Le vent de la liberté

A l’affiche : Le vent de la liberté, un film de Michael Bully Herbig.

Je ne l’ai vraiment pas fait exprès, mais il se trouve qu’après deux DVD avec Rithy Pahn dans le Cambodge de Pol Pot, une montgolfière m’a ramené au cinéma en République Démocratique Allemande. Nous y retrouvons la pensée unique (le « politiquement correct ») à laquelle tout le monde a l’obligation d’adhérer, la Stasi qui espionne chacun de nos gestes et de nos propos, les enfants formatés qui dénoncent leurs parents… Bref la liberté interdite aux « ennemis de la liberté ».

Le Mur de Berlin, le « rempart antifasciste » – comme ils l’appelaient – a été construit en 1961, et Mourre comptabilise 79 allemands de l’Est qui furent tués en tentant de le franchir, sans compter ceux qui ont été arrêtés – et sans doute exécutés – en préparant leur évasion…

Un film était déjà sorti, en 1982, La nuit de l’évasion, nous racontant l’histoire des familles Strelzyk et Wetzel qui avaient construit une montgolfière pour passer à l’ouest. Contrairement à mon épouse, je ne crois pas l’avoir vu.

Ce Vent de la liberté est donc un remake sur la persévérance de gens « désespérés » qui bravent tous les dangers pour fuir un enfer socialiste. Cette histoire vraie s’est produite en 1979, dix ans avant la chute du Mur (27 novembre 1989), la réunification de l’Allemagne et l’effondrement de l’Union soviétique (29 décembre 1991)…
De Gaulle avait fait référence – et révérence – au « sens de l’histoire », et notre génération ne croyait pas que ces événements puissent arriver, en tout cas qu’elle les connaîtrait… Comme quoi Maurras avait raison : « Tout désespoir en politique est une sottise absolue ».

On se souvient de Kennedy qui dénonça ce « mur de la honte » : « Ich bin ein berliner » (26 juin 1963).
Je rappellerai aussi Jean-Pax Méfret, le « Chanteur d’Occident , en 1980, dans Véronika :

« A Berlin Est, elle balayait les allées ;
Elle a voulu s’évader ; aujourd’hui il ne reste rien de Veronika…
Un peu de terre, une petite croix de bois
La rose rouge et l’œillet sont fanés près de ce mur droit
de ce mur froid ».

 

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Vice

A l’affiche : Vice, un film américain (VOSTF) d’Adam McKay, avec Christian Bale et Amy Adams (Richard Bruce Chenay, alias Dick Chenay, et son épouse Lynne), Sam Rockwell (George W. Bush), Tyler Perry (Colin Powell), Bill Camp (Gerald Ford).

Le vice, c’est le contraire de la vertu qui est l’aptitude à faire le bien (on notera au passage que le premier est masculin et le second féminin… ça devrait réjouir les féministes !).
Quoiqu’il en soit, on en a suffisamment, ou en tout cas j’en ai suffisamment, pour ne pas aller voir ceux des autres au cinéma.

C’est donc la bande annonce qui nous a attirés.
Parce que vice, c’est aussi selon l’étymologie « ce qui prend la place ».

Connaissez-vous le vice-président de George W. Bush ? Si oui, bravo… si non, c’est sans importance puisque le VP aux USA n’a, constitutionnellement et généralement, aucun rôle.
Ce ne fut pas le cas de Dick Cheney qui négocia sa place.

Américain,  j’aurais voté pour Bush en 2000 contre l’écolo Al gore…
En 2004, aussi, sans doute, en raison de sa position très ferme contre l’avortement (tant qu’on « sanctifiera » cette violence-là, je ferai la guerre aux ennemis sans m’offusquer de leur violence – c’est l’enseignement de la paille et la poutre).

