Jour de fête

Jour de fête, une comédie de Jacques Tati avec Jacques Tati

C’était la dernière séance de Knock avec l’intouchable trappiste (de père sénégalais et de mère Mauritanienne, Omar Sy est né à Trappes) ; c’était aussi l’unique séance du Jour de fête de Jacques Tati.

Bien que l’ « acteur, humoriste » figure, selon l’IFOP, dans la liste des « personnalités préférées des Français », j’ai pensé rire de meilleur cœur en choisissant Jacques Tati !

Ce Jour de fête, en outre, ne méritait-il pas ma préférence de Berrichon, qui a été tourné en 1947, l’année de ma naissance, à Sainte-Sévère-sur-Indre,  à 40 minutes de mon domicile ?

Un bon film burlesque, plein d’enfants bien de chez nous, qui courent partout, au milieu des animaux de la ferme, dans une campagne vivante et heureuse.

Un film qui « (nous) parle d’un temps… » et d’ « un pays qui n’existe (presque) plus ».

Bref, une leçon d’Histoire, dont le DVD ne pourra que faire la joie des enfants (et de leurs parents).

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Au revoir là-haut

Au revoir là-haut, une comédie dramatique d’Albert Dupontel, avec Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Niels Arestrup, Émilie Dequenne

Bonjour

Commençons par dire que je n’ai pas lu ce Goncourt de Pierre Lemaître en 2013, et que je ne connaissais donc rien de cette histoire.

J’avais vu la bande-annonce annonciatrice d’un film déjanté… On n’est donc pas trompé sur la marchandise, mais le casting, notamment Niels Arestrup, m’attirait, et j’avais donc programmé de le voir bien avant d’en avoir lu une critique, que je qualifie de dithyrambique – et j’en demande pardon à son auteur – dans Présent.

Regrettons enfin qu’Albert Maillard raconte son histoire à mi-voix avec une bande-son par ailleurs bruyante, ce qui ne permet pas de tout entendre.

Quelle image de 14-18 ce film donne-t-il, en cette troisième année du centenaire, avec un lieutenant assassin – il tire lui-même dans le dos de ses soldats – qui organise à la veille de l’armistice, contre les instructions reçues de sa hiérarchie, une dernière bataille qui décimera les poilus sous ses ordres : « Mourir le premier jour de la guerre, c’est con, mais mourir le dernier jour, c’est encore plus con » dira à juste titre Albert Maillard.

Oui, c’est un bon film en ce sens que le début et la fin prennent aux tripes (la partie centrale est un peu longue) ; mais un scénario qui ne reflète – chère Caroline Parmentier – aucun hommage aux « gueules cassées » et je crains, bien au contraire,  un certain antimilitarisme ainsi peut-être qu’une volonté de salir la France et les Français avec des escroqueries d’après-guerre…

Il est vrai que dénoncer des « produits dérivés » de la Grande Guerre permet de taire ceux de la dernière.

Au revoir…

PS : en toute amitié, Caroline.

The Square

The Square, une comédie dramatique de Ruben Östlund avec Claes Bang.

J’y allais les yeux fermés… et j’ai eu tort de les ouvrir.

J’y allais les yeux fermés tellement les critiques auxquels je fais confiance en avaient écrit ou dit le plus grand bien !   Ma seule réserve provenait de la VOST, et mon épouse m’a dit à la dernière minute qu’un film « suédois » risquait de n’être pas fait pour moi.

Il ne l’était pas pour elle, non plus, car nous en sommes sortis, l’un et l’autre, pour le moins très déçus et, pour parler vrai, sans avoir compris ce que le réalisateur avait voulu nous dire…  Bref un film trop intellectuel pour nos pauvres petites têtes.

Je savais, d’après les commentaires, qu’il s’agissait d’une satire de l’art contemporain, et je m’en faisais une fête. J’avais en effet beaucoup aimé sur ce sujet la pièce Art de Yasmina Reza autour d’une « peinture » dont on a « éliminé forme et couleur », « une toile blanche, avec de fins liserés blancs transversaux »…  Pensez… « un Antrios des années soixante-dix » !     Bref, « une merde blanche » selon le mot d’Yvan, que ni lui ni Marc ne sont « dignes de regarder ».

The Square, ce n’est pas « un panneau blanc » mais un « carré » sur le sol, dont nous n’étions sans doute, Anne et moi non plus, « pas dignes ».

Dommage car il y avait certainement les ingrédients d’un très bon film avec… des tas de graviers et des pyramides de chaises… un « discours » sur l’entraide et la solidarité lorsque les passants ont les yeux rivés sur leurs Smartphones… un autre sur la liberté d’expression ou la censure d’une vidéo violente destinée à « faire le buzz »…  le tout couronné d’un Ave Maria !

Peut-être trop de thèmes dans un long trop long-métrage (2H1/2), en tout cas trop compliqué pour moi.

 

La pourpre et le noir

La Pourpre et le Noir, un film de 1983 réalisé par Jerry London avec Gregory Peck.

Basé sur des faits réels ce film retrace l’action de Monsignore O’Flaherty, un prêtre irlandais au Vatican qui va, de 1943 jusqu’à la libération de Rome, créer un réseau afin de protéger de la Gestapo plusieurs milliers de prisonniers de guerre évadés et de juifs.

