L’Ordre des médecins

Art et Essai : L’Ordre des médecins, un film de David Roux, avec Jérémie Renier (Simon, médecin hospitalier), Marthe Keller (sa mère), Maud Wyler (sa sœur), Zita Hanrot (une interne), Guilaine Londez (Dr Eva Jeantet).

Nul n’est prophète en son pays et, tout médecin qu’il est, et malgré sa famille qui ne croit qu’en lui, le pneumologue Simon ne peut rien contre le cancer de sa mère.

Un film poignant et (clin d’œil aux amis) admirablement servi par de très jolies actrices.

Publicités

L’incroyable histoire du Facteur Cheval

A l’affiche : L’incroyable histoire du Facteur Cheval, un film de Nils Tavernier, avec Jacques Gamblin (le Facteur Cheval), Laetitia Casta (Philomène), Bernard Le Coq (Auguste).

Résultat de recherche d'images pour "palais ideal photo"

La prochaine fois que nous descendrons du Berry à La Ciotat, nous ferons un crochet par Hauterives pour visiter ce Palais idéal, et voir le tombeau de ce Facteur Cheval.

C’est effectivement une incroyable histoire, et c’est une réalisation magnifique, avec de très belles photos, que nous livrent Nils Tavernier et Jacques Gamblin,  dont il faudra aussi se souvenir au moment des Oscars.

J’avoue que ce nom du Facteur Cheval ne m’était pas inconnu, mais je ne savais rien de ce qu’il recouvrait (s’agissait-il d’un homme… ou d’un cheval ?), rien de cette « architecture naïve » qu’André Malraux imposa aux fonctionnaires du Ministère de la Culture, rien de l’originalité et du génie de ce facteur qui vécut de 1836 à 1924 et inventa le béton armé !

Malgré ses tournées quotidiennes de distribution de courrier à pied sur 33 km, ce biopic de deux heures ne comporte aucune longueur.

A notre époque de passivité et de soumission devant les écrans, ce « documentaire » donne, au contraire, une leçon d’innovation, de travail et d’action, de patience et de persévérance, qui me conduit à penser, une fois de plus, que ce dix-neuvième siècle était sans doute un « grand siècle » avant de succomber dans les tranchées de 14-18.

Un film d’aventure à faire voir aux adolescents.

 

Au bout des doigts

A l’affiche : Au bout des doigts,  un film français de Ludovic Bernard, avec Lambert Wilson (Pierre Geitner), Jules Benchetrit (Mathieu Malinski), Kristin Scott Thomas (« La Comtesse ») et Karidja Touré (Anna)

L’Ascension était un bon film de 2017 au cours duquel Ludovic Bernard a fait escalader l’Everest à un jeune de banlieue.
Au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, aujourd’hui, ce même réalisateur fait monter un jeune délinquant au sommet de la gloire.
Au bout des doigts, c’est pourtant du bout des lèvres, ou plutôt de la plume, que les critiques des quotidiens locaux commentent ce film,  La Provence et surtout Var-matin qui titre « Concerto de fausses notes ».
Eh bien non ! 2019 commence en grande musique avec cette comédie dramatique pleine de  suspense et d’émotion dans laquelle – une fois n’est pas coutume, amusons-en nous – le scénario orchestre joliment la diversité des notes blanches et noires.

Sauver ou périr

A l’affiche : Sauver ou périr, un film de Frédéric Tellier, avec Pierre Niney (Franck Pasquier) et Anaïs Demoustier (Cécile),
inspiré de faits réels.

Sauver ou périr.
Je ne crois pas à la foutaise du « Sauver la planète » et de la nécessaire Transition écologique.

Je crois en revanche à l’urgence de sauver Paris de la « Transition démographique » et des banlieues (Le Grand Remplacement)  qui  y viennent taguer, casser, détruire et piller.
Je crois surtout qu’il faut sauver notre pays de la guerre civile et ethnique, et que la suspension de la taxe carbone et la dissolution de l’assemblée nationale seraient la réponse immédiate, démocratique et constitutionnelle, à  « l’expression pacifique d’une colère légitime  » que le Président Macron constate lui-même.
Sauver ou périr serait donc le grand titre que l’on pourrait donner à ce Novembre 18  jubilé de Mai 68.

Mais non, le film Sauver ou périr parle de façon extraordinaire d’une autre guerre, celle quotidienne des hommes du feu que Pierre Jolivet avait déjà mis en action dans un très bon film de 2017.
Un docufiction, d’une profonde intensité héroïque et humaine,  à voir absolument, qui n’aura pas besoin d’une grande échelle pour monter sur le podium 2018.

First Man : le premier homme sur la lune

A l’affiche : First Man, le premier homme sur la lune, un film de Damien Chazelle, avec Ryan Gosling (Neil Armstrong), Claire Foy (Janet Armstrong), Corey Stoll (Buzz Aldrin) et Lucas Haas (Mike Colins).

« On a décroché la lune »… C’est, dans le film, la réponse de Janet Armstrong aux journalistes qui l’interviewaient alors qu’elle partait retrouver son mari, durant la « quarantaine » qui suivit la mission Apollo 11.
Je doute que la formule soit historique… Et c’est dommage car elle aurait été très belle.

Depuis « mon ami Pierrot » jusqu’à Tintin, en passant par Jules Verne et, aussi, les « six moyens de violer l’azur vierge » dont Cyrano de Bergerac choisit le septième pour l’atteindre, la lune a toujours été, jusqu’à Neil Armstrong, dans notre imaginaire.

