L’extraordinaire voyage du fakir

L’extraordinaire voyage du fakir, un film de Ken Scott avec Dhanush, Bérénice Bejo et Gérard Jugnot,
adapté du roman éponyme de Romain Puértolas

Il y a « Les Yeux » qui est « la honte de (la) corporation » ; il y a aussi Ragdalam qui hypnotise Madame Yamilah, la voyante ; il y a surtout Cipaçalouvishni chez le Maharadjah de Rawhajpoutalah…
Bref, j’aurais mieux fait de relire mes classiques Tintin, ou encore d’accompagner Phileas Fogg dans Le Tour du monde en quatre-vingts jours, d’autant que lorsqu’on a vu la bande-annonce, on a vu le film, en tout cas les seuls éléments « comiques » de l’aventure, sur fond de « migrants » que l’on renvoie en Espagne !
A croire que L’Aquarius était déjà programmé, surtout que pour sauver des naufragés au large des côtes libyennes, les ports les plus proches n’étaient-ils pas les ports libyens ?

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Le Lauréat

Le Lauréat, un film américain réalisé en 1967 par Mike Nichols, avec Dustin Hoffman (Benjamin), Anne Bancroft (Mrs Robinson) et Katharine Ross (Elaine),
sur les paroles de The Sound of silence et Mrs Robinson.

J’ai un bon souvenir de Dustin Hoffman dans Rain Man, et j’ai toujours l’espoir de combler mon inculture cinématographique en allant voir des films d’autrefois.. dans «le plus vieux cinéma du monde ».

Hormis ces musiques de mes vingt ans, cette production ne mérite pas d’être couverte de lauriers, et on pourrait la passer sous silence. C’est long, c’est lent et un peu nunuche comme ce Benjamin pris dans la guêpière de cette nymphomane.
The american way of life dans un milieu friqué et imbu de lui-même, dont le Grand Ouest alcoolisé consiste à « profiter de la vie » (j’ai horreur de cette expression) en s’enorgueillissant de sa bagnole et de sa réussite professionnelle.

Le coup de foudre pour Elaine est téléphoné et, quand « il est trop tard », la seule réplique amusante est le « pas pour moi ».

On observera pourtant qu’a la veille de 1968, ce film est relativement pudique sur un sujet scabreux.

Jurassic World : Fallen kingdom

Jurassic World : Fallen kingdom, de Juan Antonio Bayona

“Mon royaume pour un dinosaure”

Ne sommes-nous pas des dinosaures ?
Dans notre société submergée, dans nos familles décomposées-recomposées, nous qui croyons, comme le grand St Eloi, à la Famille, à la Patrie et au Travail ;  nous qui avons en outre l’audace – comble de l’obscurantisme – de croire en Dieu, qui n’est pas Allah puisqu’il est trine, n’apparaissons-nous pas comme des dinosaures ?
Ne nous voit-on pas comme des animaux d’un autre temps et, « en même temps « , dangereux ?
Aussi, quand il s’agit de sauver des dinosaures, je nous et me sens concernés, nous qui sommes manifestement appelés à être « grand-remplacés ».

Je crois me souvenir d’un Jurassic Parc qui ne m’avait pas déplu. Ce numéro-là est un Jurassic de trop. Certes parfois on sourit. Certes Blue est un animal de compagnie sympathique.  Certes on est content de les voir triompher des méchants, de ceux qui en font un trafic, de ceux qui veulent les cloner. Pourquoi à ce propos le chef de la bande nous Trump-t-il à la Le Pen ?
Bref si l’histoire nous permet d’espérer une Reconquista – sans doute le prochain épisode – je ne crois pas que j’irai la ou le voir.

Volontaire

Volontaire, un film d’Hélène Fillières, avec Hélène Fillières (le commandant adjoint), Lambert Wilson (le Commandant Rivière), Diane Rouxel (l’Aspirant Baer), Corentin Fila (l’Enseigne de vaisseau Dumont), Alex Descas (Albertini) et Josiane Balasko (la mère).

« Dans l’armée, il n’y a ni homme ni femme mais des militaires »

Est-ce une transposition de Saint Paul aux Galates – « il n’y a plus ni homme ni femme, car vous êtes tous un en Jésus-Christ » -?

La bande-annonce, en tout cas, laissait espérer quelque chose de mieux de cette tragi-comédie truffée de longueurs.

C’est évidemment un hommage à la Volonté, et je serais l’adepte d’une formule « Je veux, donc je suis », tandis que mon épouse dit souvent : « quand on veut, on peut ».
C’est un hommage aux Bérets verts des commandos marine, et donc au Béret vert… ce qui n’est pas si fréquent ! Je n’en ai pas d’autre en mémoire que celui de Jean-Pax Méfret à la Légion étrangère dans sa chanson Kolwezi :

« L’histoire de sept cent légionnaires
Portant un béret vert,
Largués sur un coin de terre,
Pour effacer l’enfer.
Depuis des années, c’était pas arrivé.
Le pays entier est fier de son armée ».