Mais Bush, c’est aussi, hélas, la fake news ou l’infox sur les « armes de destruction massive » de l’Irak et la dramatique intervention militaire américaine qui a eu le résultat que l’on connaît avec  l’Etat Islamique.
Précisément Vice est un biopic de  Dick Cheney, manipulateur d’un Bush qui préside mais ne gouverne pas.
L’Irak, ce serait Dick Cheney bien davantage que Bush…

Bref, un film très intéressant, certes un peu compliqué avec un parti pris « démocrate », mais dans une mise en scène originale, qui mérite d’être vu… et certainement revu (en VF).

Guerrero

Art et Essai : Guerrero, un film franco-mexicain, de Ludovic Bonleux.

 Mon abonnement au cinéma d’Art et d’Essai m’a permis de recevoir une invitation pour, au choix, Cadet d’eau douce ou Guerrero.

« Caramba, encore raté », comme disait le Caporal Diaz dans L’oreille cassée…
Le Cadet d’eau douce, de 1928, muet, avec Buster Keaton, ne tentait pas mon épouse, et nous avons donc choisi cet état mexicain du Guerrero dont nous ignorions et l’existence et le nom… C’est pourtant  le pays de la station célèbre d’Acapulco !

C’est aussi le principal producteur mondial de pavot après l’Afghanistan, et je m’étais imaginé un documentaire sur la guerre entre ou contre les cartels.

En fait il s’agit d’un reportage sur la rébellion populaire, et communisante, qui suivit la disparition à Iguala, en septembre 2014, de 43 étudiants d’Ayotzinapa…
J’avoue n’avoir jamais entendu parler de ce drame (« ou bien j’ai oublié »), et n’en connaître ni les tenants ni les aboutissants… Et, après cette séance, n’en savoir rien de plus…

Malgré beaucoup de bavardages à lire en VOSTF, sans aucune information sur la situation politique, économique et sociale du Mexique et du Guerrero, cette réalisation de près de deux heures ne m’a pas paru être autre chose qu’une œuvre assommante de propagande jouant sur l’émotion pour mobiliser le spectateur.

Imaginez un  réalisateur  qui irait présenter au Mexique, en langue française, sans aucune explication, un  film sur  les ronds-points des Gilets jaunes, les manifs à Paris et en province avec les violences des Blak Blocs et les pillages de casseurs…
C’est l’opération inverse que nous a infligée M. Bonleux !

Pour ma part, j’ai regretté Marcel Amont :

« Un mexicain basané
Est allongé sur le sol,
Le sombrero sur le nez
En guise en guise en guise en guise en guise en guise de parasol».

 

Ayka

Art et Essai : Ayka, un film de Sergey Dvortsevoy, avec Samal Yeslyamova.

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Le Kirghizistan, en Asie centrale, est une ancienne république de l’URSS, de langue turque. L’histoire raconte cinq jours de la vie d’Ayka, « sans papier » kirghize, qui vient d’accoucher à Moscou.

Non, je ne vais pas vous faire pleurer sur les migrants et m’indigner sur leur « accueil » chez des marchands de sommeil, à la merci d’une descente de police. D’abord le scénario se passe en Russie, ensuite il montre bien que la mafia qui exploite ces immigrés kirghizes est tout autant kirghize qu’eux.

L’originalité de cette production n’est pas dans le sujet, elle est dans sa réalisation… et pourtant elle est longue, sans doute un tout petit peu trop ; l’actrice n’est pas jolie – elle n’a même aucun charme – ; il ne se passe pas grand-chose, et cela dans la crasse, la misère, la douleur et le sang… des scènes atroces.

Tout pour faire fuir, précisément comme cette jeune femme, dans le froid, sous la neige, au milieu de la circulation bruyante des rues de Moscou, ou encore dans la foule du métro…
Je me suis rarement senti comme cette fois dans l’action ; je n’étais pas spectateur confortablement assis à ma place, mais moi aussi dans la rue ou dans le métro. Quand le portable sonne de façon récurrente, obsédante, moi aussi j’ai eu envie de le prendre et de le fracasser contre le mur.
S’il y a un oscar du bruitage, c’est à Ayka qu’il faut l’attribuer.

