parlait le langage des oiseaux…

Je le déplore d’autant plus que ce documentaire se caractérise par l’absence de commentaires… aucune présentation ne nous est faite de ces différentes bestioles que l’on n’a pas l’habitude de rencontrer, pour la plupart,   dans les forêts du Berry. Ce manque d’informations est d’autant plus stupide que ce petit long-métrage est présenté dans un programme « Jeune public » à partir de 6 ans.

Dommage, enfin, car avec un minimum d’informations ce périple d’une heure dans une vieille forêt de Lituanie, au bord de la Baltique, aurait pu être intéressant.

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Les Étendues imaginaires

Art et Essai : Les Étendues imaginaires, un film singapourien de Siew Hua Yeo.

Encore un film asiatique ! A force, ce traitement homéopathique finira peut-être par m’habituer à la lenteur de ces long-métrages, les comprendre et – qui sait ? – les apprécier.
Singapour, c’est une ville-État insulaire (65 îles) du Sud-est asiatique au-dessous de la Malaisie, dont elle devint indépendante en 1965, après avoir été une colonie britannique. Avec plus de 5,5 millions d’habitants sur 700 km2, sa densité de population est supérieure à 8000 au km2 quand elle est de 118 en France métropolitaine. Son espace vital s’agrandit et se construit en permanence sur la mer.

Sur un fond peu intéressant d’intrigue policière, compliqué par un mélange de rêves et de réalité, Les étendues imaginaires nous montrent les esclaves des temps modernes, immigrés venus de Malaisie, et autres pays environnants, qui comblent de sable l’espace maritime.
Un film lent, plutôt glauque et sombre, qui ne brille pas par son esthétique, mais nous impose un autre regard sur ce centre financier,  à la pointe de la modernité, qui accueille la jet-society et les milieux d’affaires.

Les éternels (Ash is purest white)

A l’affiche  : Les éternels (Ash is purest white), un film chinois (VOSTF) de Jia Zhang Ke, avec Zhao Tao (Qiao) et Liao Fan (Bin).

J’aurais déjà pu ne pas voir, il y a trois ans, Au-delà des montagnes, du même réalisateur qui multiplie les longueurs, les lenteurs et les arrêts sur image, sans pour autant que le film cesse… comme s’il voulait nous donner ainsi un avant-dégout de l’éternité…

Je ne vois pas, en effet, de rapport entre ce titre français et ce très long-métrage, si ce n’est la durée, le temps qui, malheureusement, ne passe pas, l’infinitude ou « l’infinissantude » comme pourrait dire Ségolène Royal ; quant au titre américain que j’ai du mal à traduire («la cendre est le blanc le plus pur» ?), il me rappelle le « plus blanc que blanc » de Coluche, mais je n’y vois pas davantage le rapport avec le scénario…

C’est l’histoire d’une femme qui écope 5 ans de prison en s’accusant à la place de son amant, chef de la pègre… Et qui constate, et qui subit, ensuite, l’ingratitude de celui qu’elle aime…

Le seul intérêt de cette réalisation est de nous donner un aperçu de la Chine du début de ce siècle.
Non, ce n’est pas vrai, j’y ai vu un véritable autre intérêt, c’est la magnifique créature qui apparaît par deux fois au début, comme pour nous allécher… mais ses danses – hélas ! hélas ! hélas ! – sont les seules scènes qui ne durent pas, et pourtant je passerais bien, éternellement, ces 2h15 avec elle.

Sang froid

A   l’affiche  : Sang froid, un film (VOSTF) de Hans Peter Moland, avec Liam Neeson (Nelson Coxman, conducteur de chasse-neige), Tom Bateman (Viking, chef de bande) et Tom Jackson (White Bull),
remake du film Refroidis (2014) du même réalisateur.

Sang froid, un film médiocre qui ne m’a fait ni chaud ni froid. L’action se déroule dans une station de ski près de Denver, capitale du Colorado, dans les Montagnes Rocheuses au centre-ouest des Etats-Unis.
Le début de l’histoire est plaisante, et la mise en scène originale jusqu’au générique qui compte les morts… Il y en a en effet beaucoup, avec une fin qui dérape dans des scènes de tirs croisés à la mode western… C’est peut-être pour cela que mon épouse est plus positive que moi.

