Une affaire de famille

Art et Essai : Une affaire de famille, un film japonais de Hirokazu Kore-eda, avec Lily Franky (Osamu),  Kiki Kirin (Mamie), Kairi Jyo (Shota) et Miyu Sasaki (Juri).

Ils ne portent pas de gilet, mais c’est sur leur visage qu’ils portent le jaune de leur misère. Comme dans Après la tempête, Kore-Eda nous immerge chez les « Sans-dent » du Japon qui compensent à leur manière les revenus qu’ils n’ont plus. Ce film est trop long, et parfois compliqué, pour être « bon », mais il n’y a pas de longueurs et l’on ne s’ennuie pas ; on peut même sourire ou rire en partageant leurs bols de nouilles. Déjà dans The third murder, les « héros » passaient leur temps à manger.
C’est le quatrième film que nous voyons de ce réalisateur, et nous avions aimé à la télévision Tel père, tel fils.

Encore un petit effort, et Kore-Eda va me réconcilier avec le cinéma japonais… Anne Brassié sur TV Liberté recommandait son Notre petite sœur, de 2015.

 

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Paname, le fantôme du Grand Français

Art et essai : Paname, le fantôme du Grand Français, un film franco panaméen de Daniel Zapateiro.

Quel titre sibyllin pour ce petit documentaire (55 mn), intéressant mais insuffisant et quelque peu « académique », sur le percement du canal de Panama et Ferdinand de Lesseps.

« Beaucoup de gens sont d’ordinaire
Tourmentés du même démon ;
Ils veulent sortir du vulgaire,
Se mettre en vue, avoir un nom.
Mais on peut affirmer qu’en somme
Lesseps sut tous les dépasser
Car jamais on ne vit homme
Aussi désireux de percer ».
(Le Don Quichotte, journal satirique édité à Bordeaux, 1879)

Paname : cette appellation de Paris viendrait du scandale de Panama et de la colère populaire contre les « Panamistes », les politiciens corrompus (notamment 104 députés), qui se généralisa contre les Parisiens. A l’époque les maraîchers payaient un octroi pour entrer leurs denrées dans Paris qu’ils ont surnommé « Panam ».
Quant au titre de « Grand français « , c’est à Gambetta qu’on la doit.

Un documentaire qui manque de rythme et de vie, et qui ne dit rien, ou trop peu, de la trop grande confiance en lui de celui qui avait vaincu tous les obstacles du Canal de Suez mais ne voulait pas voir la nature hostile de Panama avec ses marécages, ses pluies incessantes, ses 700 variétés de moustiques et partant la malaria et la fièvre jaune, avec les dizaines de morts quotidiennes sur les chantiers.

Que dire de plus ?
Lire le « Ferdinand de Lesseps » de Ghislain de Diesbach (Perrin, 1998) dans lequel il évoque la brièveté de son discours de réception à l’Académie française (1885) :
« Ne pouvant faire bien, j’ai fait mieux : j’ai fait court ».

Le Grand Bal

Art et Essai : Le Grand Bal, un film français de Laetitia Carton.

« Quand tu danses, danses, danses devant moi
Je sens mon cœur qui bat
Au rythme de tes pas… »

Malheureusement les moments ont été rares où, à l’instar de Gilbert Bécaud, j’ai senti « mon cœur qui bat  » et où j’ai eu moi aussi envie d’entrer dans la danse.
C’est un événement original que nous présente ce documentaire, à savoir la réunion annuelle pendant toute une semaine, à la mi-juillet, de plus de 2000 danseurs à Gennelines, dans l’Allier.
Ni rap, ni techno, ni même rock mais une foule de gens divers – et pourtant sans « diversité  » – qui virevolte et frappe du pied sur une musique enracinée et tellement identitaire que l’une des danseuses se croit obligée de dire : « on danse pour accueillir les immigrés  » ! Sans doute le prix à payer au Politiquement correct pour obtenir le financement du film…
Malheureusement des longueurs, des parlottes avec des redites, m’ont donné l’impression de faire tapisserie.

L’empire de l’or rouge

Art et Essai : L’empire de l’or rouge, un film de Jean-Baptiste Malet et Xavier Deleu,
d’après l’ouvrage éponyme de Jean-Baptiste Malet.

Alimenterre… mon cher Watson,
c’est un « festival »
coordonné par le CFSI (Comité Français pour la Solidarité Internationale) et une vingtaine d’autres « institutions » , soutenu par cinq « organismes » en partenariat avec plus de trente associations…

Vous n’en aviez jamais entendu parler ?
Moi non plus, mais rassurez-vous tout ce petit monde doit quand même bien vivre, de subventions publiques accordées par l’État et les collectivités territoriales… et donc nos impôts, notre argent.

Ceci dit, peut-être ne faut-il pas tout jeter avec les déchets ménagers en procédant à un « tri sélectif » (selon le pléonasme en vigueur, comme si tout tri n’était pas, par définition, sélection et « discrimination » – Oh le vilain terme !)
L’objet de ce « festival » n’est effectivement pas à évacuer qui dit que « notre avenir se joue dans nos assiettes »… et c’est vrai que dans celles-ci, il peut y avoir à boire (d’où la cuiller à soupe) et à manger…

L’empire de l’or rouge est donc l’un des huit films présentés dans le cadre d’Alimenterre 2018. C’est un documentaire qui traite de la «filière Tomates», d’où le rouge, couleur particulièrement appropriée puisque ces tomates sont « produites et conditionnées sous baril en Chine ».

On l’aura compris, ce long-métrage est engagé et dénonce, à juste titre, le mondialisme qui nous fait ingurgiter des tomates industrielles transbahutées de continents à continents, au grand profit de la finance internationale et au détriment des paysans locaux… et de notre santé.

