Sauver ou périr

A l’affiche : Sauver ou périr, un film de Frédéric Tellier, avec Pierre Niney (Franck Pasquier) et Anaïs Demoustier (Cécile),
inspiré de faits réels.

Sauver ou périr.
Je ne crois pas à la foutaise du « Sauver la planète » et de la nécessaire Transition écologique.

Je crois en revanche à l’urgence de sauver Paris de la « Transition démographique » et des banlieues (Le Grand Remplacement)  qui  y viennent taguer, casser, détruire et piller.
Je crois surtout qu’il faut sauver notre pays de la guerre civile et ethnique, et que la suspension de la taxe carbone et la dissolution de l’assemblée nationale seraient la réponse immédiate, démocratique et constitutionnelle, à  « l’expression pacifique d’une colère légitime  » que le Président Macron constate lui-même.
Sauver ou périr serait donc le grand titre que l’on pourrait donner à ce Novembre 18  jubilé de Mai 68.

Mais non, le film Sauver ou périr parle de façon extraordinaire d’une autre guerre, celle quotidienne des hommes du feu que Pierre Jolivet avait déjà mis en action dans un très bon film de 2017.
Un docufiction, d’une profonde intensité héroïque et humaine,  à voir absolument, qui n’aura pas besoin d’une grande échelle pour monter sur le podium 2018.

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First Man : le premier homme sur la lune

A l’affiche : First Man, le premier homme sur la lune, un film de Damien Chazelle, avec Ryan Gosling (Neil Armstrong), Claire Foy (Janet Armstrong), Corey Stoll (Buzz Aldrin) et Lucas Haas (Mike Colins).

« On a décroché la lune »… C’est, dans le film, la réponse de Janet Armstrong aux journalistes qui l’interviewaient alors qu’elle partait retrouver son mari, durant la « quarantaine » qui suivit la mission Apollo 11.
Je doute que la formule soit historique… Et c’est dommage car elle aurait été très belle.

Depuis « mon ami Pierrot » jusqu’à Tintin, en passant par Jules Verne et, aussi, les « six moyens de violer l’azur vierge » dont Cyrano de Bergerac choisit le septième pour l’atteindre, la lune a toujours été, jusqu’à Neil Armstrong, dans notre imaginaire.

Ce long-métrage entame brillamment les cérémonies du jubilé des « premiers pas sur la lune » qu’on ne manquera pas de célébrer dans 9 mois.

J’ai vu avec ravissement, dans la fusée, les hommes et les objets voler comme le capitaine Haddock derrière sa boule de whisky ; j’ai apprécié le fond musical de Justin Hurwitz, et c’est une première car je n’entends rien à la musique et d’habitude je ne l’entends pas… cette fois-ci, j’ai aimé, en pensant avec amusement à « Radio-Klow » qui diffusait, pour les astronautes d’Hergé, « Avant de mourir, de Boulanger ».

Bref un film passionnant, remuant et stressant, à la réserve près qu’on en connaît la fin, à la gloire du héros…

Mais les autres ? car, à bien y réfléchir, Buzz Aldrin qui foula, le deuxième, le sol lunaire est tout autant héros que le premier… quant à Michael Collins, le « troisième homme », qui resta en orbite dans le module de commande, il a eu la même formation, il a subi le même entrainement, particulièrement lourd et difficile, et pris les mêmes risques que les autres, sans avoir l’honneur et le bonheur d’y poser son pied.

Curieux cet hommage justifié, que je recommande évidemment, mais sélectif.

Se souvient-on, aussi, qu’après ces deux (ou trois) pionniers, de 1969 à 1972 (avec Apollo 17), dix autres astronautes ont marché sur la lune ?
Et depuis ? plus rien ?

J’en reviens au Capitaine qui avait sans doute raison : « ON N’EST VRAIMENT BIEN… QUE SUR NOTRE BONNE VIEILLE TERRE ! ».

