Everybody knows (Todos lo saben)

Everybody knows : un drame espagnol de AsgharFarhadi,
avec Pénélope Cruz (Laura, la mère d’Irene), Javier Bardem (Paco), Ricardo Darin (Alejandro, le mari de Laura), Carla Campra (Irene).

Deux films de suite avec le couple Pénélope Cruz / Javier Bardem, Escobar et Every knows, et deux très bons scénarios.

C’est aussi le deuxième long-métrage que je vois de ce réalisateur iranien, mais j’aurais pu ne pas voir Le Client, que mon épouse, pour sa part, avait bien aimé. Ce cinéma-là est d’une autre trempe même si, comme dans le précédent, au-delà de l’histoire policière, Asghar Farhadi veut certainement exprimer des convictions ou, à tout le moins, poser des questions. Alejandro nous explique avoir été personnellement sauvé par Dieu et avoir lui-même sauvé la petite Irene d’un avortement… Au lendemain du Oui irlandais au permis de tuer des innocents, quand on voit la passion de Laura pour sa fille, ce thriller mérite d’autant plus son « ouverture du Festival de Cannes », et ses différentes nominations.

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Escobar

Escobar : un thriller espagnol de Fernando Léon de Aranoa, avec Javier Bardem (Pablo Escobar), Pénélope Cruz (Virginia Vallejo, journaliste), Julieth Restrepo (l’épouse d’Escobar),
d’après le livre « Loving Pablo, Hating Escobar »  de Virginia Vallejo.

« La drogue, ça se vend, mais ça ne se prend pas »… C’est la leçon de Pablo Escobar à son fils, en précisant sur ce sujet de bien écouter Nancy Reagan.

Cartel, en 2013 avec déjà Pénélope Cruz, m’avait paru un mauvais film, compliqué, et j’avais regretté de voir ainsi gâché le sujet intéressant du trafic de drogue au Mexique.
En revanche j’avais apprécié en 2015 un autre film sur ce sujet, Sicario de Denis Villeneuve. De même je recommande vivement aujourd’hui ce biopic sur ce roi colombien de la drogue.

Vous avouerais-je que j’ai (pas mon épouse) pris parti pour lui  pendant les trois premiers quarts du film, jusqu’à ce que sa violence le submerge, et qu’avec ses « collaborateurs », je me demande presque « pourquoi pas moi, demain ? ».

Violence et sexe, mais aussi de l’humour… et surtout de l’Histoire – les années 80 en Colombie –.

D’après ce qu’elle dit, c’est Escobar qui avait demandé à son amante d’écrire son histoire. Qu’il en soit remercié, puisque après elle j’ai envie de répéter : « j’aime Pablo, je hais Escobar ».

Monsieur Je-sais-tout

Monsieur Je-sais-tout, une comédie dramatique de François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard, avec Arnaud Ducret (Vincent Barteau), Max Baissette de Malglaive (Léonard, neveu de vincent), Alice David (Mathilde, médecin) et Caroline Silhol (Françoise Barteau, mère et grand-mère de Vincent et Léo),
adapté du roman d’Alain Gillot, La surface de réparation (Flammarion, 2015).

« un film très bien, très très bien, un film très très bien … »

Monsieur Je-sais-tout… Je ne savais rien de ce film sauf la bande-annonce qui avait tenté mon épouse.

Après la mise en scène de la maladie d’Alzheimer, dans la médiocre Finale, voici un scénario sur l’autisme, et je me rappelle avoir bien apprécié Rain Man, en son temps – 1988 –, avec Dustin Hoffman et Tom Cruize.

Je découvre sur ce sujet l’existence d’une longue série de productions, jusqu’à ce 48ème long-métrage, excellent, émouvant  et, en même temps – comme dit l’autre –, plein d’humour et de bon sens « normal », avec  une mention spéciale pour les réalisateurs qui nous introduisent véritablement dans le cerveau du petit Léo.

