Onoda, 10000 nuits dans la jungle

A l’affiche : Onoda, 10000 nuits dans la jungle, un film d’Arthur Harari avec Kanji Tsuda (Hirô Onoda), librement adapté d’un livre de Bernard Cendron et Gérard Chenu, Onoda, seul en guerre dans la jungle, 1944-1974

Le cinéma Apollo de Châteauroux pratique la jauge de 50 spectateurs, ce qui nous permet d’y aller sans un quelconque laisser-passer dit « sanitaire », auquel nous refusons de nous soumettre.

J’ignorais l’existence de ces straggiers (« traînards »), soldats japonais qui ont continué à se battre après la capitulation du Japon du 2 septembre 1945. Hirô Onoda est officiellement le dernier de ces soldats à se rendre le 11 mars… 1974 !
En fait, officier commando, formé aux techniques de la guérilla, il est affecté en décembre 1944 aux Philippines, que les Japonais occupent depuis décembre 1941, pour pratiquer ce qu’il appelle « la guerre secrète ». Il n’a jamais su – ou  cru – que la guerre était finie et n’a jamais reçu de son supérieur, le major Yoshimi Taniguchi (谷口 義美?) l’ordre de cesser le combat.
Il raconte son histoire dans son livre  Ma guerre de 30 ans sur l’île de Lubang.

Le réalisateur précise qu’il n’a pas lu cette biographie dont il a appris l’existence après avoir écrit le scénario, ce qui lui a permis « d’inventer le personnage »… il n’en reste pas moins que cette « aventure » ahurissante mérite d’être connue et le film d’être vu, dont les gros plans sur le lieutenant m’ont fait penser à Clint Eastwood, même s’il pêche par sa longueur (2h3/4) et un début que j’ai trouvé trop lent.

La fine fleur

A l’affiche : La fine fleur, un film français de Pierre Pinaud avec Catherine Frot (Eve, la pépiniériste), Olivia Côte (Vera, son assistante).

Le cinéma Lux de La châtre (sous-préfecture de l’Indre) pratique la jauge de 50 spectateurs, ce qui nous permet d’y aller sans laisser-passer dit « sanitaire », auquel nous refusons de nous soumettre.

« Mignonne, allons voir si la rose »

Quand elle n’entrainait pas famille et amis sur les sentiers des massifs provençaux, Maman passait son temps à quatre pattes à cultiver ses fleurs dans son jardin berrichon. Elle aurait certainement aimé être pépiniériste et créer des tulipes ou des roses (mais elle a eu sept enfants) et ne manquait jamais son voyage annuel au parc de Bagatelle.

C’est une sorte de docufiction intéressant que nous propose Pierre Pinaud sur cette vocation de pépiniériste et, en cela, il est à recommander aux amateurs des fleurs et des jardins.
J’avoue qu’à la lecture du synopsis j’avais hésité à y aller, qui me faisait craindre un discours dans l’air du temps sur la réinsertion… Ce n’est certes pas un grand film, avec un scénario un peu grotesque et une histoire, précisément, à l’eau de rose, mais, avec une bonne prestation de Catherine Frot, en ce temps mauvais qui court, c’est un joli conte de fée.

Kuessipan

Art et Essai : Kuessipan, un film canadien de Myriam Verreault, adapté du livre éponyme de Naomi Fontaine.

Kuessipan… un dernier film pour spectateurs masqués mais, sous cette réserve, libres.
Refusant de me soumettre aux obligations d’un gouvernement qui depuis 18 mois piétine nos libertés en interdisant certains traitements pour nous imposer des tests, des vaccins, des QR-codes et des laisser-passer, je vais réduire drastiquement ma fréquentation des salles de cinéma en me limitant à celles qui mettront en place la « jauge sanitaire » de 50 personnes.

Kuessipan, est un docu-fiction sur la communauté indienne des Innus installée dans une « réserve »  au bord du Saint-Laurent.
A partir d’un scénario portant sur l’amitié, la réalisatrice pose le problème de l’identité et du choc des cultures. Shaniss peut-il s’intégrer dans la famille de Mikuan, et celle-ci ne participe-t-elle pas à la disparition de son peuple en épousant un « blanc » ?

Un film intéressant, dont l’accent canadien-français ne peut qu’amuser les « Français d’France » que nous sommes.

Médecin de nuit

A l’affiche : Médecin de nuit, un film français de Elie Wajeman, avec Vincent Macaigne (Mikael, le médecin), Sarah Le Picard (Sacha, son épouse), Pio Marmai (Dimitri, son cousin pharmacien) et Sara Giraudeau (Sofia).

« Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil. Et puis du lit au lit. » (Jacques Brel)
J’ai le désagréable sentiment – mais, comme l’insécurité, n’est-ce qu’un « sentiment » ? – de passer notre temps avec mon épouse d’une structure médicale à une autre..
jusqu’à la salle détente de ce médecin de nuit.
Vous avez dit « détente » ?

Quand la nuit tombe, la vie continue, avec ses malades, les vrais et les « toxicos », avec l’argent sale et les idéalistes….

Médecin de nuit, un bon docufiction, malgré un scénario inutilement compliqué, sur le Paris nocturne, le trafic de médicaments et l’engrenage.

J’ai trouvé Sara Giraudeau particulièrement jolie dans ce film, mais manifestement nous étions au moins trois à le penser.

Les Racines du monde

Art et Essai : Les Racines du monde, un film mongol- allemand de Byambasuren Davaa.

Commençons par « wikipédier » : L’Empire mongol fut fondé à la fin du XIIe siècle par Gengis Khän, l’ « empereur universel », et était effectivement un siècle plus tard l’un de plus vastes empires de tous les temps s’étendant de Moscou à Bagdad et Pékin. On distingue aujourd’hui la Mongolie intérieure, province chinoise, et la République de Mongolie, ou Mongolie extérieure, pays de 1,5 million de km² (3 fois la France) et 3 millions d’habitants, entre la Russie et la Chine, dont la capitale est Oulan-Bator. C’est un pays de contraste avec des régions froides et montagneuses au nord et le désert de Gobi au sud. Précisément ce docufiction souligne un autre contraste avec une population nomade, pauvre, qui vit de l’élevage, et des multi nationales minières qui les chassent pour s’approprier l’or du sous-sol.

Les Racines du monde…Vous me permettrez de penser que ce titre est quelque peu prétentieux, de même que je ne suis pas séduit quand la réalisatrice évoque « la beauté de (son) pays d’origine».  

En revanche elle a raison de souhaiter « éveiller la conscience (du) peuple afin que (le) pays ne soit pas dévasté »

Mutatis mutandis, quand elle refuse « l’exploitation abusive des steppes, l’assèchement des sources d’eau et la destruction des paysages », n’est-ce pas le même combat que nous menons ici contre les promoteurs éoliens ?

Tokyo shaking

A l’affiche : Tokyo shaking, un film français, malgré son nom (Tremblements à Tokyo ?) d’Olivier Peyon, interprété par Karin Viard (Alexandra, cadre supérieur dans une banque française à Tokyo), Yumi Narita (Kimiko, son assistante), Philippe Uchan (Dominique Besse, le directeur), et Stéphane Back (Amani Sassou, le stagiaire).

Tokyo shaking, un film catastrophe sur le tsunami qui provoqua l’explosion nucléaire de Fukushima (11 mars 2011). N’en déplaise aux gauchos-écolos, rouges et verts, anti nucléaires, cela n’a rien à voir avec Tchernobyl.

Sous la très forte réserve de la propagande politiquement correcte, c’est notre 2ème « bon film » parmi les 14 que nous avons vus depuis la réouverture des salles, le 19 mai. Il offre d’abord un voyage découverte à Tokyo, sans besoin d’un pass sanitaire, avec un aperçu d’une communauté française expatriée relativement importante, et surtout la rencontre d’un peuple attachant, plein de dignité,  que j’ai plaisir à saluer bien bas. La grand-mère qui évoque la Tour Eiffel et… Marie-Antoinette, m’a fait oublier Mitsuhirato ou encore la cruauté nippone de Silence (2016) et nombre de films de guerre.

C’est aussi une dénonciation de ces multinationales du fric, de l’ambition et du chacun pour soi.
On le voit, « Tout est sous contrôle »,
et – Black lives matter – le réalisateur met le genou à terre devant le jeune stagiaire si parfait, si « talentueux » – comme ils disent.
La case « Diversité = Chance pour la France » a été cochée, et le quota respecté.
Oui, « Tout va très bien, Madame la Marquise ».

Des hommes

A l’affiche : Des hommes, un film français de Lucas Belvaux, avec Yoann Zimmer (Bernard) alias Gérard Depardieu (Feu-de-Bois), Catherine Frot (Solange, sa sœur), Jean-Pierre Darroussin et Édouard Sulpice ( Rabut), adapté du roman éponyme de Laurent Mauvignier (2009).

