Palmarès 2017

C’est un exercice difficile de distinguer trois films parmi les 111 que j’ai vus en 2017 !Tout choix est un renoncement, et les critères diffèrent qui font discriminer telle ou telle réalisation.
La capacité de choisir le bien étant l’essence même de la liberté, mes Césars personnels iront aux suivants :

  1. Silence, de Martin Scorcèse, sur l’évangélisation du Japon au XVIIe siècle, qui pose précisément le problème de la liberté de celui que l’on torture par victimes interposées ;
  2. Le Procès du siècle, de Mick Jackson, sur le procès d’un révisionniste, qui après Katyn, brise le tabou des vérités imposées par le Procès de Nuremberg ;
  3. La Passion Van Gogh, de  Dorota Kobiela et Hugh Welchman, pour l’originalité de l’animation qui met en scène les peintures de l’artiste.

Pour alimenter votre « best of », je vous communique aussi ci-dessous les choix de trois critiques de Perles de culture sur TV Liberté :

  • En numéro 3 : Blade runner 2049 ou Get out (que je n’ai pas vus) et The Square
  • En numéro 2 : La Promesse de l’aube, Dunkerque et L’École buissonnière
  • En numéro 1 : unanimité sur Au revoir là-haut

Anne Brassié rappelle enfin les films à voir en famille, de production ou distribution SAJE :

  • Little boy
  • Dieu n’est pas mort
  • Saint Ignace
  • La Rébellion cachée (docu film de Daniel Rabourdin sur le « génocide vendéen »)

Je n’ai vu aucun de ces quatre films, mais j’y ajoute L’Étoile de Noël

 Je termine en indiquant que personnellement, je ne considère pas 2017 comme un mauvais millésime avec près d’1/3 des films dont j’ai pu dire qu’il aurait été « dommage de ne pas le voir », ou « une excellente soirée » ou un « très bon film ».

Espérons qu’il en sera de même en 2018, qui commence déjà bien.

En remerciant ceux d’entre vous qui m’envoient parfois des commentaires, que je lis toujours avec beaucoup d’intérêt, ou des recommandations de films à voir ou à éviter, je vous souhaite bien évidemment une Bonne année cinématographique.

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Drôles de petites bêtes

Drôles de petites bêtes, un film d’animation, français, d’Antoon Krings et Arnaud Bouron.

C’était mon 111ème et dernier film de 2017, avec mes petits-enfants.

Les anciens se souviennent d’un sketch militant antiraciste avant l’heure, de 1972, Le douanier, de Fernand Raynaud, sur les étrangers qui « viennent manger l’pain des français ». Depuis que l’étranger est parti, « on n’mange plus d’pain… il était boulanger ».

C’est un peu le thème de ce, néanmoins joli, petit film ponctué d’ « Ah bas l’étranger », alors que c’est la guêpe, avec son armée au pas de l’oie, qui a emprisonné la Reine des abeilles pour lui prendre le pouvoir…

Un scénario sur le « vivre ensemble », qui trouve quand même ses limites puisque la guêpe refuse le pardon final. Effectivement pour « vivre ensemble » il faut que chacun le veuille…

Il y a finalement du miel dans ce film, et je me suis amusé à voir mes petits-enfants se jeter dans les bras de leur mère, par peur des Nuisibles, avant de rire aux éclats (et moi aussi) aux gags suivants.

Ne soyons pas, nous, aussi sectaires que les christianophobes qui censurent L’Étoile de Noël.

Ernest et Célestine en hiver

Ernest et Célestine en hiver, un dessin animé de Julien Chheng et Jean-Christophe Roger.

Quatre jolies histoires, aux couleurs pastels, qui ont bien plu à mes petits-enfants de 5 à 10 ans, même si « ça manque d’action » pour le plus âgé.
Bibi rappelle aux parents que l’on n’éduque pas ses enfants pour soi, mais pour leur apprendre à voler de leurs propres ailes… (« tu quitteras ton père et ta mère »).
Avec Le bouton d’accordéon et la souris verte on découvre des trésors qui s’offrent à chacun de nos sens, et la musique est l’un de ces trésors.
Blizzard, blizzard… un ours, ça hiberne.

La Promesse de l’aube

La Promesse de l’aube, un drame américain d’Éric Barbier, avec Charlotte Gainsbourg, Pierre Niney, Jean-Pierre Darroussin et Didier Bourdon.

Un biopic adapté du roman autobiographique de Romain Gary paru en 1960.

Pour moi un « gari », c’est un mot méridional, au moins marseillais, qui désigne un jeune garçon. Si le terme me paraît tombé en désuétude, on en croisait beaucoup autrefois en se promenant en ville – « Hé, Gari… » – mais précisément je n’ai jamais rencontré ce Romain-là dont je n’ai lu aucun livre  – ni de lui ni d’Émile Ajar – et je ne sais rien de sa vie. La promesse d’une aube ne m’évoque donc pas autre chose que Victor Hugo « à l’heure où blanchit la campagne, je partirai « … et c’est ce qu’aurait dû faire ce malheureux garçon pour fuir une mère folle et envahissante. Je parlais des fugues à propos du Musée des merveilles, en voilà une autre qui aurait été la bienvenue – même si l’expression « fugue bienvenue » semble relever de l’oxymore et qu’il serait davantage pertinent d’écrire une « fugue bienpartie ». Charlotte Gainsbourg  crève l’écran et  grâce à elle, je peux vous faire la promesse d’un bon film.

