Les confins du monde

A l’affiche : Les confins du monde, un film français de Guillaume Nicloux, avec Gaspard Ulliel (Robert Tassen), Lang-Khê Tran (Maï) et Gérard Depardieu (Saintonge).

Nous aimons beaucoup les films de guerre.

Les confins du monde n’est pas le meilleur, trop intellectuel pour moi, avec Saintonge et Les Confessions de Saint Augustin, qui crapahute entre les scènes d’horreur, de sexe et d’opium. On croirait du Houellebecq ! (ce qui n’est d’ailleurs pas un reproche… Il faut lire Soumission).

Ce confins du monde repose sur une page d’histoire que l’on connaît mal avec l’occupation japonaise de l’Indochine, et Ho-Chi-Minh qui commence la guerre d’indépendance ; il aurait donc dû être plus intéressant, même si on assiste à un véritable documentaire sur l’enfer indochinois qu’ont dû subir les soldats français durant ces trois années 1944/1946 (et les autres).

Un film que l’on peut donc recommander à un public averti et peu sensible.

 

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Amanda

Art et Essai : Amanda, un film français de Mikhaël Hers, avec Vincent Lacoste (David), Ophélia Kolb (Sandrine) et Isaure Multrier (Amanda).

« Elvis has left the building ».

Le critique Arthur de Watrigant a eu le mot juste sur TV Liberté : c’est un « très, très joli » film. Il ne raconte pas une histoire mais une tranche de vie, et celle-ci, comme l’on sait, n’est pas un « long fleuve tranquille ».
David incarne l’esprit de famille,  le dévouement et même l’abnégation.

Mais, à l’inverse,  ce scénario nous surprend :
Est-ce si fréquent dans notre société féministe et décomposée,  fille du « Libéralisme avancé » que prônait – n’ayons pas « la mémoire courte » – Giscard d’Estaing…
Est-ce si fréquent, donc, que les épouses plaquent leurs maris et abandonnent leurs enfants ?
C’était en tout cas déjà le sujet de Nos batailles et c’est aussi  un élément de la tranche de vie de Sandrine et David.
– Pourquoi ?

Un homme pressé

A l’affiche : Un homme pressé, un film d’ Hervé Mimran, avec Fabrice Luchini, Leïla Bekhti et Rebecca Marder,
inspiré du livre J’étais un homme pressé : AVC, un grand patron témoigne de Christian Streiff, ex PDG d’Airbus et de PSA Peugeot Citroën.

Un homme pressé, nous avons pris du temps pour aller voir cette tragi-comédie, à l’affiche maintenant depuis près de deux mois, qui vaut néanmoins le déplacement pour autant que l’on accepte de rire d’un drame…

Le drame c’est l’histoire d’un homme, un bourreau de travail – « je ne me reposerai que quand je serai mort » – victime d’un AVC.

Le comique, c’est qu’il n’en continue pas moins à vouloir vivre comme avant, sans entendre, quand il parle, qu’il emploie un mot pour un autre ou qu’il les déforme. Ainsi, par exemple, un «médecin» devient un « pèlerin », son « orthophoniste » est une « psychopathe », et à une jeune fille qui veut parler avec lui, il répond « je vous épouse » au lieu de « Je vous écoute »…

Imaginez ce lapsus dans la bouche de Macron, Edouard Philippe et leurs ministres quand ils s’adressent aux Gilets jaunes… Ce serait un vrai « mariage pour tous » !

 

A star is born

A l’affiche : A star is born, un film américain de Bradley Cooper, avec Bradley Cooper (Jackson), Sam Elliot (son frère, Bobby), Lady Gaga (Ally) et Rafi Gavron (Rez) ;
un troisième remake d’Une étoile est née (1937).

 « Si le grain ne meurt, il restera seul ; mais s’il meurt il portera du fruit en abondance ».
C’est peut-être cette formule évangélique que viennent illustrer Jackson, le chanteur de country, et sa femme, la « star » Ally.
C’est en tout cas une merveilleuse histoire d’amour et de fidélité, à souligner dans un milieu généralement plutôt volage.
C’est aussi une diatribe contre l’alcool et la drogue, tout autant à souligner dans ce même milieu.

C’est encore une mise en garde contre ces « managers de stars », et Jackson recommande plusieurs fois à Ally de rester elle-même.
Je ne sais pas, personnellement, si elle est restée elle-même mais, malgré « (son) nez… Ah ! Messeigneurs quel nez que ce nez-là ! », je préfère la chanteuse du début, celle que Jackson voulait « juste regarder », au show de cette Lady Gaga rousse que Rez met en scène. J’accuse d’ailleurs Rez d’avoir quelque peu détaché ce couple au profit de la carrière personnelle d’Ally ; je l’accuse d’avoir ainsi fait replonger Jackson dans ses addictions, et je l’accuse surtout d’avoir poussé Jackson au suicide… « Si le grain ne meurt… ».

