Ayka

Art et Essai : Ayka, un film de Sergey Dvortsevoy, avec Samal Yeslyamova.

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Le Kirghizistan, en Asie centrale, est une ancienne république de l’URSS, de langue turque. L’histoire raconte cinq jours de la vie d’Ayka, « sans papier » kirghize, qui vient d’accoucher à Moscou.

Non, je ne vais pas vous faire pleurer sur les migrants et m’indigner sur leur « accueil » chez des marchands de sommeil, à la merci d’une descente de police. D’abord le scénario se passe en Russie, ensuite il montre bien que la mafia qui exploite ces immigrés kirghizes est tout autant kirghize qu’eux.

L’originalité de cette production n’est pas dans le sujet, elle est dans sa réalisation… et pourtant elle est longue, sans doute un tout petit peu trop ; l’actrice n’est pas jolie – elle n’a même aucun charme – ; il ne se passe pas grand-chose, et cela dans la crasse, la misère, la douleur et le sang… des scènes atroces.

Tout pour faire fuir, précisément comme cette jeune femme, dans le froid, sous la neige, au milieu de la circulation bruyante des rues de Moscou, ou encore dans la foule du métro…
Je me suis rarement senti comme cette fois dans l’action ; je n’étais pas spectateur confortablement assis à ma place, mais moi aussi dans la rue ou dans le métro. Quand le portable sonne de façon récurrente, obsédante, moi aussi j’ai eu envie de le prendre et de le fracasser contre le mur.
S’il y a un oscar du bruitage, c’est à Ayka qu’il faut l’attribuer.

Comme la douzaine de personnes qui étaient dans la salle, j’en suis sorti avec des hauts le cœur… un homme a crié : « ce n’est vraiment pas une comédie ».
Sans doute, comme moi, a-t-il couru l’oublier dans un bon whisky avec un glaçon dedans.

Bref un très bon film, mais tellement horrible que je ne le conseille pas, et encore moins aux hommes qu’aux femmes.

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L’Ordre des médecins

Art et Essai : L’Ordre des médecins, un film de David Roux, avec Jérémie Renier (Simon, médecin hospitalier), Marthe Keller (sa mère), Maud Wyler (sa sœur), Zita Hanrot (une interne), Guilaine Londez (Dr Eva Jeantet).

Nul n’est prophète en son pays et, tout médecin qu’il est, et malgré sa famille qui ne croit qu’en lui, le pneumologue Simon ne peut rien contre le cancer de sa mère.

Un film poignant et (clin d’œil aux amis) admirablement servi par de très jolies actrices.

L’intervention

A l’affiche : L’intervention, un film de Fred Grivois, avec Alban Lenoir (le capitaine), Olga Kurylenko (la maîtresse d’école), Michaël Abiteboul (un gendarme, tireur d’élite), Josiane Balasko (qui transmet les ordres de l’Élysée).

L’intervention, c’est une reconstitution libre de la prise d’otages de Loyada à la frontière entre Djibouti et la Somalie, le 3 février 1976.

Le protectorat français de Djibouti date de la fin du Second Empire, sous le nom de Côte française des Somalis, et obtint le statut de Territoire d’Outre-Mer en 1946 ; il décida de rester français lors du référendum de 1958  et encore en 1967, pour devenir le fameux Territoire français des Afars et des Issas dont les députés, la même année, sauvèrent la majorité parlementaire de Gaulle-Pompidou à L’assemblée nationale.

En fait, contrairement à l’ethnie des Afars, celle des Issas voulait se « libérer » de la tutelle française et cette prise en otage d’un bus scolaire entre dans le cadre de leur lutte pour l’indépendance, qui fut proclamée moins d’un an et demi plus tard, le 28 juin 1977… Comme quoi la violence paye !

L’intervention est donc un film de guerre, qui met en présence d’un côté des militants indépendantistes du Front de Libération de la Côte des Somalis (FLCS), de l’autre trois entités distinctes, d’abord un groupe de tireurs d’élite de la gendarmerie nationale, qui deviendra peu de temps après le GIGN, ensuite des paras de la Légion étrangère, et enfin… (j’allais écrire malheureusement)… l’Élysée du Président Giscard d’Estaing.

Ce docu-fiction oppose ainsi la pusillanimité politique et diplomatique du pouvoir central, qui croit tout savoir mieux que les autres et veut tout diriger… de loin…,
à la réalité que vivent les soldats sur le terrain, lesquels auraient d’abord besoin qu’on leur fasse confiance et qu’on leur laisse une véritable liberté de décision et d’action.

L’arrogance du pouvoir central, en effet, ne date pas de Macron !

L’incroyable histoire du Facteur Cheval

A l’affiche : L’incroyable histoire du Facteur Cheval, un film de Nils Tavernier, avec Jacques Gamblin (le Facteur Cheval), Laetitia Casta (Philomène), Bernard Le Coq (Auguste).

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La prochaine fois que nous descendrons du Berry à La Ciotat, nous ferons un crochet par Hauterives pour visiter ce Palais idéal, et voir le tombeau de ce Facteur Cheval.

C’est effectivement une incroyable histoire, et c’est une réalisation magnifique, avec de très belles photos, que nous livrent Nils Tavernier et Jacques Gamblin,  dont il faudra aussi se souvenir au moment des Oscars.

J’avoue que ce nom du Facteur Cheval ne m’était pas inconnu, mais je ne savais rien de ce qu’il recouvrait (s’agissait-il d’un homme… ou d’un cheval ?), rien de cette « architecture naïve » qu’André Malraux imposa aux fonctionnaires du Ministère de la Culture, rien de l’originalité et du génie de ce facteur qui vécut de 1836 à 1924 et inventa le béton armé !

