Ayka

Art et Essai : Ayka, un film de Sergey Dvortsevoy, avec Samal Yeslyamova.

Résultat de recherche d'images pour "kirghizistan"

Le Kirghizistan, en Asie centrale, est une ancienne république de l’URSS, de langue turque. L’histoire raconte cinq jours de la vie d’Ayka, « sans papier » kirghize, qui vient d’accoucher à Moscou.

Non, je ne vais pas vous faire pleurer sur les migrants et m’indigner sur leur « accueil » chez des marchands de sommeil, à la merci d’une descente de police. D’abord le scénario se passe en Russie, ensuite il montre bien que la mafia qui exploite ces immigrés kirghizes est tout autant kirghize qu’eux.

L’originalité de cette production n’est pas dans le sujet, elle est dans sa réalisation… et pourtant elle est longue, sans doute un tout petit peu trop ; l’actrice n’est pas jolie – elle n’a même aucun charme – ; il ne se passe pas grand-chose, et cela dans la crasse, la misère, la douleur et le sang… des scènes atroces.

Tout pour faire fuir, précisément comme cette jeune femme, dans le froid, sous la neige, au milieu de la circulation bruyante des rues de Moscou, ou encore dans la foule du métro…
Je me suis rarement senti comme cette fois dans l’action ; je n’étais pas spectateur confortablement assis à ma place, mais moi aussi dans la rue ou dans le métro. Quand le portable sonne de façon récurrente, obsédante, moi aussi j’ai eu envie de le prendre et de le fracasser contre le mur.
S’il y a un oscar du bruitage, c’est à Ayka qu’il faut l’attribuer.

Comme la douzaine de personnes qui étaient dans la salle, j’en suis sorti avec des hauts le cœur… un homme a crié : « ce n’est vraiment pas une comédie ».
Sans doute, comme moi, a-t-il couru l’oublier dans un bon whisky avec un glaçon dedans.

Bref un très bon film, mais tellement horrible que je ne le conseille pas, et encore moins aux hommes qu’aux femmes.

Publicités

Sérénade à trois

Art et Essai : Sérénade à trois, un film VOST d’Ernst Lubitsch, de 1933, avec Gary Cooper, Miriam Hopkins, Fredric March.

J’hésite à commenter ce film qui commence dans un train et un compartiment dans lequel deux hommes dorment profondément en ronflant. L’atmosphère est ainsi bien  donnée… Oui ce film est soporifique avec la circonstance aggravante de la VOST.
J’étais pourtant allé à cette Sérénade en toute sérénité, puisqu’il était projeté au cinéma Art et Essai de Châteauroux dans le cadre d’un Cycle re(VOIR) intitulé Et ça vous fait rire ?.
Eh bien non, ce marivaudage américain ne m’a pas fait rire, ni même sourire, et j’ai éprouvé le plus grand mal à essayer de lire les dialogues insipides qui défilent au-dessous des images.
Vous avez dit Cycle re(VOIR)… ce sera sans moi.

Colette

A l’affiche : Colette, un film de Wash Westmoreland, avec Keira Knightley (Colette), Dominic West (Willy), Denise Gough (Missy, marquise de Belbeuf).

Colette , née Sidonie-Gabrielle Colette (1873-1954) : une femme de lettres française… Mais le film, en VO, est américain avec un réalisateur britannique !

Un train peut en cacher un autre et, après La Favorite, les héroïnes se suivent et se ressemblent… Vraiment le sujet n’est plus tabou… le lobby étale sa puissance qui nous pousse à demander qui ne l’est pas ?
Moi qui ai fait une longue partie de ma carrière dans l’ancienne propriété et à côté du château construit au XVIIIe siècle par le Marquis de Belbeuf… J’ignorais l’existence de cette Missy !

Je l’ai déjà écrit, j’aime les biopics qui vous font connaître plus intimement – si, en l’occurrence, je peux me permettre ce mot – des personnages dont on connaît seulement le nom et – plus ou moins – l’œuvre.
Pour moi, Colette, c’était un auteur de dictées… de longues phrases avec un vocabulaire choisi pour faire transpirer le blé en herbe dans les collèges. J’ai d’ailleurs aimé revoir dans le film ces cahiers d’écoliers et ces belles pages d’écriture avec des pleins et des déliés… (que je n’ai, personnellement, jamais su reproduire).

Mon épouse se rappelle n’avoir trouvé aucun intérêt à la lecture d’un Claudine, et j’ai appris par elle que à l’école ou à Paris, celle-ci n’était pas un petit livre pour jeunes enfants, ni un personnage du Club des Cinq d’Enid Blyton. Le scénario porte précisément, et seulement, sur la petite quinzaine d’années où c’est son mari (le premier, de 1893 à 1906), Henry Gauthier-Villars dit Willy, qui les signe… Comme quoi l’on peut être bisexuelle et femme soumise…

Un film intéressant pour un personnage qui l’est peut-être un peu moins.

