Prendre le large

Prendre le large, un film français de Gaël Morel, avec Sandrine Bonnaire.

« Duc in altum… Va au large »

Volontairement ou non, Gaël Morel nous renvoie à l’évangile de la pêche miraculeuse – « Va au large et jette tes filets » – après laquelle Jésus demande à Simon-Pierre de jeter définitivement lesdits filets pour une nouvelle vie.

C’est Sandrine Bonnaire qui nous a attirés dans ce film où, effectivement, Édith, par deux fois, va Prendre le large pour jeter ses filets.

Un drame sur le scandale des délocalisations d’entreprises qui laissent les employés au port, indemnisés pour pointer au chômage, sauf à se déraciner dans des pays low cost et bas salaires.

Un regard aussi, sans doute conforme, sur la réalité du Maroc d’aujourd’hui avec ses Islamistes et ses « mécréants », ainsi que, face à « l’étrangère », ses bons et ses méchants.

La pêche d’Édith ne sera pas miraculeuse, mais il y a quand même le soleil, la chaleur, la ville blanche de Tanger et la mer bleue, en un mot un pays attachant…

Sur une dernière petite longueur du film, le visage d’une Édith pensive nous apparaît en gros plan et m’a donné à penser que le réalisateur ne savait pas comment terminer son histoire.

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Tout l’argent du monde

Tout l’argent du monde, un thriller, américain, de Ridley Scott, avec Romain Duris, Christopher Plummer, Michelle Williams, Mark Wahlberg et Charlie Plummer.

On le sait, l’argent ne fait pas le bonheur, mais on sait aussi qu’il contribue grandement au bien-être matériel. Je peux donc, pour cette nouvelle année 2018, vous souhaiter, après le Paradis à la fin de vos jours, en monnaies sonnantes et trébuchantes, Tout l’argent du monde.
Ce thriller, quant à lui, ne vaut certes pas tout l’argent du monde, mais n’en est pas moins un bon long-métrage qui retient notre haleine pendant plus de 2 heures. Je n’ai franchement pas de souvenirs de cette affaire Getty en 1973. Elle pose, avec une scène très violente (je me suis caché la tête sous mon manteau), la question grave de la résistance au chantage. Faut-il payer la rançon ? Et se soumettre ainsi à la loi du plus fort ? En mettant son doigt dans un engrenage qui peut ne pas finir et risque au contraire de s’amplifier ?
Mutatis mutandis, je pense au Silence de Martin Scorcese : dois-je céder au chantage, et financer des « terroristes » politiques et/ou mafieux, pour tenter de délivrer mon petit-fils de leurs tortures ? Dois-je apostasier devant les autorités japonaises pour tenter de délivrer des chrétiens de leurs tortures ?

Pour ma part, je « condamne » davantage J.Paul Getty pour son chantage subsidiaire que pour son refus initial de céder au chantage.