Puisque je viens de l’évoquer, et pour en finir avec La Finale, j’y avais retenu l’interprétation de Thierry Lhermitte dans ma liste perso de nominés à l’Oscar du Meilleur Acteur. C’est avec empressement que je fais aujourd’hui monter sur le podium le jeune Max Baissette de Malglave ( il fêtera son dix-huitième anniversaire en juin prochain) pour son interprétation de Monsieur Je-sais-tout.

Le Roi danse

Le Roi danse, un film de l’an 2000 réalisé par Gérard Corbiau, avec Benoît Magimel (Louis XIV), Boris Terral (Lully) et Tchéky Kario (Molière).

J’hésite à commenter ce long métrage de peur de m’attirer les foudres de nombre de mes amis.

Un film présenté aux scolaires dans le cadre d’un projet « Archipel 2018 » centré sur la Danse.

Commençons par dire que certaines scènes sont plus que limites pour les jeunes collégiens.

Selon la présentation qui nous en a été faite, l’idée première de ce film était un biopic sur Lully lui-même, aidé pour ce faire par Philippe Beaussant, de l’Académie Française (« Lully ou le musicien du soleil »)…
mais il serait apparu plus « vendeur » de recentrer le scénario sur Louis XIV.

D’où un film qui apparaît mensonger et diffamateur – la présentation ne mettait pas en garde les spectateurs, dont les scolaires – livrant seulement du monarque l’aspect d’un illuminé aimant, et ne faisant que danser en se donnant en spectacle – Je danse donc Je suis … une image caricaturale très négative, presque malsaine, du Roi-Soleil, une présentation subversivement réductrice du plus grand règne de l’Histoire de France.

Mais ce film montre aussi la mise au pas de la noblesse « attirée à la cour, amusée et ruinée par les fêtes » (comme le disent dans exactement les mêmes termes les dictionnaires historiques de Michel Mourre et Dominique Vallaud !) ; il met parfaitement en scène, avec Tartuffe,  la dramaturgie que l’on qualifierait aujourd’hui d’ « engagée » de Molière, et il raconte l’imbrication ou  la « complétude » du théâtre et de la musique, avec la collaboration des « deux Baptiste » jusqu’à ce que leurs intérêts réciproques ne les opposent.

Un film enfin avec des décors magnifiques et surtout la grande musique de Lully… qu’il serait quand même dommage de ne pas voir.

 

Bakhita, de l’esclavage à la sainteté

Bakhita, de l’esclavage à la sainteté,
un film italien de Giacomo Campiotti, avec Fatou Kine Boye et Fabio Sartor.

Sainte Bakhita, priez pour nous.
Sans doute pourrait-on reprocher à  ce film, en deux parties, d’être trop long s’il était projeté en salles, mais quel distributeur s’y risquerait ? Chez soi, c’est l’équivalent de 2 DVD qui pourraient s’intituler « La petite esclave » suivi de « La conversion de l’esclave ». Commençons donc par nous réjouir de la diffusion de ce long-métrage par le Service public et la chaîne TNT France Ô, canal 19, samedi dernier 24 mars, veille des Rameaux et de l’Annonciation.
Il s’agit d’un biopic d’une petite soudanaise, née en 1869, prise comme esclave par une bande de négriers musulmans qui ont égorgé sa mère sous ses yeux.
Ce film, malgré quelques lourdeurs sur l’acceptation de la différence, montre bien que l’esclavagisme est d’abord un drame et un scandale africo-africain.
Cette esclave sera rachetée par un européen qui la ramènera en Vénétie, où elle découvrira que Jésus est mort sur la croix comme un esclave, par amour des Hommes. Sainte Bakhita, morte en 1947, fut canonisée par le Pape Jean-Paul II en octobre 2000.

Un beau DVD de SAJE Distribution, à offrir à nos enfants ou petits-enfants, à partir de 10/12 ans, pour fêter avec eux  la Résurrection.