Un beau film, enfin, pour les amateurs de country music et de rock ou de Lady Gaga.

 

Cold War

Art et Essai : Cold War, un film polonais de Pawel Pawlikowski, avec Joanna Kulig (Zula), Thomasz Kot (Wiktor) et Boris Szyc (Kaczmarek).

Les critiques étaient généralement positives mais, moi, je me suis ennuyé en voyant Ida du même réalisateur, en 2014.

Ce ne fut pas du tout le cas pour ce long-métrage dont le début est même magnifique, avec ces chants et ces ballets du folklore polonais.
C’est aussi très intéressant, aujourd’hui, de voir que, sous réserve de l’accompagner d’hymnes à la gloire de Staline et de Lénine, le régime communiste présente des chorales relativement « identitaires » – comme on les dénigrerait dans la novlangue moderne – et peut-être même « racistes », quand Kaczmarek, véritable commissaire politique, déclare telle chanteuse « trop brune, et pas assez slave ».
En regard, l’Europe occidentale s’américanise avec le jazz.

Un film en noir et blanc, agréable à regarder, sans aucune « diversité » dans l’une et l’autre de ces Europe de l’Est et de l’Ouest des années 50, à l’exception naturellement des deux trompettistes américains.

Ce n’est évidemment pas l’objectif de Pawlikowski, mais Attention, à notre époque du Grand Remplacement, on en viendrait presque à regretter la « Pologne stalinienne » !
Je regrette, à ce sujet, quelques raccourcis, pour ne pas dire impasses ou silences (l’écran d’ailleurs devient noir), qui donnent à penser qu’il était facile, par exemple, de passer de Berlin Est à Belin Ouest.

Question : pourquoi ce titre anglo-américain de Cold War ?  Il aurait été plus logique de conserver le nom polonais Zimna wojna ou, mieux encore, de le traduire en français, Guerre froide, d’autant plus qu’il se déroule en partie à Paris.

Chris the Swiss

Art et Essai : Chris the Swiss, un film suisse d’Anja Kofmel, avec Anja Kofmel dans son propre rôle, et Joël Basman (Chris).

Après la chute du communisme les identités se sont réveillées et ont pu imploser, particulièrement dans cette Yougoslavie où, déjà, elles avaient été sans doute ignorées à sa création, lors du dépeçage de l’Empire d’Autriche-Hongrie à la fin de la 1ère guerre mondiale, avant la chape de plomb totalitaire et matérialiste qui s’abattit sur elle en 1945.

Les guerres de Yougoslavie sont en cela une illustration de l’utopie, à tout le moins la difficulté du « vivre ensemble » en regard de la « diversité » des modes de vie, des cultures et des spiritualités ou religions des peuples, en l’occurrence les Serbes, les Bosniaques, les Kosovars, les Slovènes, les Croates, etc….

Chris the Swiss, c’est un film qui allie animation, au demeurant assez bonne, et véritable documentaire, pour évoquer l’histoire d’un « grand » cousin de la réalisatrice, qui, en tant que journaliste, au début des années 90, voulut couvrir la guerre serbo-croate, et fut retrouvé mort sous l’uniforme d’une milice étrangère.

L’affaire Benalla nous a en effet appris qu’il est difficile pour un « observateur » de ne pas succomber à la tentation de prendre parti et de s’impliquer dans la bataille ! (le « responsable et coupable », c’est le commanditaire).
Il peut en être de même pour un journaliste.

Je n’ai pas la connaissance et la compétence pour discriminer, dans cet opus, l’ivraie du bon grain, savoir ce qui est conforme à la réalité et ce qui est l’opinion d’Anja Kofmel, ou même pure propagande… Je le regrette et remercie par avance plus savant que moi qui m’éclairera sur ce sujet.

Le propos semble parfois nuancé, disant que les atrocités sont commises des deux côtés, et qu’à la guerre il ne s’agit pas de choisir entre le Bien et le Mal, mais entre « le pire et le moins pire ».

Nous sommes néanmoins en présence, bien évidemment, d’une œuvre « engagée », et je ressens le point de vue anti-religieux et surtout anti-catholique qui « dénonce » en quelque sorte une mainmise de l’Opus Dei sur la Croatie !

Dernière observation, récurrente de ma part : comme dans tout documentaire, l’important est dans le « discours » davantage que dans les « mimiques » de ceux qui parlent. Pourquoi donc, sauf volonté cosmopolite de faire disparaître notre langue, pourquoi nous imposer une VOST qui découpe les phrases en bas de l’écran plutôt qu’une version française plus facile à comprendre et à assimiler ?