Il y a eu Voyage au bout de l’enfer (1978) et Apocalypse now (1979)…  On se souvient plus récemment d’American sniper (2014), Maryland (2015) et Voir du pays (2016)… Ils sont en fait, paraît-il, plus d’une trentaine de films sur le syndrome post traumatique du retour de guerre. Des hommes est le dernier. C’est le 7ème long-métrage que nous voyons depuis la réouverture des salles, mais, malgré ce sujet brûlant de la guerre d’Algérie, c’est le 1er bon film !

Certes il est un peu compliqué avec des personnages vus à 40 ans d’intervalle, joués par des acteurs différents, et des voix off. Cela vaudrait la peine de le revoir après avoir bien identifié chacun des intervenants.
Certes il n’est pas non plus exempt de quelques piques contre la colonisation, l’OAS et des « atrocités » qui auraient été commises par des soldats français. Reconnaissons néanmoins qu’il n’est pas manichéen.

D’abord, dans le même temps où il montre des scènes horribles à charge contre des soldats français, il nous fait partager leur panique et leur stress… on dirait aujourd’hui leur « perte de repère » !
Avant d’être exécuté, le 11 mars 1963, (les gaullistes et la gauche, à l’époque étaient pour la peine de mort !) le colonel Bastien-Thiry avait fait devant ses juges le triste constat que « les troupes de Jeanne- d’Arc elle-même se sont livrées plusieurs fois à des massacres ».

Mais surtout, ce film n’est pas manichéen parce que s’il montre les premiers, il répète à plusieurs reprises qu’il ne peut ni faire voir ni décrire les actes de barbarie perpétrés par ceux d’en face, les mutilations subies par leurs frères d’armes ou par les populations civiles européennes et musulmanes pro-françaises.
Evoquons donc pour conclure, afin de leur rendre les honneurs, les dizaines de milliers de harkis que la France a livrés, en quittant l’Algérie, à la torture et aux massacres du FLN.

Adieu les cons

Bande-annonce Adieu Les Cons

A l’affiche : Adieu les cons, un film français d’Albert Dupontel avec Albert Dupontel (JB), Virginie Efira  (Suze Trappet), Nicolas Marié (M. Blin), Jackie Berroyer (Dr Lint) ; Bastien Ughetto (Adrien) et Marilou Aussilloux (Clara).

Adieu les cons… Très franchement ce titre ne m’inspirait pas avant d’avoir entendu Laurent Dandrieu sur TV Libertés (émission Perles de culture d’Anne Brassié), et je ne m’étais pas dit que c’était un message adressé à ces gens qui nous gouvernent, « trop intelligents » comme l’a dit l’un d’eux, Gilles Legendre, président du groupe LREM à l’Assemblée nationale.

Adieu les cons… Ça commence avec un effet Domino, comme une grosse farce, et cette comédie dramatique illustre merveilleusement la très belle formule de Romain Gary selon laquelle « l’humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de L’Homme sur ce qui lui arrive ».

Comédie, avec des scènes grandguignolesques, sans aucune vraisemblance…
Dramatique avec M. Blin, devenu aveugle et que l’on emploie aux Archives, enfermé dans une salle sans éclairage ;
dramatique avec cet informaticien brillant à qui l’on demande de « coacher » le « jeune directeur » que l’on installe à la place qu’on lui avait promise ;
dramatique surtout, avec cette jeune femme, gravement malade, qui se heurte à la bureaucratie quand elle veut retrouver l’enfant que ses parents l’ont forcé à abandonner quand elle en a accouché à 15 ans.

Curieuse histoire qui met en exergue l’amour maternel à notre époque où certains prônent l’avortement « en même temps » qu’ils instituent la GPA !
Ce sont eux, sans doute, « les cons » auxquels Dupontel voudrait dire « Adieu »… et nous avec lui…

En vous souhaitant une bonne soirée parmi ces victimes de cet univers burlesque, j’ai plaisir à vous dire « Au revoir, les amis ».

Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary

Bande-annonce Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary

Art et Essai : Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary, un dessin animé français de Rémi Chayé, avec Alexandra Lamy.