Malgré ses tournées quotidiennes de distribution de courrier à pied sur 33 km, ce biopic de deux heures ne comporte aucune longueur.

A notre époque de passivité et de soumission devant les écrans, ce « documentaire » donne, au contraire, une leçon d’innovation, de travail et d’action, de patience et de persévérance, qui me conduit à penser, une fois de plus, que ce dix-neuvième siècle était sans doute un « grand siècle » avant de succomber dans les tranchées de 14-18.

Un film d’aventure à faire voir aux adolescents.

 

Au bout des doigts

A l’affiche : Au bout des doigts,  un film français de Ludovic Bernard, avec Lambert Wilson (Pierre Geitner), Jules Benchetrit (Mathieu Malinski), Kristin Scott Thomas (« La Comtesse ») et Karidja Touré (Anna)

L’Ascension était un bon film de 2017 au cours duquel Ludovic Bernard a fait escalader l’Everest à un jeune de banlieue.
Au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, aujourd’hui, ce même réalisateur fait monter un jeune délinquant au sommet de la gloire.
Au bout des doigts, c’est pourtant du bout des lèvres, ou plutôt de la plume, que les critiques des quotidiens locaux commentent ce film,  La Provence et surtout Var-matin qui titre « Concerto de fausses notes ».
Eh bien non ! 2019 commence en grande musique avec cette comédie dramatique pleine de  suspense et d’émotion dans laquelle – une fois n’est pas coutume, amusons-en nous – le scénario orchestre joliment la diversité des notes blanches et noires.

Pupille

A l’affiche : Pupille, un film français de Jeanne Herry, avec Gilles Lellouche (Jean, assistant familial), Sandrine Kiberlain (éducatrice), Miou-Miou (coordinatrice), Élodie Bouchez (Alice, mère adoptive), Stefi Celma (assistante médicale).

Pupille, un docufiction très intéressant qui va de l’accouchement sous X jusqu’à l’adoption du bébé, et souligne l’attention portée au bien de l’enfant par les différents acteurs.
Comme par hasard, néanmoins, ceux-ci se félicitent du droit d’adopter donné aux « familles monoparentales » et, en l’occurrence, le nouveau-né sera confié à une femme seule, divorcée sans enfants…
(je croyais que le mot « famille » concernait un ensemble de personnes !)

Ne chipotons pas, ils auraient pu l’attribuer à une paire de même sexe, et regretter, en outre, que la mère biologique n’ait pas choisi l’avortement !

Décidément, Non, ce film n’est pas malsain, et l’on se réjouit, à l’accouchement, d’entendre la sage-femme et les infirmières dire : « c’est un garçon », sans attendre que ce nouvel individu choisisse de lui-même le genre auquel il voudra appartenir !

On rend grâce aussi à la réalisatrice d’avoir mis en scène le besoin d’une mère éprouvé par Théo, tristement « autiste » devant Jean, l’assistant familial qui s’occupe pourtant de lui avec beaucoup d’affection, alors que Mathieu sourit et commence à communiquer avec sa nouvelle maman…

Mais quel « garçon » ne rêverait pas d’être dans les bras d’Élodie Bouchez ?

 

Capharnaüm

Art et Essai : Capharnaüm, un drame de Nadine Labaki, avec Nadine Labaki, Zain Alrafeea et Yordanos Shifera.

« Et toi, Capharnaüm (…) tu seras précipitée jusqu’aux enfers. Car, si les miracles accomplis chez toi l’avaient été à Sodome, elle serait encore là aujourd’hui ».

Pour moi, Capharnaüm, c’est d’abord cette petite ville de Galilée au bord du lac de Tibériade, où Jésus entama sa prédication et accomplit effectivement de nombreuses guérisons comme celle du démoniaque dans la synagogue, ou du fils du centurion qui n’était « pas digne de Le recevoir », ou encore du paralytique dont il « remit les péchés ».

Mais non, ce film se passe au Liban, et ce Capharnaüm relève plus prosaïquement du vocabulaire de maman quand elle pénétrait dans nos chambres d’enfants…

Capharnaüm, c’est une plongée dans la crasse et la misère des bidonvilles de Beyrouth.

Je remercie mon petit-neveu cinéphile, et quasi spécialiste, de m’avoir incité à aller voir ce docufiction sur le procès qu’un enfant intente à ses parents pour l’avoir mis au monde…
A vrai dire, il m’avait caché, ou n’avait pas évoqué, l’autre aspect du scénario, qui m’aurait rebuté, à savoir « la voix des migrants et des sans-papiers »…

Oui, les migrants et les sans-papiers sont des malheureux… Mais, comme le disait Michel Rocard, il n’est pas possible d’accueillir toute la misère du monde… et François Mitterrand évoquait le « seuil de tolérance ». La charité chrétienne, c’est « accueillir l’étranger » au singulier, ce n’est pas favoriser l’invasion de notre pays et la disparition de notre peuple au profit d’un Grand Remplacement.

En revanche le véritable sujet du film « interpelle » à savoir, la responsabilité des parents qui mettent au monde des enfants qu’ils n’ont pas les moyens de nourrir et d’éduquer.
L’alternative est simple, soit le malthusianisme totalitaire que prône le petit Zain, à savoir l’interdiction légale d’enfanter, que l’on imposera alors par tous les moyens (contraception obligatoire, stérilisation, avortement) ; soit s’en tenir d’abord au Tu ne tueras pas qui interdit l’IVG, avant de considérer, très écologiquement, qu’on ne s’oppose pas à la nature et que tout enfant est « don », ce qui conduit à lutter non pas contre la natalité mais contre le sous-développement, et cela s’appelle la re-colonisation !