La dernière folie de Claire Darling

A l’affiche :  La dernière folie de Claire Darling, un film Français de Julie Bertucelli, avec Catherine Deneuve et sa fille Chiara Mastroianni (Claire Darling et sa fille),
d’après un roman de Lynda Rutledge, Le Dernier vide-grenier de Faith Bass Darling.

C’est peut-être Le Printemps du cinéma,  en tout cas, c’est le crépuscule de Catherine Deneuve. D’ailleurs Claire Darling répète à l’envi que c’est sa dernière journée.
Tant mieux !
Comme nous le disait une amie à la fin de la séance, ce film ne mérite pas plus que les 4 euros la place !
Il est sombre, il est lent… Bref il vaut mieux aller chiner dans la brocante la plus proche, ou même ranger votre grenier…
Je n’ai pas lu le livre. Peut-être contient-il des fulgurances bien absentes de cette réalisation.

Escape game

A l’affiche : Escape game, un film d’Adam Robitel.

 Escape game, encore une bonne idée, une idée originale, gâchée, à savoir l’enfermement dans un espace de six personnages, qui ne se connaissent pas et ont pour mission de résoudre une énigme qui ne leur a pas été posée.

On aurait pu ressentir l’angoisse d’un huis-clos, et s’amuser dans un Signe de piste… J’ai espéré quelques minutes un tel scénario… mais non, très vite on tombe dans l’invraisemblance, la cascade et une certaine violence, finalement sans intérêt même si on ne s’ennuie pas.

Bref, en piochant ce film, j’ai joué, et j’ai perdu.

Doubles vies

Art et Essai : Doubles vies, un film français d’Olivier Assayas, avec Guillaume Canet (Alain, l’éditeur), Juliette Binoche (sa femme), Vincent Macaigne et Nora Hamzawi (le romancier et sa compagne), Christa Théret (Laure, la responsable de la transition numérique auprès d’Alain).

Doubles vies : c’est surtout un double sujet, et sans doute un de trop, d’une part sur le numérique qui concurrence l’édition papier, d’autre part sur l’inspiration d’un romancier qui se limite à sa vie amoureuse…

Un film « assez bavard » comme l’a dit Frédéric Pic à TV Libertés, et ce bavardage sur différents sujets m’a paru trop important en quantité, et insuffisant en qualité, pour faire « un bon film », même si on ne s’ennuie pas.

Le bavardage majeur concerne l’avenir de l’édition, et aurait pu être plus intéressant s’il avait été mieux structuré et plus approfondi. Il aurait fallu, selon moi, en regard de l’e-book, de la liseuse et de la tablette, développer le lien corporel, le lien charnel qui unit le lecteur à son livre : avec un bouquin, en effet, on dialogue, on le prend, on le reprend, on en souligne certains passages, on l’annote, on le feuillette, on revient dessus, on s’endort avec…
En outre ce bavardage a été desservi par la manie des acteurs de vouloir faire vrai en parlant à mi-voix sans suffisamment articuler ; la palme, en l’occurrence revient à Christa Théret, mais j’ai déjà souvent reproché ce défaut à Vincent Lindon.

Un deuxième bavardage du film mérite d’être relevé qui porte sur la ville de Laval et le département de la Mayenne… Il illustre le parisianisme des « People », parfaitement d’actualité quand on considère la jacquerie des Gilets jaunes. J’aimerais être sûr que ces acteurs n’aient pas purement et simplement reproduit devant la caméra des propos qu’ils tiennent en privé.

Un troisième bavardage est plaisant sur la réalité et la fiction, le réel et le ressenti, des convictions affichées de l’homme politique, et de sa « com »…

Que dire de plus ?

Qu’après La Favorite et Colette, jamais deux sans trois, nous avons encore eu malheureusement droit au culte de Sapho… Il faut bien convaincre le bon peuple des spectateurs de la normalité de la chose… L’homme politique, d’ailleurs, aussi, est homo.

Finalement, rendons grâce à Vincent Macaigne et, dans une moindre mesure, à Nora Hamzawi, de sauver le film…

Mais c’est vrai que je n’aime pas Guillaume Canet, avec son air suffisant à la Macron.