Comme la douzaine de personnes qui étaient dans la salle, j’en suis sorti avec des hauts le cœur… un homme a crié : « ce n’est vraiment pas une comédie ».
Sans doute, comme moi, a-t-il couru l’oublier dans un bon whisky avec un glaçon dedans.

Bref un très bon film, mais tellement horrible que je ne le conseille pas, et encore moins aux hommes qu’aux femmes.

Sérénade à trois

Art et Essai : Sérénade à trois, un film VOST d’Ernst Lubitsch, de 1933, avec Gary Cooper, Miriam Hopkins, Fredric March.

J’hésite à commenter ce film qui commence dans un train et un compartiment dans lequel deux hommes dorment profondément en ronflant. L’atmosphère est ainsi bien  donnée… Oui ce film est soporifique avec la circonstance aggravante de la VOST.
J’étais pourtant allé à cette Sérénade en toute sérénité, puisqu’il était projeté au cinéma Art et Essai de Châteauroux dans le cadre d’un Cycle re(VOIR) intitulé Et ça vous fait rire ?.
Eh bien non, ce marivaudage américain ne m’a pas fait rire, ni même sourire, et j’ai éprouvé le plus grand mal à essayer de lire les dialogues insipides qui défilent au-dessous des images.
Vous avez dit Cycle re(VOIR)… ce sera sans moi.

Colette

A l’affiche : Colette, un film de Wash Westmoreland, avec Keira Knightley (Colette), Dominic West (Willy), Denise Gough (Missy, marquise de Belbeuf).

Colette , née Sidonie-Gabrielle Colette (1873-1954) : une femme de lettres française… Mais le film, en VO, est américain avec un réalisateur britannique !

Un train peut en cacher un autre et, après La Favorite, les héroïnes se suivent et se ressemblent… Vraiment le sujet n’est plus tabou… le lobby étale sa puissance qui nous pousse à demander qui ne l’est pas ?
Moi qui ai fait une longue partie de ma carrière dans l’ancienne propriété et à côté du château construit au XVIIIe siècle par le Marquis de Belbeuf… J’ignorais l’existence de cette Missy !

Je l’ai déjà écrit, j’aime les biopics qui vous font connaître plus intimement – si, en l’occurrence, je peux me permettre ce mot – des personnages dont on connaît seulement le nom et – plus ou moins – l’œuvre.
Pour moi, Colette, c’était un auteur de dictées… de longues phrases avec un vocabulaire choisi pour faire transpirer le blé en herbe dans les collèges. J’ai d’ailleurs aimé revoir dans le film ces cahiers d’écoliers et ces belles pages d’écriture avec des pleins et des déliés… (que je n’ai, personnellement, jamais su reproduire).

Mon épouse se rappelle n’avoir trouvé aucun intérêt à la lecture d’un Claudine, et j’ai appris par elle que à l’école ou à Paris, celle-ci n’était pas un petit livre pour jeunes enfants, ni un personnage du Club des Cinq d’Enid Blyton. Le scénario porte précisément, et seulement, sur la petite quinzaine d’années où c’est son mari (le premier, de 1893 à 1906), Henry Gauthier-Villars dit Willy, qui les signe… Comme quoi l’on peut être bisexuelle et femme soumise…

Un film intéressant pour un personnage qui l’est peut-être un peu moins.

The House that Jack built

Art et Essai : The House that Jack built, un film danois de Lars von Trier, avec Matt Dillon (Jack), Bruno Ganz (Verge), Riley Keough (Simple) et Uma Thurman (femme n°1).

En racontant l’histoire d’un architecte qui construit sa maison,  Lars von Trier aborde la psychologie d’un serial killer.
A vrai dire,  je n’ai pas compris le lien entre l’un et l’autre,  et cette fiction m’a paru, surtout, comme un film d’horreur d’une grande violence, à déconseiller aux âmes sensibles… et aux autres.
J’ai néanmoins ri devant la folie et l’outrance de Jack et, contrairement à mon épouse, j’ai passé une bonne soirée.