The House that Jack built

Art et Essai : The House that Jack built, un film danois de Lars von Trier, avec Matt Dillon (Jack), Bruno Ganz (Verge), Riley Keough (Simple) et Uma Thurman (femme n°1).

En racontant l’histoire d’un architecte qui construit sa maison,  Lars von Trier aborde la psychologie d’un serial killer.
A vrai dire,  je n’ai pas compris le lien entre l’un et l’autre,  et cette fiction m’a paru, surtout, comme un film d’horreur d’une grande violence, à déconseiller aux âmes sensibles… et aux autres.
J’ai néanmoins ri devant la folie et l’outrance de Jack et, contrairement à mon épouse, j’ai passé une bonne soirée.

 

Cold War

Art et Essai : Cold War, un film polonais de Pawel Pawlikowski, avec Joanna Kulig (Zula), Thomasz Kot (Wiktor) et Boris Szyc (Kaczmarek).

Les critiques étaient généralement positives mais, moi, je me suis ennuyé en voyant Ida du même réalisateur, en 2014.

Ce ne fut pas du tout le cas pour ce long-métrage dont le début est même magnifique, avec ces chants et ces ballets du folklore polonais.
C’est aussi très intéressant, aujourd’hui, de voir que, sous réserve de l’accompagner d’hymnes à la gloire de Staline et de Lénine, le régime communiste présente des chorales relativement « identitaires » – comme on les dénigrerait dans la novlangue moderne – et peut-être même « racistes », quand Kaczmarek, véritable commissaire politique, déclare telle chanteuse « trop brune, et pas assez slave ».
En regard, l’Europe occidentale s’américanise avec le jazz.

Un film en noir et blanc, agréable à regarder, sans aucune « diversité » dans l’une et l’autre de ces Europe de l’Est et de l’Ouest des années 50, à l’exception naturellement des deux trompettistes américains.

Ce n’est évidemment pas l’objectif de Pawlikowski, mais Attention, à notre époque du Grand Remplacement, on en viendrait presque à regretter la « Pologne stalinienne » !
Je regrette, à ce sujet, quelques raccourcis, pour ne pas dire impasses ou silences (l’écran d’ailleurs devient noir), qui donnent à penser qu’il était facile, par exemple, de passer de Berlin Est à Belin Ouest.

Question : pourquoi ce titre anglo-américain de Cold War ?  Il aurait été plus logique de conserver le nom polonais Zimna wojna ou, mieux encore, de le traduire en français, Guerre froide, d’autant plus qu’il se déroule en partie à Paris.

Chris the Swiss

Art et Essai : Chris the Swiss, un film suisse d’Anja Kofmel, avec Anja Kofmel dans son propre rôle, et Joël Basman (Chris).

Après la chute du communisme les identités se sont réveillées et ont pu imploser, particulièrement dans cette Yougoslavie où, déjà, elles avaient été sans doute ignorées à sa création, lors du dépeçage de l’Empire d’Autriche-Hongrie à la fin de la 1ère guerre mondiale, avant la chape de plomb totalitaire et matérialiste qui s’abattit sur elle en 1945.

Les guerres de Yougoslavie sont en cela une illustration de l’utopie, à tout le moins la difficulté du « vivre ensemble » en regard de la « diversité » des modes de vie, des cultures et des spiritualités ou religions des peuples, en l’occurrence les Serbes, les Bosniaques, les Kosovars, les Slovènes, les Croates, etc….

Chris the Swiss, c’est un film qui allie animation, au demeurant assez bonne, et véritable documentaire, pour évoquer l’histoire d’un « grand » cousin de la réalisatrice, qui, en tant que journaliste, au début des années 90, voulut couvrir la guerre serbo-croate, et fut retrouvé mort sous l’uniforme d’une milice étrangère.

L’affaire Benalla nous a en effet appris qu’il est difficile pour un « observateur » de ne pas succomber à la tentation de prendre parti et de s’impliquer dans la bataille ! (le « responsable et coupable », c’est le commanditaire).
Il peut en être de même pour un journaliste.

Je n’ai pas la connaissance et la compétence pour discriminer, dans cet opus, l’ivraie du bon grain, savoir ce qui est conforme à la réalité et ce qui est l’opinion d’Anja Kofmel, ou même pure propagande… Je le regrette et remercie par avance plus savant que moi qui m’éclairera sur ce sujet.

Le propos semble parfois nuancé, disant que les atrocités sont commises des deux côtés, et qu’à la guerre il ne s’agit pas de choisir entre le Bien et le Mal, mais entre « le pire et le moins pire ».

Nous sommes néanmoins en présence, bien évidemment, d’une œuvre « engagée », et je ressens le point de vue anti-religieux et surtout anti-catholique qui « dénonce » en quelque sorte une mainmise de l’Opus Dei sur la Croatie !