L’Apparition

L’Apparition, un drame de Xavier Giannoli, avec Vincent Lindon, Galatea Bellugi, Patrick d’Assumçao, Anatole Taubman et Elina Löwensohn.

 Un très bon film, malheureusement un peu compliqué dans lequel 3 histoires se superposent.

L’atmosphère du lieu de l’apparition, avec les pèlerins et les Marchands du Temple, est admirablement décrite… on s’y croit et, précisément, c’est le problème de la Foi qui est clairement posé : s’il y avait des preuves de l’existence de Dieu, l’Homme n’aurait plus la liberté de croire (ou de ne pas croire)…
Ainsi, il ne peut pas y avoir non plus de preuves indiscutables de la réalité des apparitions… mais seulement un faisceau de présomptions.
Comme le dit très bien Anton – davantage « évangéliste » que catholique, et surtout « grossiste » du Temple – c’est la foule des pèlerins qui donne à ces présomptions leur consistance et finalement influence la décision de l’Église. A ce jour, une commission d’enquête continue de travailler sur les « apparitions » de Medjugorge qui remontent à 1981.

En aucun cas – le film le précise clairement – la « reconnaissance » ou plutôt « l’acceptation » de ces « apparitions » (Lourdes, Fatima, l’Île Bouchard, etc.)  comme du « linceul de Turin » ou la « Tunique d’Argenteuil » ne constituent des dogmes ; elles laissent aux catholiques la liberté d’y croire ou non, à la réserve près que les pèlerinages de papes à Lourdes ou à Fatima donnent à ces deux sanctuaires une place privilégiée dans la dévotion des fidèles.
De même, on n’est pas obligé de croire aux miracles, même si l’on peut s’interroger sur la concomitance entre la sortie de ce film et la reconnaissance d’une nouvelle guérison « surnaturelle » à Lourdes.

Les voies de Dieu sont impénétrables, et ce film arrive à bon escient pour  « interpeller » – comme on dit – notre société française matérialiste d’aujourd’hui, et finalement offrir un chemin possible de conversion.

 

L’Extase et l’Agonie

L’Extase et l’Agonie, une fiction historique de 1966, réalisée par Carol Reed, avec Charlton Heston, Rex Harrison et Diane Cilento.

« Fuori i Barbari !  A la porte les Barbares ! »

Était-ce sa devise ? En tout cas j’ai extrait cette injonction de la notice de présentation de Jules II dans un dictionnaire des Papes publié chez Hachette en 1965.

Effectivement, pour défendre les États Pontificaux, ce Pontife semblait davantage proche de Jésus qui chasse les marchands du Temple, que François, aujourd’hui, porté à tendre la joue gauche.

De même François, à l’instar d’un Président « normal » – et d’autres avant lui -, veut réduire le faste et le décorum à sa plus simple expression, tandis que pour ce Jules, rien n’est trop beau « ad majorem Dei gloriam ».

C’est ainsi que Michel-Ange fut « forcé » de peindre le plafond de la Chapelle Sixtine, ce qui nous vaut cette magnifique fresque cinématographique.

« Est-ce bientôt fini ? » pressionne le Pape, comme un vulgaire patron du CAC 40… « Quand j’aurai terminé » rétorque l’artiste dénonçant déjà les « cadences infernales ». Son travail dura 4 ans de 1508 à 1512.

Ce long-métrage est tiré d’un roman éponyme d’Irving Stone, qui raconte toute la vie de Michel-Ange, d’où une introduction splendide sur l’œuvre de pierre et de marbre de celui qui fut sculpteur avant d’être peintre.

En sortant du « Plus vieux cinéma du monde » où les frères Lumière ont produit leurs premières œuvres, j’ai lu sur un mur cette pensée d’Auguste Lumière : « Le jour où je n’ai pu accroître mes connaissances est un jour perdu pour moi ». Pour ma part, en m’extasiant devant ce film, j’ai gagné ma journée.