Le Pape François : Un homme de parole

A l’affiche : Le Pape François : Un homme de parole, de Wim Wenders, avec… le Pape François

« Et Dieu, dans tout ça ? »… C’est une question que Jacques Chancel avait posé à Georges Marchais, il y a tout juste quarante ans…
Et c’est la question qui m’est venue à l’esprit durant toute la projection du film.

Mais d’abord, étonnons-nous de ce deuxième film sur ce pontificat, toujours en cours, du Pape François, élu il y a seulement cinq ans en 2013. Nous avons déjà vu, effectivement, en 2016 un biopic intitulé La Pape François, réalisé par Beda Docampo Feijôo et Eduardo Giana qui présentait le Cardinal Bergoglio et les conclaves de 2005 et 2013.

N’y a-t-il pas une petite contradiction entre cet homme de Dieu qui affiche l’humilité de St François d’Assise, et qui se met ainsi en scène par deux fois de façon quelque peu hagiographique ?
Est-ce le même Pape qui refuse les chaussures rouges aussi bien que les grosses voitures des défilés officiels, et qui fait dire en voix off qu’ « il fait bouger l’Église », dans ce film que l’on qualifie « sur commande » même s’il n’est pas financé par le Vatican ?

Difficile donc de distinguer le vrai visage de François de celui que veulent lui donner les différents réalisateurs… J’ai en tête le « Je cherche le visage, le visage (…) » que l’on chante maintenant souvent dans les églises.

Le Pape François : Un homme de parole… et effectivement durant tout ce documentaire , on écoute – on lit en VOST – la parole argentine de ce pape qui tantôt s’adresse directement à nous, tantôt discourt devant les foules sur tous les sujets, ou plus exactement sur les sujets sélectionnés par Wim Wenders… car les questions trop politiquement incorrectes ne sont évidemment pas abordées : rien par exemple sur le célibat des prêtres, et quand le film aborde la « culture du déchet » il n’est rien dit des « déchets » d’embryons dans les poubelles des hôpitaux (plus de 210 000 IVG en France en 2017 !)

Non, les sujets abordés sont évidemment la pauvreté et la misère, ils sont la paix, et je me demande si ce sont ceux qui disent « la paix, la paix… » comme d’autres disent « Seigneur, Seigneur… » qui entreront dans le Royaume des cieux…
Bref un discours à la fois légitime et attendu, mais parfaitement bisounours, sans une véritable transcendance… encadré surtout des deux obsessions mondialistes que sont « l’accueil des migrants » et « sauver la planète ».

L’accueil des migrants… Je conçois que le sujet soit délicat en regard de la vertu théologale de charité, mais le Pape ne dit rien du devoir d’aller « enseigner toutes les nations et les bénir au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit »… et au contraire il appelle nos peuples européens, de culture chrétienne à accepter, sans le dire, le Grand Remplacement et l’implantation de l’Islam dans nos pays de chrétienté. Il se félicite par exemple d’un dialogue avec un haut dignitaire musulman au cours duquel « aucun n’a essayé de convertir l’autre ». Le Christ n’est-il donc pas pour lui  « Le Chemin, La Vérité et La vie » ?

« Sauver la planète »… Nous n’entendons pas le Bon Pasteur qui veut sauver l’Homme du feu de l’enfer, mais le leader charismatique qui veut sauver la planète du réchauffement climatique, et la voix off précise que ce n’est pas par hasard si l’encyclique Laudato si’ est sortie quelques mois avant la COP 21. Le journaliste météorologiste Philippe Verdier, licencié depuis de France Télévision, nous avait prévenu dans son livre Climat Investigation : « Ban Ki-moon (alors Secrétaire général de l’ONU – ndlr) vint personnellement à Rome s’assurer que le Saint-Père allait publier son texte suffisamment tôt avant la Conférence de Paris », et Verdier ajoute : «certains passages (sont) copiés-collés de rapports onusiens ».

Bref un discours convenu, souvent d’une grande platitude, dans lequel il y avait à boire et à manger ; mais rendons à François ce qui est à François puisqu’il conclut en citant St Thomas More qui demandait à Dieu la grâce d’une bonne digestion.

Je partage donc avec lui son appel à l’humour et au sourire, comme celui que j’avais en entrant dans cette grande salle de cinéma (180 places) pleine apparemment de toute la paroisse du village où le film était à l’affiche en séance unique… j’ai alors cru qu’on allait nous demander de nous lever avant la projection pour réciter un Notre Père… Ce ne fut pas le cas mais quand même, à la fin de la séance, deux jeunes prêtres en clergymen étaient à la porte pour serrer les mains comme à la fin de la messe.