Comme un garçon je porte un blouson
Un médaillon, un gros ceinturon, comme un garçon
Comme un garçon moi je suis têtue
Et bien souvent moi je distribue
Des corrections faut faire attention
Comme un garçon

                           (Sylvie Vartan)

A part Tintin en Amérique, je ne me suis jamais intéressé à la conquête de l’Ouest. Je n’ai non plus, contrairement à mon épouse, jamais lu de BD de cowboys et d’indiens, et c’est vers la trentaine que j’ai ouvert mon premier Lucky Luke. Inutile, donc, de dire que Calamity Jane n’était pour moi qu’un nom jusqu’à ce que j’apprenne dans le livre d’Alain Sanders, L’Amérique que j’aime, l’existence réelle de Martha Jane Canary (1er mai 1852-1903), qui semble d’ailleurs n’avoir rien fait d’autre que d’être un garçon manqué qui « levait le coude plus haut qu’à son tour, se battait comme un homme, s’habillait comme eux, jurait comme un démon ».

Dans un dessin animé, amusant, et véritablement pour enfants, Rémi Chayé invente l’éclosion de cette petite fille au cours d’une expédition de pionniers dans l’Amérique profonde.

Contrairement à Laurent Dandrieu (Perles de culture du 14 octobre, sur TV Libertés), je n’y ai pas ressenti de discours féministe, en revanche je m’élève contre l’écriture inclusive (les « auteur.rice.s » et « spectateur.rice.s ») utilisée dans le document à destination du jeune public, « collection Ma p’tite cinémathèque », réalisé par l’Association Française des cinémas Art et Essai. J’ai écrit à l’AFCAE pour attirer son attention sur la déclaration de l’Académie Française, adoptée à l’unanimité de ses membres, il y a déjà trois ans, le 26 octobre 2017, selon laquelle « devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel ».
Un tel « rappel à l’ordre » devrait d’ailleurs être fait par le gouvernement aux municipalités écolo-pastèques (vertes à l’extérieur, rouges à l’intérieur), comme celle de Lyon, qui imposent ce charabia sur les documents administratifs.

Jappeloup

Bande-annonce Jappeloup

A la télévision : Jappeloup, un film (2013) de Christian Duguay, avec Guillaume Canet (le cavalier Pierre Durand) et Daniel Auteuil (son père).

Jeudi soir, 16 octobre, au moment même où, sur C news, Jean-Pierre Chevènement disait à Éric Zemmour qu’on devrait « le fusiller, en temps de guerre », on apprenait qu’un professeur d’Histoire venait d’être décapité à Conflans Ste Honorine…
Comme le chantait Serge Reggiani, « les loups sont rentrés dans Paris » !
les gens de ma génération se rappellent les propos de Paul Quilès en octobre 1981 : « il ne faut pas non plus se contenter de dire de façon évasive, comme Robespierre à la Convention le 17 thermidor 1794 : “Des têtes vont tomber”… Il faut dire lesquelles et le dire rapidement ! ».
Pourtant, un mois plus tôt à l’Assemblée nationale, le ministre de la Justice de l’époque avait fait voter l’abolition de la peine de mort !
Comme quoi les coupeurs de têtes, eux, n’abolissent pas la peine de mort, et le principe révolutionnaire est toujours d’actualité qui prône : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté » !

Heureusement pour me changer les idées, et apaiser la colère que, comme certainement beaucoup d’autres, j’ai ressentie… dont je ne dirai pas plus… une autre chaine de télévision avait programmé ce Jappeloup que je n’avais malheureusement pas eu l’occasion de voir à sa sortie.

Jappeloup, c’est l’histoire d’un cheval « trop petit », caractériel et désobéissant, qui n’a pas le physique de l’emploi. Et pourtant, monté par Pierre Durand il gagnera, au saut d’obstacles, les Jeux Olympiques de Séoul en 1988. Le film nous raconte l’histoire de ce « couple », cheval et cavalier, avec ses victoires et ses échecs humiliants, ses moments de liesse et ses découragements. Nous ressentons une véritable angoisse en assistant aux différents concours hippiques, partageant le stress et l’émotion des milliers de spectateurs. Je me suis interrogé sur l’art de Guillaume Canet et sa maîtrise à cheval, imaginant même qu’il avait été doublé,  avant de lire, dans le Dictionnaire passionné du cinéma de Laurent Dandrieu, que l’acteur avait envisagé une carrière équestre, et que le réalisateur lui-même fut un « cavalier de haut niveau ».

Dommage que ce long-métrage soit effectivement « long », et même très long – plus de deux heures –, trop long pour pouvoir sauter le dernier obstacle  et atteindre le podium cinématographique…

Mais merci à Chérie 25 de m’avoir permis de chasser de mon esprit ces assassins qu’une classe politique « droitdel’hommiste », pleutre et pusillanime, a laissé envahir notre sol depuis près de 50 ans… et ça continue.