Mademoiselle de Joncquières

A l’affiche, Mademoiselle de Joncquières, un film d’Emmanuel Mouret, avec Cécile de France (Mme de La Pommeraye), Edouard Baer (le marquis des Arcis), Alice Isaaz (Mademoiselle de Joncquières),
adapté de Jacques le Fataliste, de Diderot.

Vengeance, VENGEANCE, VENGEANCE… j’ai déjà eu l’occasion de rappeler cette fureur du Capitaine Haddock dans Le crabe aux pinces d’or.

La vengeance dit-on est un plat qui se mange froid, et Mme de la Pommeraye s’en délecte avec l’élégance du 18ème siècle dans le conte du « mariage saugrenu » que l’hôtesse nous rapporte au hasard d’un gite où Jacques et son maître avaient la nuit à passer.
A vrai dire, je partage le sentiment du valet sur cette « diable de femme ! Lucifer n’est pas pire » qui, sous le couvert très actuel du « Balance ton porc », assouvit en réalité un orgueil bafoué (« Cette merveilleuse Madame de La Pommeraye s’est donc faite comme une d’entre nous… ») et sa jalousie de n’être pas autant aimée que Mademoiselle de Joncquières, pour laquelle elle éprouve le plus grand mépris : « Qui êtes-vous ?  Que vous dois-je ? A quoi tient-il que je ne vous renvoie à votre tripot ?  Si ce que l’on vous offre est trop pour vous, c’est trop peu pour moi ».

C’est ce « mariage singulier » qu’Emmanuel Mouret nous restitue en images magnifiques avec les dialogues mêmes de Diderot… A voir absolument, et à faire voir aux collégiens et lycéens qui ont « le siècle des Lumières » au programme…

Une seule question : d’où vient ce nom de Joncquières que je n’ai pas retrouvé dans le roman où l’on lit pourtant bien ceux de La Pommeraye et du marquis des Arcis, tandis que la mère et la fille s’appelaient Duquênoi, qui tenaient leur commerce sous le nom de Mme et Mlle d’Aisnon ?

Un nouveau jour sur terre

A l’affiche, Un nouveau jour sur terre, un film de Peter Webber et Richard Dale.

« Dieu appela la lumière jour et les ténèbres nuit, il y eut un soir, il y eut un matin, et ce fut le premier jour ».
Le cinquième jour, « Dieu dit : Que les eaux grouillent d’un grouillement d’êtres vivants et que des oiseaux volent au-dessus de la terre (…) et il en fut ainsi ».
Le sixième jour, « Dieu dit : Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce  : bestiaux, bestioles, bêtes sauvages selon leur espèce et il en fut ainsi (…) et Dieu vit que cela était bon ».

Après l’excellent Les saisons de Jacques Perrin, en 2016, Un nouveau jour sur terre, un nouvel hymne à la nature, un grand film écolo,  au sens vrai du terme,  car l’écologie c’est d’abord le respect de la création ; un cours de Sciences Naturelles, pardon de SVT, Sciences de la Vie et de la Terre, (c’est  comme ça que ça s’appelle maintenant), à faire voir aux enfants en âge de rester une heure et demi au cinéma. Vous vous demanderez, par exemple, si l’on doit parler des cous ou des coups des girafes. En tout cas la séquence vaut le cou(p)… d’œil.
Bref, un documentaire  animalier magnifique, bien préférable à n’importe quel « docu humanilier » qui serait  forcément plein de repentance et de culpabilisation tellement il faut « sauver la planète ».

Dommage, d’ailleurs, qu’au lieu de la conclusion  qui sent son « politiquement correct », les réalisateurs, et Lambert Wilson qui leur « prête » sa voix, n’aient pas entonné le Cantique des Créatures de Saint François d’Assise :

« Loué sois-tu, mon Seigneur,  avec toutes tes créatures,
Spécialement messire frère Soleil par qui tu nous donnes le jour, la lumière ».

Faisons un rêve

Au cinéma Art et Essai, Faisons un rêve, de Sacha Guitry, avec Sacha Guitry (l’amant), Raimu et Jacqueline Delubac (le mari et sa femme).

