La Ciociara

Au cinéma Art et Essai, La Ciociara, un film de 1961 réalisé par Vittorio De Sica, avec Sophia Loren et Jean-Paul Belmondo,
d’après le roman éponyme d’Alberto Moravia.

Je n’ai jamais lu le livre, en revanche cette Ciociara est restée gravée dans ma mémoire que j’ai vue, jeune adolescent (trop jeune peut-être) avec la scène de l’agression dans l’église en ruine.
je découvre aujourd’hui que la Ciociarie n’est pas le nom de la femme, mais celui de la région d’Italie où se déroulent les événements au pied du Monte Cassino.
En fait, c’est un scénario ambigu qui nous polarise sur « la paysanne aux pieds nus » (titre français du film), admirablement interprétée par Sophia Loren, avec une scène dramatique, La scène dramatique, qui intervient seulement à la fin.

Un film en tout cas qui me rend mal à l’aise au moment d’en écrire quelques mots – comme je le fais systématiquement de tous les long-métrages que je vais voir depuis près de trois ans.

Un film qui n’est pas à l’honneur de l’armée française, en tout cas du corps expéditionnaire français commandé par le Général Juin.
un film qui peut apparaître aussi comme « raciste » puisque ce sont les soldats marocains, algériens, tunisiens et sénégalais des colonies françaises que l’on désigne comme coupables de ces crimes de guerre dans cette Italie de 1943 envahie à la fois par les Allemands et les Alliés.

Un film, enfin, qui montre une fois de plus, et l’on pense aux Innocentes et l’invasion de la Pologne par les armées soviétiques, que la « Libération » ne fut nulle part une partie de plaisir pour les « libérés»… mais André Figueras n’a-t-il pas écrit quelque part que la libération du territoire fut aussi celle des mauvais instincts, et dans la déclaration qu’il fit à son procès, le Colonel Bastien Thiry n’a-t-il pas dit que « les troupes de Jeanne d’Arc, elles-mêmes… »…

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Un nouveau jour sur terre

A l’affiche, Un nouveau jour sur terre, un film de Peter Webber et Richard Dale.

« Dieu appela la lumière jour et les ténèbres nuit, il y eut un soir, il y eut un matin, et ce fut le premier jour ».
Le cinquième jour, « Dieu dit : Que les eaux grouillent d’un grouillement d’êtres vivants et que des oiseaux volent au-dessus de la terre (…) et il en fut ainsi ».
Le sixième jour, « Dieu dit : Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce  : bestiaux, bestioles, bêtes sauvages selon leur espèce et il en fut ainsi (…) et Dieu vit que cela était bon ».

Après l’excellent Les saisons de Jacques Perrin, en 2016, Un nouveau jour sur terre, un nouvel hymne à la nature, un grand film écolo,  au sens vrai du terme,  car l’écologie c’est d’abord le respect de la création ; un cours de Sciences Naturelles, pardon de SVT, Sciences de la Vie et de la Terre, (c’est  comme ça que ça s’appelle maintenant), à faire voir aux enfants en âge de rester une heure et demi au cinéma. Vous vous demanderez, par exemple, si l’on doit parler des cous ou des coups des girafes. En tout cas la séquence vaut le cou(p)… d’œil.
Bref, un documentaire  animalier magnifique, bien préférable à n’importe quel « docu humanilier » qui serait  forcément plein de repentance et de culpabilisation tellement il faut « sauver la planète ».

Dommage, d’ailleurs, qu’au lieu de la conclusion  qui sent son « politiquement correct », les réalisateurs, et Lambert Wilson qui leur « prête » sa voix, n’aient pas entonné le Cantique des Créatures de Saint François d’Assise :

« Loué sois-tu, mon Seigneur,  avec toutes tes créatures,
Spécialement messire frère Soleil par qui tu nous donnes le jour, la lumière ».

En eaux troubles

A l’affiche, En eaux troubles, un film de Jon Turteltaub, avec Jason Statham (Jonas),
adapté du roman Meg. A Novel of Deep Terror de Steve Alten.

Non, ce film n’a rien à voir avec Macron et Benalla, et le requin n’est pas l’un de ces « financiers qui mènent le monde », comme l’écrivait Henry Coston.
Il s’agit d’un film catastrophe, et il est vrai qu’en ces termes le susnommé se pose là. De même qu’en requin il s’y connaît quand il s’agit de radariser les automobilistes et de csger les retraités.
C’est  un bon film de science-fiction, meilleur que, dans les mêmes eaux et autant que je m’en souvienne, Les dents de la mer, nonobstant qu’ à la fin, trop est un peu trop et le scénario frise le grotesque.

Ce long-métrage met en tout cas à l’honneur le courage et l’abnégation de ceux qui savent prendre des risques et donner leur vie pour les autres. Nous pensons au Colonel Beltrame. Il pose aussi la question cruciale du tout ou rien, prendre la décision dramatique d’abandonner certains pour sauver quelques-uns, ou tous les perdre .
On notera enfin que le héros s’appelle Jonas comme le prophète qui passa trois jours dans le ventre d’une baleine…

Photo de famille

A l’affiche, Photo de famille, une comédie-dramatique de Cécilia Rouaud, avec Jean-Pierre Bacri et Chantal Lauby,  le père et la mère de Gabrielle, Elsa et Mao, respectivement Vanessa Paradis, Camille Cottin et Jean-Pierre Deladonchamps ; avec aussi Marc Ruchmann dans le rôle de Stéphane.

