La mécanique de l’ombre

La mécanique de l’ombre, un film d’espionnage de Thomas Kruithof avec François Cluzet et Denis Podalydès.

« La France est de retour »…. Si mes souvenirs sont exacts, après l’ « America is back » de Ronald Reagan, c’était un slogan du Front national et de Jean-Marie Le Pen dans les années 1984-1985… et, comme par hasard, c’est le slogan du candidat à l’élection présidentielle au profit duquel travaillent – violemment – les « méchants » espions du film. Une histoire compliquée qui consiste à retarder une libération d’otages pour la mettre à l’actif du président qui sera élu. Cela rappelle aussi, me semble-t-il, plusieurs campagnes présidentielles précédentes.

Mais ce scénario, à vrai dire, est sans importance car ce qui fait l’intérêt du film, c’est l’engrenage, la « mécanique » dans laquelle Duval se trouve aspiré.

L’avouerais-je, à l’origine, c’est François Cluzet qui m’a donné envie de voir ce thriller… et, malgré quelques invraisemblances, je ne le regrette pas.

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Primaire

Primaire, une comédie dramatique de Hélène Angel avec Sara Forestier, Vincent Elbaz et Guilaine Londez

Il y a urgence à voir ce film :
Primaire, le mot est encore à la mode qui risque de ne pas durer après la Val(l)se, benoîte, attendue ce soir de ce qui reste du hollandisme, et le fi(llon)asco en cours de la « droite et du centre »…

La bande annonce ne m’avait pas attiré ; je n’en ai lu ni entendu aucune critique, et je m’attendais à un film gauchisant glorifiant l’école de Peillon-Hamon-Bel Kacem. Je n’y serais donc pas allé si une cousine ne m’avait écrit l’avoir vu avec intérêt. Je l’en remercie chaleureusement.

Gauchisant, il l’est avec sa morale bisounours où chacun a à apprendre de l’autre : le professeur apprend autant de l’élève que l’élève du professeur  (c’est pour cela qu’on a supprimé les estrades après Mai 68) ;
il l’est davantage encore quand le professeur explique à ses élèves qu’elle est là pour arracher l’enfant à tous les déterminismes…

Mais il y a aussi dans ce film une attaque du pédagogisme,  d’abord avec le recours à la méthode Boscher pour apprendre à lire à un enfant en difficulté, ensuite avec une critique du nouveau vocabulaire, et encore ce film est-il déjà daté qui ne connaît pas le prédicat !
Surtout ce film nous montre-t-il une image sans fioriture des dégâts causés à l’école et chez les enfants par notre société déboussolée et nos familles décomposées.

Je n’ai a priori pas beaucoup d’empathie pour la gente enseignante à qui je reproche globalement le gauchisme évoqué plus haut, mais précisément ce film permet d’avoir un autre regard sur la détresse de ces maîtresses jetées dans la cage aux fauves.
Mon petit-fils avait l’autre jour un travail sur « Noël et les gestes de solidarité »… Eh bien c’est faire un geste de solidarité et de compassion à l’égard des professeurs que d’aller voir Primaire.

 Pour se remonter le moral, à la sortie du film, mon épouse chantait du Brassens :

« La maîtresse avait des méthodes avancées :
Au premier de la class’ ell’ promit un baiser ».

October Baby

October Baby, un drame de Erwin Brothers avec Rachel Hendrix.

Un film de 2011 qui n’est pas distribué en France, que j’ai vu en projection privée.

Un film disponible aujourd’hui seulement en DVD, mais tellement politiquement incorrect qu’il n’est pas sûr que l’on puisse se le procurer demain, en tout cas que l’on puisse en parler sur internet, comme je suis en train de le faire, sans tomber sous le coup de la loi d’ « entrave numérique à l’IVG ».

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, l’histoire d’une jeune fille « rescapée d’un avortement »…

Malheureusement un film américain qui pêche par manque d’intimisme… Il me semble qu’un huis-clos aurait mieux convenu. C’est donc le sujet qui porte le film et non le film qui porte le sujet, les sujets d’ailleurs car se pose la question de la vérité due aux enfants… Comment et quand leur dire ce qu’ils finiront inéluctablement par apprendre ?

On pense à Fais de beaux rêves et la nécessité de leur parler pour qu’ils fassent leur deuil et qu’ils se reconstruisent.

Mais on pense aussi à Frantz et la nécessité, quand on sait, de pardonner pour se reconstruire.

L’Économie du couple

L’Économie du couple, un drame de Joachim Lafosse avec Bérénice Béjo, Marthe Keller et Cédric Kahn.