D’après Wikipédia, Jean-Baptiste Malet « revendique être un journaliste engagé » qui a soutenu la candidature de Jean-Luc Mélenchon en 2012… Ce qui explique sans doute que son opus se conclut sur les migrants, comme si le trafic de ces nouveaux esclaves n’était pas, lui aussi, le fruit du mondialisme et la variable d’ajustement des multinationales.

Qu’on se le dise, un travailleur immigré coûte moins cher à l’employeur qu’un travailleur français, et permet de peser sur les salaires…
Je ne suis pas seul d’ailleurs à avoir remarqué le peu de « Diversité » parmi les Gilets jaunes.

 

Yéti & compagnie

A l’affiche : Yéti & compagnie, un film d’animation américain de Karey Kirkpatrick.

« J’aurais pu ne pas le voir »…. Evidemment puisque c’est un film pour enfants…
Eh bien Non ! Précisément, puisque c’est un film pour enfants, j’aurais pu passer, à tout le moins, une bonne soirée, m’amusant d’entendre s’esclaffer deux de mes abominables yétis-enfants, pardon, charmants petits enfants, âgés de 8 et bientôt 6 ans, que j’y avais emmenés.

Certes, ils ont ri deux ou trois fois, certes la salle a pu rigoler devant tel ou tel gag, et moi-même j’ai pu sourire… mais la récolte est quand même bien maigre avec ce scénario compliqué à loisir, qui inclut comédie musicale, chanteur déjanté et rap, inaudibles, pour raconter l’histoire bien simple d’un yéti qui découvre l’existence du « petit-pied », l’homme.
Oui, mes petits-enfants m’ont dit « avoir aimé…, sans plus » précise le plus jeune… Mais je ne les ai pas entendus en parler sur la route du retour, sauf ma petite-fille qui s’est plainte, à juste titre, d’une musique trop forte qui lui a donné mal à la tête.

Il manque à ce réalisateur d’être comme un enfant, aussi naïf et innocent qu’un enfant… Une innocence qu’il prend d’ailleurs en otage quand, sous prétexte de les faire rire, il diffuse des messages non seulement politiquement corrects, comme le « vivre ensemble » – on a peur de l’être différent parce qu’on ne le connaît pas -, mais aussi un discours plus radicalement révolutionnaire contre « ce qui est gravé dans la pierre », et donc le refus de tout dogme.
On notera par surcroît – féminisme oblige – que le premier yéti qui s’oppose au « gardien de la pierre » est une première…

Nos batailles

A l’affiche : Nos batailles, un film de Guillaume Senez avec Romain Duris.

Romain Duris est un bon acteur, et heureusement car il est le seul intérêt du film.
Il s’agit d’un drame social – on pourrait même dire « sociétal »– où une femme abandonne son mari et ses enfants.
C’est ça sans doute la parité, et l’égalité, revendiquées par les femmes : pouvoir plaquer sa famille, de la même façon que les hommes ont de tout temps su le faire !

Un film « réaliste » donc avec des acteurs « excellents » pour reprendre les qualificatifs d’Anne Le Pape dans le quotidien Présent de ce samedi, mais interroge-t-elle à juste titre « Cela suffit-il à passionner les foules ? ».
Certes, comme elle le précise, on y entend une bonne leçon de démocratie, que Macron devrait méditer… « il vaut mieux un seul déçu sur trois, que deux sur trois » et, en l’occurrence, mon épouse et une amie ont aimé, prétendant que c’est « un film pour femmes »… Je ne savais pas mon épouse si féministe !

Je ne bataillerai pas avec elle sur ce sujet, mais je reviens sur la critique nuancée d’Anne Le Pape avec laquelle je suis globalement d’accord, sauf sur un point : « il est invraisemblable – écrit-elle – que la direction d’une entreprise propose à un responsable syndical d’intégrer le service des ressources humaines » ! Eh bien, non ! Cela doit même être aussi courant qu’ « une femme qui se taille »… J’ai passé toute ma carrière dans un grand groupe d’assurances où j’ai croisé le chemin d’une déléguée syndicale d’une « Confédération » ouvrière représentative qui, après avoir fomenté des grèves et des manifestations, exploité des mécontentements contre la Direction et certains chefs de service, a fini comme cadre dans le service des ressources humaines. Est-ce si étonnant ? n’a-t-on pas vu des leaders de syndicats agricoles se recycler sur les listes « gouvernementales » aux élections européennes ?  C’est tout ça Le Système !

L’ombre d’Emily

A l’affiche, L’ombre d’Emily, un film américain de Paul Feig, avec Blake Lively (Emily Nelson), Henry Golding (son mari, Sean Townsend), Anna Kendrick (Stéphanie),
adapté du roman Disparue de Darcey Bell (publié en 2017).

« Laisse tomber les… films, laisse tomber les films… »

C’est en pastichant cette chanson de France Gall et Serge Gainsbourg, que je suis ressorti de la salle de cinéma.

Et effectivement ce thriller farfelu ne vaut sans doute pas le déplacement, même si le personnage nunuche de Stéphanie peut amuser.
J’avais d’ailleurs l’ombre d’un doute devant la bande annonce de L’ombre d’Emily, mais celle-ci avait attiré mon épouse.

Qu’est-ce que l’amitié ?
Il m’arrive de dire que « je n’ai pas d’amis », tant ce concept est difficile à cerner… Est-on l’ami de celui ou celle que l’on considère comme son « ami(e) » ?
C’est finalement la question intéressante que pose cette histoire avec Stéphanie et Emily :
« tu es ma meilleure amie », dit la première à la seconde qui lui répond « je suis ta meilleure amie ».