Ce long-métrage entame brillamment les cérémonies du jubilé des « premiers pas sur la lune » qu’on ne manquera pas de célébrer dans 9 mois.

J’ai vu avec ravissement, dans la fusée, les hommes et les objets voler comme le capitaine Haddock derrière sa boule de whisky ; j’ai apprécié le fond musical de Justin Hurwitz, et c’est une première car je n’entends rien à la musique et d’habitude je ne l’entends pas… cette fois-ci, j’ai aimé, en pensant avec amusement à « Radio-Klow » qui diffusait, pour les astronautes d’Hergé, « Avant de mourir, de Boulanger ».

Bref un film passionnant, remuant et stressant, à la réserve près qu’on en connaît la fin, à la gloire du héros…

Mais les autres ? car, à bien y réfléchir, Buzz Aldrin qui foula, le deuxième, le sol lunaire est tout autant héros que le premier… quant à Michael Collins, le « troisième homme », qui resta en orbite dans le module de commande, il a eu la même formation, il a subi le même entrainement, particulièrement lourd et difficile, et pris les mêmes risques que les autres, sans avoir l’honneur et le bonheur d’y poser son pied.

Curieux cet hommage justifié, que je recommande évidemment, mais sélectif.

Se souvient-on, aussi, qu’après ces deux (ou trois) pionniers, de 1969 à 1972 (avec Apollo 17), dix autres astronautes ont marché sur la lune ?
Et depuis ? plus rien ?

J’en reviens au Capitaine qui avait sans doute raison : « ON N’EST VRAIMENT BIEN… QUE SUR NOTRE BONNE VIEILLE TERRE ! ».

Mademoiselle de Joncquières

A l’affiche, Mademoiselle de Joncquières, un film d’Emmanuel Mouret, avec Cécile de France (Mme de La Pommeraye), Edouard Baer (le marquis des Arcis), Alice Isaaz (Mademoiselle de Joncquières),
adapté de Jacques le Fataliste, de Diderot.

Vengeance, VENGEANCE, VENGEANCE… j’ai déjà eu l’occasion de rappeler cette fureur du Capitaine Haddock dans Le crabe aux pinces d’or.

La vengeance dit-on est un plat qui se mange froid, et Mme de la Pommeraye s’en délecte avec l’élégance du 18ème siècle dans le conte du « mariage saugrenu » que l’hôtesse nous rapporte au hasard d’un gite où Jacques et son maître avaient la nuit à passer.
A vrai dire, je partage le sentiment du valet sur cette « diable de femme ! Lucifer n’est pas pire » qui, sous le couvert très actuel du « Balance ton porc », assouvit en réalité un orgueil bafoué (« Cette merveilleuse Madame de La Pommeraye s’est donc faite comme une d’entre nous… ») et sa jalousie de n’être pas autant aimée que Mademoiselle de Joncquières, pour laquelle elle éprouve le plus grand mépris : « Qui êtes-vous ?  Que vous dois-je ? A quoi tient-il que je ne vous renvoie à votre tripot ?  Si ce que l’on vous offre est trop pour vous, c’est trop peu pour moi ».

C’est ce « mariage singulier » qu’Emmanuel Mouret nous restitue en images magnifiques avec les dialogues mêmes de Diderot… A voir absolument, et à faire voir aux collégiens et lycéens qui ont « le siècle des Lumières » au programme…

Une seule question : d’où vient ce nom de Joncquières que je n’ai pas retrouvé dans le roman où l’on lit pourtant bien ceux de La Pommeraye et du marquis des Arcis, tandis que la mère et la fille s’appelaient Duquênoi, qui tenaient leur commerce sous le nom de Mme et Mlle d’Aisnon ?

Un nouveau jour sur terre

A l’affiche, Un nouveau jour sur terre, un film de Peter Webber et Richard Dale.

« Dieu appela la lumière jour et les ténèbres nuit, il y eut un soir, il y eut un matin, et ce fut le premier jour ».
Le cinquième jour, « Dieu dit : Que les eaux grouillent d’un grouillement d’êtres vivants et que des oiseaux volent au-dessus de la terre (…) et il en fut ainsi ».
Le sixième jour, « Dieu dit : Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce  : bestiaux, bestioles, bêtes sauvages selon leur espèce et il en fut ainsi (…) et Dieu vit que cela était bon ».

Après l’excellent Les saisons de Jacques Perrin, en 2016, Un nouveau jour sur terre, un nouvel hymne à la nature, un grand film écolo,  au sens vrai du terme,  car l’écologie c’est d’abord le respect de la création ; un cours de Sciences Naturelles, pardon de SVT, Sciences de la Vie et de la Terre, (c’est  comme ça que ça s’appelle maintenant), à faire voir aux enfants en âge de rester une heure et demi au cinéma. Vous vous demanderez, par exemple, si l’on doit parler des cous ou des coups des girafes. En tout cas la séquence vaut le cou(p)… d’œil.
Bref, un documentaire  animalier magnifique, bien préférable à n’importe quel « docu humanilier » qui serait  forcément plein de repentance et de culpabilisation tellement il faut « sauver la planète ».

Dommage, d’ailleurs, qu’au lieu de la conclusion  qui sent son « politiquement correct », les réalisateurs, et Lambert Wilson qui leur « prête » sa voix, n’aient pas entonné le Cantique des Créatures de Saint François d’Assise :

« Loué sois-tu, mon Seigneur,  avec toutes tes créatures,
Spécialement messire frère Soleil par qui tu nous donnes le jour, la lumière ».