« Et je m’en vais

Au vent mauvais

Qui m’emporte

Deçà, delà

Pareille à la

Feuille morte ».

Pourquoi ce Faisons un rêve me fait-il penser à la Chanson d’automne de Verlaine ? Peut-être est-ce l’historique même de cette pièce, quasi autobiographique,  jouée pour la première fois en 1916, avec Charlotte Lyses, la 1ère épouse de Sacha Guitry, et « conservée » au cinéma en 1936, avec la ravissante et charmante, la désirable – « avec ces yeux-là, avec ce sourire-là » – Jacqueline Delubac, la 3ème épouse… (non, non, ne vous méprenez pas… elles se sont succédées, Sacha Guitry n’était pas musulman et s’il a multiplié les femmes et les maîtresses, il n’avait pourtant pas de harem).

Faisons un rêve, c’est d’abord un exploit théâtral avec, notamment, un acte II ahurissant, un one man show de Guitry, un monologue qui remplit plus de dix pages d’un livre de poche. C’est aussi une leçon de bagout – comment faire la cour à une femme… – C’est en prose le « panache » de Cyrano de Bergerac, mais peut-être aujourd’hui tomberait-il sous le coup d’un « balance ton porc », tellement le féminisme exacerbé finit par détruire la féminité et la galanterie qui va de pair…

Faisons un rêve, c’est l’humour de Guitry… « Mon Dieu, que vous ririez, si vous aviez envie de rire ».

Faisons un rêve, c’est le rêve de prendre la vie au présent… « nous avons mieux que toute la vie, nous avons deux jours ! » (…) et l’acte IV de la pièce confirme  ( qui n’existe pas dans le film) : « Nous avons mieux que deux jours, nous n’avons plus que quelques heures… vite… profitons-en !!! »

RIDEAU

Le cercle littéraire de Guernesey

Le cercle littéraire de Guernesey, un film de Mike Newell avec Lily James (Juliet Ashton), Michiel Huisman (Dawsey) et Matthew Goode (Sidney Stark),
d’après le roman Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Schaffer et Annie Barrows.

D’abord un très beau film avec des photos magnifiques, une jolie Juliet qui fait rêver d’être Roméo Dawsey, enfin une histoire d’amours et d’amour, et cette dernière, bien que « téléphonée », garde toute sa fraicheur.

Peut-être ce long-métrage aurait-il pu s’intituler « la bague », qui tient presque le premier rôle dans cette histoire…

Bienvenue en Sicile

Bienvenue en Sicile, une comédie historique de Pierfrancesco Diliberto alias Pif, avec Pif (Arturo), Miriam Leone (Flora) et Rosario Minardi (Lucky Luciano).

« La Démocratie, c’est nous ! » déclare un chef mafieux, nommé maire d’une petite commune par les autorités américaines qui viennent « libérer » la Sicile.

C’est le fait historique de la collaboration des Alliés avec la Mafia, en 1943, que raconte ce film actuellement distribué en France par SAJE dans seulement une quinzaine de salles dont une à Marseille, où nous sommes allés le voir.

Aux États-Unis, il y avait Lucky Luciano, mafieux italo-américain en prison, avec lequel le gouvernement troqua sa condamnation pénale contre l’aide de son réseau pour un débarquement en Sicile, et qui obtint dans cet échange que les mafieux emprisonnés par Mussolini soient sortis de prison et, pour nombre d’entre eux. mis à la tête des villages.

Cette charge contre l’armée américaine qui réinstalla Cosa Nostra à la tête de l’île, sortie en Italie en 2016, est dédiée à Ettore Scola, réalisateur italien mort la même année, proche du parti communiste… alors que le mafieux, cité en début de ce commentaire, présente la Mafia comme la seule opposition aux dictatures nazies, fascistes et communistes.
Est-ce un adieu de Pif à un grand réalisateur ou un hommage au communiste ?

Il n’en reste pas moins qu’en zoomant sur la Mafia « démocratique », Pif a pointé sa caméra sur la démocratie « mafieuse ».