C’est encore – notons-le bien – avec le moine un hommage à la fidélité.

C’est malheureusement aussi un tissu de politiquement correct avec son interdiction de fumer, avec sa diversité, avec son homo, son refus des cycles naturels, et son soupçon de théorie du genre – « dans l’armée, il n’y a hi homme ni femme, mais des militaires » -.

Josiane Balasko, quant à elle, ne joue pas puisqu’elle tient le rôle d’une comédienne de gauche.

Et mon cœur transparent

Et mon cœur transparent, un film de David et Raphaël Vital-Durand, avec Julien Boisselier (Lancelot, alias Paul), Caterina Murino (Irina) et Sara Giraudeau (Marie Marie),
adapté du roman éponyme de Véronique Ovaldé.

« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime
(…)
Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème ».

                                                                                                                          Paul Verlaine

Cette fois-ci c’est Sara Giraudeau qui nous a attirés avec son minois mignon et sa voix  douce. Elle m’a effectivement envoûté dans la série du Bureau des Légendes. Sa participation dans ce mauvais thriller est malheureusement trop brève.
Rien ne dynamise ou dynamite ce film même si on explose de joie avec le laboratoire. Il faut dire que depuis le levothyrox les ennemis de nos ennemis sont nos amis, et l’échec de la Manif pour tous nous a mis du côté des partisans de la manière forte.
Contre les labos, néanmoins, rien ne vaut l’excellente fille de Brest.

 

Mes Provinciales

Mes Provinciales, un « drame » de Jean-Paul Civeyrac, avec Andranic Manet (Étienne), Corentin Fila (Mathias) et Sophie Verbeeck (Annabelle).

Mes Provinciales, un tel titre ça donne à penser… d’autant qu’il y a quelques jours, nous sommes allés voir Escobar, mais cet Escobar-là n’avait rien à voir avec le Jésuite espagnol du même nom que Pascal prit pour cible dans ses « petites Lettres ». Il s’agissait pour le mathématicien-philosophe de dénoncer l’hypocrisie et « les petits arrangements » de la Compagnie de Jésus, comme celui, par exemple, de s’entendre sur une proposition avec tel contradicteur ou adversaire, sous réserve de se refuser à en définir les termes… La question est d’ailleurs toujours d’actualité… Quand nos papes, depuis St Jean-Paul II, évoquent les « droits de l’homme », expression reprise bêtement dans certaines « prières universelles », sont-ce les mêmes que ceux dont parlent nos politiciens et hommes des médias qui inscrivent dans la loi que l’avortement est un « droit de l’homme » ?

Ainsi dans le film on assiste à un débat sur la fidélité que chacun peut considérer comme une valeur fondamentale à partir du moment où l’on se garde de définir cette fidélité, et de dire si l’on parle de la fidélité à l’autre ou de la fidélité à soi…

Bref, vous l’avez compris, il s’agit d’une œuvre intello, avec tout ce que cet adjectif peut comprendre comme disputations de gauche (pardon pour l’oxymore). Annabelle, par exemple qui ne conçoit pas la révolution sans une action concrète quotidienne, comme l’accueil des migrants ou participer à la ZAD, et Mathias qui prétend exprimer sa révolte par le cinéma. Le film est très long, au cours duquel il ne se passe rien ; y a-t-il une véritable histoire ? j’évoquerais plus volontiers précisément un long-métrage d’ambiance, fait de bavardages et de lenteurs à nous montrer le mal-vivre de ces provinciaux à Paris. On y voit, comme maintenant presque toujours, les incontournables homosexuels (des deux sexes), et surtout Étienne, aux cheveux longs et crasseux, qui déambule persuadé de ne rien faire de bien, sous la mauvaise sujétion d’un « ami » qui dénigre tout. Les filles sont plutôt jolies – et faciles -.

Nous étions dix dans la salle en début de séance, et trois sont sortis avant la fin. Mon épouse s’est ennuyée qui a trouvé Étienne « ch… »… J’ai souri, me disant in petto : « comme le reste… ».

On pense à Godard ou aux Chroniques d’un été de Jean Rouch… Sans doute le réalisateur a-t-il dû s’en inspirer avec cette production bien datée – on cite Macron et Fillon – pour célébrer à sa manière le cinquantenaire de mai 68.

La Finale

La Finale, une comédie dramatique de Robin Sykes, avec Thierry Lhermitte (Roland, le grand-père) et Rayane Bensetti (JB, le petit-fils).

« J’ai la mémoire qui flanche
J’me souviens plus très bien »

Un film sur la maladie d’Alzheimer .

Certes Thierry Lhermitte joue particulièrement bien et pourrait mériter l’Oscar du Meilleur Acteur pour son interprétation dans ce film (1).

Je m’attendais malheureusement à un film tellement mieux que j’aurais pu oublier d’aller le voir.

(1) J’attribuerais néanmoins cet Oscar à Gary Oldman pour son interprétation de Winston Churchill dans Les heures sombres, et à Charlotte Gainsbourg l’Oscar de la Meilleure Actrice pour La Promesse de l’aube.