Un film à faire voir à tous ceux qui mentent, ou qui ne savent rien de la position de l’Église et de Pie XII face au nazisme.

Il met en scène la neutralité officielle du Vatican qui permet de maintenir en pleine guerre la présence de l’Église, et la solitude du prêtre qui ne doit pas trahir cette neutralité sans abandonner tous ceux qui viennent rechercher l’assistance divine.

Mutatis mutandis, ce film m’a fait penser au Silence de Martin Scorsese sur l’évangélisation du Japon au XVIIe siècle

Faute d’amour

Faute d’amour, un film russe d’Andreï Zviaguintsev.

Après  Mon garçon, de Christian Carion avec Guillaume Canet, un autre long-métrage sur les enfants du divorce !

Deux histoires qui débutent de façon identique mais traitées très différemment.

Ais-je le droit de me citer, mais comment ne pas reprendre ce que je disais de ce premier film :   « chacun, du mari et de la femme, a « retrouvé quelqu’un », chacun « refait sa vie »… Et l’enfant dans tout ça ?

A une époque où, au moindre accident, on met en place une « cellule psychologique », quelle cellule psychologique pour l’enfant dont la cellule familiale ne dure pas plus qu’un CDD ?»

Dans les deux scénarios on constate « l’absence » de la police. C’est d’une part l’investissement individuel, personnel, du père de Mon garçon, d’autre part le déploiement collectif du Groupe de Recherche des Enfants Disparus (GRED), qui portent ces drames. Mais si, dans une réalisation pudique, Guillaume Canet prend très violemment conscience de sa paternité, le réalisateur russe, quant à lui, dénonce le Faute d’amour en mettant en scènes très scabreuses, dans toute leurs nudités, la recherche de jouissance et l’égoïsme des parents d’Aliocha. A leurs « chacun pour soi », avec une vulgarité soulignée par un vocabulaire ordurier, s’oppose la solidarité active et gratuite des membres du GRED, dont je me demande s’il est un héritage, heureux, du collectivisme soviétique !

Bref, une œuvre finalement très noire, très pessimiste, le contraire d’un conte de fées, oppressante, mais néanmoins excellente.

L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat

Il s’agit de l’extrait de l’article.

Berrichon par mon père, je suis provençal par ma mère, et précisément de La Ciotat. Mon grand-père en a été l’un des historiens, et son arrière-arrière-grand-père, mon quiquisaïeul, y fut Procureur du Roi avant d’en devenir maire. Cette ville est, dit-on, le « berceau du cinéma », qui possède le « plus vieux cinéma du monde ». C’est donc tout naturellement que j’ouvre ce « blog » avec le premier film, ou presque, des frères Lumière.
Dans l’Avant-propos de son Dictionnaire passionné du cinéma, Laurent Dandrieu (Valeurs actuelles) commence par citer François Truffaut : « Tout le monde a deux professions : la sienne, et critique de cinéma ». Je n’ai personnellement aucune culture cinématographique, je ne suis certainement pas cinéphile, aussi je me garderais bien de qualifier de « critiques » les propos qui vont suivre. Cinéphile, non, mais « cinéphage » sans doute avec, depuis deux ans, plus de deux films par semaine.
Laurent Dandrieu, toujours lui, dit que « le cinéma (…) est un moyen de communication, qui vise à transmettre au spectateur des émotions, de sujets d’émerveillement, de colère, de réflexion, d’empathie ou d’indignation ». Eh bien, ce sont effectivement ces « émerveillements » ou ces « empathies » – parfois… ces « colères » ou ces « indignations » – souvent… en tout cas toujours ces « réflexions », que je transcris d’abord pour moi-même, et que j’ose vous communiquer.
Puissiez-vous y voir, lorsque mes lignes vous choqueront, l’expression légitime de ma liberté du même nom !

Gauguin – Voyage de Tahiti

Gauguin – Voyage de Tahiti, un biopic d’Édouard Deluc avec Vincent Cassel et Tuheï Adams

Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, je n’ai aucun sens artistique, je n’ai bénéficié d’aucune éducation en ce domaine et je ne peux que déplorer mon manque de culture.

Hormis, peut-être, quelques impressionnistes, les noms de peintres – même les plus prestigieux – ne sont généralement pour moi que des noms, et je serais bien incapable de citer l’une de leurs œuvres !

Je n’éprouve d’ailleurs rien à les voir, et la contemplation m’est étrangère.

Je me garderais bien d’acheter un tableau ne sachant pas distinguer une « croûte » d’un chef-d’œuvre.

Alors, pourquoi aller voir Gauguin au cinéma ?

C’est sans doute faire usage de ma retraite pour me « rééduquer », essayer de mettre un visage ou plutôt une tranche de vie derrière un nom et, puisqu’ il s’agit  de peinture, ripoliner mon inculture, vernisser mon ignorance. En ce sens ce film m’a intéressé.

Avouerais-je que j’ai été déçu par les photos de la Polynésie où j’imaginais des paysages beaucoup plus idylliques et paradisiaques !

De nombreux films se distinguent par leur beauté – le dernier en date est L’École buissonnière – ; il est curieux que ce ne soit pas le cas de ce film sur Gauguin et Tahiti !