Dernière observation, récurrente de ma part : comme dans tout documentaire, l’important est dans le « discours » davantage que dans les « mimiques » de ceux qui parlent. Pourquoi donc, sauf volonté cosmopolite de faire disparaître notre langue, pourquoi nous imposer une VOST qui découpe les phrases en bas de l’écran plutôt qu’une version française plus facile à comprendre et à assimiler ?

Le Pape François : Un homme de parole

A l’affiche : Le Pape François : Un homme de parole, de Wim Wenders, avec… le Pape François

« Et Dieu, dans tout ça ? »… C’est une question que Jacques Chancel avait posé à Georges Marchais, il y a tout juste quarante ans…
Et c’est la question qui m’est venue à l’esprit durant toute la projection du film.

Mais d’abord, étonnons-nous de ce deuxième film sur ce pontificat, toujours en cours, du Pape François, élu il y a seulement cinq ans en 2013. Nous avons déjà vu, effectivement, en 2016 un biopic intitulé La Pape François, réalisé par Beda Docampo Feijôo et Eduardo Giana qui présentait le Cardinal Bergoglio et les conclaves de 2005 et 2013.

N’y a-t-il pas une petite contradiction entre cet homme de Dieu qui affiche l’humilité de St François d’Assise, et qui se met ainsi en scène par deux fois de façon quelque peu hagiographique ?
Est-ce le même Pape qui refuse les chaussures rouges aussi bien que les grosses voitures des défilés officiels, et qui fait dire en voix off qu’ « il fait bouger l’Église », dans ce film que l’on qualifie « sur commande » même s’il n’est pas financé par le Vatican ?

Difficile donc de distinguer le vrai visage de François de celui que veulent lui donner les différents réalisateurs… J’ai en tête le « Je cherche le visage, le visage (…) » que l’on chante maintenant souvent dans les églises.

Le Pape François : Un homme de parole… et effectivement durant tout ce documentaire , on écoute – on lit en VOST – la parole argentine de ce pape qui tantôt s’adresse directement à nous, tantôt discourt devant les foules sur tous les sujets, ou plus exactement sur les sujets sélectionnés par Wim Wenders… car les questions trop politiquement incorrectes ne sont évidemment pas abordées : rien par exemple sur le célibat des prêtres, et quand le film aborde la « culture du déchet » il n’est rien dit des « déchets » d’embryons dans les poubelles des hôpitaux (plus de 210 000 IVG en France en 2017 !)

Non, les sujets abordés sont évidemment la pauvreté et la misère, ils sont la paix, et je me demande si ce sont ceux qui disent « la paix, la paix… » comme d’autres disent « Seigneur, Seigneur… » qui entreront dans le Royaume des cieux…
Bref un discours à la fois légitime et attendu, mais parfaitement bisounours, sans une véritable transcendance… encadré surtout des deux obsessions mondialistes que sont « l’accueil des migrants » et « sauver la planète ».

L’accueil des migrants… Je conçois que le sujet soit délicat en regard de la vertu théologale de charité, mais le Pape ne dit rien du devoir d’aller « enseigner toutes les nations et les bénir au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit »… et au contraire il appelle nos peuples européens, de culture chrétienne à accepter, sans le dire, le Grand Remplacement et l’implantation de l’Islam dans nos pays de chrétienté. Il se félicite par exemple d’un dialogue avec un haut dignitaire musulman au cours duquel « aucun n’a essayé de convertir l’autre ». Le Christ n’est-il donc pas pour lui  « Le Chemin, La Vérité et La vie » ?

« Sauver la planète »… Nous n’entendons pas le Bon Pasteur qui veut sauver l’Homme du feu de l’enfer, mais le leader charismatique qui veut sauver la planète du réchauffement climatique, et la voix off précise que ce n’est pas par hasard si l’encyclique Laudato si’ est sortie quelques mois avant la COP 21. Le journaliste météorologiste Philippe Verdier, licencié depuis de France Télévision, nous avait prévenu dans son livre Climat Investigation : « Ban Ki-moon (alors Secrétaire général de l’ONU – ndlr) vint personnellement à Rome s’assurer que le Saint-Père allait publier son texte suffisamment tôt avant la Conférence de Paris », et Verdier ajoute : «certains passages (sont) copiés-collés de rapports onusiens ».

Bref un discours convenu, souvent d’une grande platitude, dans lequel il y avait à boire et à manger ; mais rendons à François ce qui est à François puisqu’il conclut en citant St Thomas More qui demandait à Dieu la grâce d’une bonne digestion.

Je partage donc avec lui son appel à l’humour et au sourire, comme celui que j’avais en entrant dans cette grande salle de cinéma (180 places) pleine apparemment de toute la paroisse du village où le film était à l’affiche en séance unique… j’ai alors cru qu’on allait nous demander de nous lever avant la projection pour réciter un Notre Père… Ce ne fut pas le cas mais quand même, à la fin de la séance, deux jeunes prêtres en clergymen étaient à la porte pour serrer les mains comme à la fin de la messe.