J’avais déjà bien aimé l’an dernier Les chevaliers blancs du même réalisateur. A nouveau j’ai aimé ce film, davantage d’ailleurs que mon épouse et pour les mêmes raisons.

Curieusement, j’avais eu la veille un échange téléphonique sur ce sujet précis que le pape François appelle « la culture du déchet, qui affecte aussi bien les personnes exclues que les choses, vite transformées en ordure » (Laudate si’, §22). Autrefois on essayait de réparer (les objets, les machines, les discordes), aujourd’hui on jette… C’est ce que dit de façon parfaitement juste la mère de Marie à sa fille, qui explique, elle, à ses amis qu’elle a beaucoup aimé son concubin (depuis 15 ans !) mais qu’aujourd’hui il l’insupporte. Un film d’un réalisme cru avec les malheureuses victimes que sont les deux petites jumelles, témoins des disputes et des cris de leurs parents. Il y a, paraît-il, des longueurs, des gros plans interminables, qui ne m’ont personnellement pas heurté tellement j’étais angoissé par l’avenir du couple, avec l’espoir d’une happy end.

Je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler la fin, mais il s’en est fallu de peu que j’écrive : « il aurait été dommage de ne pas le voir ».

 

Fais de beaux rêves

Fais de beaux rêves, un drame de Marco Bellocchio avec Bérénice Béjo,
d’après un livre autobiographique – Fais de beaux rêves, mon enfant – de Massimo Gramellini

Fais de beaux rêves, est-ce une incitation, presque inutile, à s’assoupir pendant que le journaliste, dont on nous raconte l’histoire, fait son métier ? Car, en effet, la partie centrale du film – qui dure quand même 2H10 ! – semble être du remplissage, totalement « hors sujet » par rapport à la question posée par le réalisateur, et sans doute le livre lui-même que je n’ai pas lu (et que je ne lirai pas).

« Faire son deuil pour se reconstruire »… J’ai l’impression qu’il s’agit d’une question nouvelle de ce début de siècle dont on ne parlait pas autrefois… C’est en tout cas le véritable sujet du drame vécu par Massimo : que faut-il dire aux enfants en présence de la mort et donc de l’absence d’un être cher ? La question est bien posée mais aurait pu être mieux traitée en élaguant Sarajevo et un grand nombre de flashbacks sur Belphégor.

Cette série de 1965 n’entre d’ailleurs pas dans ma « culture » perso, et j’en connais à peine le nom, puisque c’est seulement après Mai 68 que la télévision est entrée dans la maison de mes parents !

Bref, si le réalisateur s’était contenté du début et de la fin de son scénario, cela aurait pu être un bon film.

Dalida

Dalida, un biopic de Lisa Azuelos avec Sveva Alviti, Jean-Paul Rouve et Niels Schneider.

Pour moi, Dalida c’est Bambino, quand je passais de l’enfance à l’adolescence, aussi je me réjouissais d’une excellente soirée, pleine de  nostalgie, à réécouter ce répertoire.

J’étais sans doute trop jeune à ses débuts, et puis après l’actualité people ne m’a jamais intéressé, partant j’ignorais tout de la vie tumultueuse de Dalida et j’ai donc découvert au cinéma celle d’une nymphomane.
– « Ah, qu’en termes galants, ces choses-là sont dites !  ».

Ainsi, au lieu du récital auquel je m’attendais, j’ai assisté à un drame… le drame (3 suicides, 1 accident (?) mortel, 1 avortement, la solitude) qui accompagne et conclut l’hédonisme et l’égoïsme de la chanteuse dont le succès immédiat, sur une chanson pourtant relativement médiocre,  a dû « monter à la tête » comme le lui dit justement le jeune patron d’Europe I, Lucien Morisse, son premier mari – au demeurant assez égoïste lui aussi -.

La prestation de Sveva Alviti est éblouissante et on se laisse charmer par la voix en playback de Dalida y compris dans « Je suis malade »…

Sans doute aurait-elle pu chanter du Jacques Brel : « On se retrouve seul (e) ».

3000 nuits

3000 Nuits, un drame de Maï Masri avec Maisa Abd Elhadi

Le titre fait écho, à ce que j’ai entendu, aux contes des Mille et Une Nuits !  J’avoue ne pas voir le lien entre Schéhérazade promise au lit du roi de Perse et la malheureuse Layal détenue pendant huit ans dans une prison israélienne au milieu de « Droit commun » et de prisonnières politiques palestiniennes, dans les années 80, à la veille des événements de Sabra et Chatila.

Il s’agit en fait d’un « documentaire » militant pour la cause palestinienne.

Tout autre commentaire risquerait de tomber sous le coup de la loi.