Y a pas photo, c’est quand même un bon film. La bande-annonce ne m’attirait pas particulièrement, mais contrairement à certaine critique que je salue avec amitié, nous ne résistons pas à Bacri. Et, là encore, nous ne le regrettons pas.
Cette Photo de famille est une photo de notre société décomposée. Une société dans laquelle la Famille a été – volontairement –  brisée par un individualisme forcené qui fait vivre chacun pour soi, et tant pis pour les autres. Et ce ne sont pas les Marlène Schiappa de Macron qui vont inverser la tendance.  Au contraire, même le prélèvement à la source contribue à mettre fin au revenu familial destiné à subvenir aux besoins de… précisément… la famille.
Tout y est dans ce long-métrage. Il y a la culture du divorce qui se transmet de génération en génération ; il y a Mao qui vit en paire avec Stéphane ; il y a ces prénoms  – et l’on pense à l’oeuvre de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière  – qui satisfont l’égo des parents, mais que les enfants portent comme un carcan ; il y a les psychos, il y a même ce malheureux couple qui ne tient pas parce qu’il est infertile.
Cette comédie est effectivement dramatique, elle est véritablement une tragédie qui témoigne du déraillement de notre peuple… et l’on observera avec étonnement qu’ils sont tous « de souche  » ; ce film ne comportant pas son quota de « diversité » (?).
Néanmoins, des décombres de cette famille, on retiendra la note d’espoir – d’ « espérance » dirait l’une de mes filles – qui en ressort, puisque au bout du compte – et du conte – les liens du sang demeurent et restent les plus forts.
Cette Photo de famille nous est commentée avec un humour qui n’est pas des plus fins mais qui est vrai et réaliste, sans jamais être au-dessous de la ceinture. On sourit et on rit, et je donne une mention spéciale à la petite scène de Vanessa Paradis dans le métro.
« Familles je vous hais » écrivait André Gide… Faut-il que cette institution soit forte pour que finalement elle résiste, comme ce scénario nous le montre à sa manière.

Mary Shelley

A l’affiche, Mary Shelley, un film britannique de Haifaa Al Mansour, avec Elle Fanning (Mary Shelley), Douglas Booth (Percy Shelley) et Tom Sturridge (Lord Byron).

Pour moi Frankenstein, c’était des films de série B, d’épouvante et d’horreur, pour des cinémas de quartier. Je découvre l’existence de ce roman volumineux vieux de 200 ans, à prétention philosophique, en tout cas psychologique et introspective, quasi autobiographique, racontant le désir de vengeance d’un être rejeté par son créateur. On pourrait dire qu’en écrivant ce livre, Mary Wollstonecraft Godwin « fait (à dix-huit ans) son deuil » de sa mère, morte 11 jours après sa naissance.
C’est la révolte de cette jeune fille de 16 ans qui s’amourache et s’enfuit avec  un homme marié, lequel abandonne femme et enfant.

Ce film nous montre une société intellectuelle individualiste, libérale et libertaire, féministe et gauchisante, soixantehuitarde avant l’heure, (pardon pour cette suite « pléonasmique ») aussi dépravée qu’elle l’est à notre époque avec des Percy Shelley et Lord Byron qui n’ont rien à envier à beaucoup de ceux qui se pavanent sur les plateaux de télévision.
La différence c’est qu’aujourd’hui les révolutionnaires soixantehuitards sont au pouvoir, et leurs chimères dans nos institutions et nos lois : « Il est interdit d’interdire » sauf pour « sauver la planète « , sachant qu’ « il n’y a pas de liberté pour les ennemis de la liberté ».

Alpha

A l’affiche, Alpha, un film d’aventure américain d’Albert Hughes, avec Kodi Smit-McPhee (Keda).

Pour fêter le départ en vacances de notre M. Hulot, cette histoire de chasse tombait à pic, comme ces bisons que poursuivaient nos ancêtres d’il y a 20 000 ans, et ce malheureux Keda.

L’histoire, qui se veut bêtement – c’est le cas de le dire – la Genèse du chien, est cousue de fil blanc, pleine d’invraisemblances, mais riche des grands espaces qui manquent au Dogman, le huis clos, lui aussi canin, vu la veille.
La violence y est différente, celle de la chasse et de la préhistoire, finalement « en même temps » plus et moins animale, mais le regard d’Alpha rappelle celui des clients du toiletteur.
C’est en quelque sorte un nouveau Croc-Blanc pour jeunes adolescents qui ne seraient pas trop sensibles, en tout cas une belle histoire de volonté et de fidélité, un film sain dans un monde brutal qui n’est pas de brutes.

Nous avons d’ailleurs un bon souvenir du Livre d’Éli, du même réalisateur avec son frère Allen.

Dogman

Au cinéma Art et essai, Dogman, un film italien de Matteo Garrone, avec Marcello Fonte (Marcello).

Manifestement, le réalisateur ne savait pas comment conclure son scénario, et la fin du film traine en longueur avec un Marcello qui cherche la pose…
Dommage car ce drame, sur la soumission des faibles, est néanmoins amusant quand les chiens aboient et qu’on passe de leur salon de toilettage à la violence des brutes…

C’est en quelque sorte, mutatis mutandis, l’alliance du Pot de terre et (du) Pot de fer :

Ne nous associons qu’avecque nos égaux,
Ou bien il nous faudra craindre
Le destin d’un de ces pots.