 

 

Le Musée des Merveilles

Le Musée des Merveilles, un drame américain de Todd Haynes, avec Oakes Fegley et Millicent Simmonds.

« Vous devriez savoir qu’il est extrêmement dangereux de téléphoner pendant un orage… »

Malheureusement pour lui, Ben ne connaît sans doute pas le Capitaine Haddock et ne l’a pas vu suspendu dans son lustre en cristal au début de L’Affaire Tournesol !

C’est en effet le monde du silence, du cinéma muet dans lequel s’agitent les populations (oh combien changées !) de New-York en 1927 et 1977, sans que parviennent à nos oreilles les rumeurs et le bruit de la ville. Mais ce film n’est pas pour autant merveilleux, et je déplore de devoir « bémoliser » ainsi les critiques louangeuses lues et entendues, même s’il vaut mieux les entendre que d’être sourd.

A mon grand regret, l’Alice que j’étais en entrant dans la salle n’a pas été émerveillée et est ressortie déçue, considérant le titre presque mensonger. L’histoire est relativement absurde – on peut même dire précisément qu’elle dépasse l’entendement –  et surtout elle est compliquée à telle enseigne que le réalisateur est  tenu de l’expliquer dans une scène finale en faisant lire un papier par l’une des protagonistes. Quant au musée, il est sans doute très beau mais sa visite est rapide.

j’ai lu que ce film  est « à voir en famille dès 7, 8 ans ». Révérence gardée, je pense que ce film de 2 heures est trop long pour des enfants, et incompréhensible à  « 7, 8 ans » ; en outre il ne faudrait pas donner l’impression de cautionner les fugues. J’engagerais, pour ma part, les parents à commencer par voir ce film eux-mêmes avant d’y envoyer leurs enfants. A bon entendeur, salut.

La Villa

La Villa, une comédie dramatique de Robert Guédiguian, avec Jean-Pierre Darroussin, Ariane Ascaride, Anaïs Demoustier, Gérard Meylan et Robinson Stévenin.

« Jésus est né en Provence, c’est un berger qui me l’a dit ».

En ce temps de l’Avent, après avoir sorti « les petits santons (qui sommeillaient) dans une boite en carton », et fait ma crèche sur fond de calanque de Figuerolles, comment ne pas aller me plonger de l’autre côté de Marseille, dans ce cadre magnifique de la calanque de Méjean, où je me promets de me rendre lors de mon prochain séjour à La Ciotat, ne serait-ce que pour voir ce grand pont de chemin de fer et cette très belle Villa au balcon arrondi.

Le drame familial, parfaitement interprété par de très bons acteurs, retient l’attention.

Il faut accepter en revanche de voir un film militant, réalisé par un ancien membre du Parti Communiste, soutien de Mélenchon à la dernière élection présidentielle.

Ce très joli long métrage nous déverse en effet, malheureusement, trois « messages », à commencer par « l’accueil des migrants » et, bien entendu, il veut nous apitoyer sur des enfants, comme pour nous renvoyer à la photo d’Aylan destinée à culpabiliser les Européens.

Le deuxième message est plus furtif sur le « mourir dans la dignité » avec ce ménage qui décide de partir ensemble, ou « en même temps » comme dirait l’Autre ; et c’est manifestement un clin d’œil à Macron, une troisième leçon, que ce couple qui se forme de Benjamin et Angèle. Notre société actuelle souhaite effectivement rejeter tous les repères en abolissant les frontières, en niant la complémentarité des sexes et en s’affranchissant de la différence d’âge…

Le Crime de l’Orient-Express

Le Crime de l’Orient express, un policier de Kenneth Branagh avec Kenneth Branagh et Pénélope Cruz, d’après le roman éponyme d’Agatha Christie de 1934.

Il y a deux ans, Camille Galic a publié une biographie d’Agatha Christie dans la collection Qui suis-je ? (Ed. Pardès), et elle nous invitait, dans Présent en novembre dernier, à « (re)découvrir » cet auteur.

Je crois, pour ma part, n’en avoir jamais lu et m’être toujours endormi devant la télé quand celle-ci diffusait tel ou tel film tiré de son œuvre.

Il en fut presque de même à voir cette récidive du Crime de l’Orient express, remake d’une réalisation de Sidney Lumet en 1974, d’autant plus que le niveau sonore des dialogues nous a paru, à mon épouse (qui au demeurant a bien aimé le film) et moi-même, insuffisant.

Sans doute est-il temps, pour moi, de retourner aux sources, en commençant notamment par Le Meurtre de Roger Acroyd, qui a été qualifié en 2013 de « meilleur roman policier de tous les temps ».

Peut-être y a-t-il loin, en effet, du style de la « duchesse de la mort », ou « l’impératrice du crime », à ses représentations cinématographiques.