The Rider

The Rider, un film (VOST) de Chloé Zhao, inspiré de l’histoire vraie de Brady (the rider), dans son propre rôle.

Encore un film qui donne à panser…
J’avais déjà osé cette plaisanterie stupide à propos du Caravage que l’on peut, sans regret, ne pas avoir vu, pour ne pas dire qu’on peut regretter de l’avoir vu. Le titre ne le dit pas, ce Caravage était le nom donné (cavalièrement) à un cheval dont les exercices quotidiens avaient été peints dans un documentaire, réalisé par un certain Alain Cavalier (ça ne s’invente pas).

The Rider, en effet, me fait penser à nombre de ces productions qui, depuis Crin-Blanc, mettent en selle des chevaux, et je reverrais avec plaisir Le cheval de guerre de Spielberg en 2012, ou En équilibre réalisé en 2015 par Denis Dercourt.

En équilibre, précisément, c’est le pari permanent du Rider, un dresseur de chevaux.
Ce docufiction n’est pas l’histoire d’amour à laquelle je m’attendais, la passion de l’homme pour son cheval, c’est un drame sur l’addiction, l’addiction du rodéo.

Un film sombre dans les deux sens du terme puisque même les photos d’un paysage grandiose du Dakota du Sud manquent totalement de lumière… Un film particulièrement pessimiste avec 4 personnages principaux : le Rider, d’abord, qui a subi un traumatisme crânien suffisamment grave pour lui interdire, raisonnablement de recommencer ; l’ami du Rider, handicapé à vie sur une chaise roulante ; Gus, un beau cheval blanc qui fut vendu, et Apollo, enfin, l’autre cheval dont la jambe à vif a nécessité de l’abattre.

L’une de mes filles est une bonne cavalière qui passe ses week-end et ses congés à chevaucher. Je ne crois pas devoir lui recommander ce long-métrage qui est, malheureusement, trop long (et lent) pour être bon.

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Red sparrow

Red sparrow, un film d’espionnage américain de Francis Lawrence, avec Jennifer Lawrence (Dominika), Matthias Schoenaerts (l’oncle), Charlotte Rampling (Matron), Joel Edgerton (Nake Nash) et Mary-Louise Parker (Stéphanie Boucher).

J’évoquais la Môme Moineau à propos de Lady Bird… nous y voilà presque aujourd’hui avec ce moineau rouge, Red sparrow, adapté du premier roman d’un ancien agent secret, Jason Matthews.

J’ai toujours peur de m’ennuyer, et même de m’empoisonner, en allant voir des films d’espionnage auxquels souvent je ne comprends rien, mais – May, comme dirait Theresa – celui-ci n’est-il pas d’actualité en pleine affaire Skripal quand, faute de savoir gouverner leurs pays respectifs, les dirigeants politiques occidentaux s’efforcent de « réinventer » la guerre froide… et peut-être pire. Est-ce un hasard, d’ailleurs, si le méchant oncle de l’héroïne a un faux air de Wladimir Poutine ?

J’avoue aussi qu’Arthur de Watrigant, de la revue L’incorrect et TV Liberté, avait retenu mon attention en comparant le décolleté des moineaux à des ceintures d’explosif…

« Mais faut dir’ qu’je m’étais crevé les yeux
En regardant de trop près son corsage… »
(Georges Brassens)

Un thriller violent et érotique mais de bonne facture, dont les rebondissements retiennent l’intérêt pendant deux heures vingt au cours desquelles on ne cesse de se demander qui trahit qui ?… Et il n’est pas sûr que l’on puisse y apporter une réponse.

Il Figlio, Manuel

Il Figlio, Manuel, un drame social italien (VOST) de Dario Albertini, avec Andrea Lattanzi (Manuel) et Francesca Antonelli (la mère).

Certes  notre nouvel Emmanuel (Macron) n’est pas l’Emmanuel…. mais il ne me fait pourtant pas regretter l’autre Manuel (Valls) – et réciproquement -. Ce Figlio Manuel n’a rien à voir avec ces tristes  individus, et c’est tant mieux.

C’est seulement une histoire d’amour filial, une nouvelle illustration, sinistre celle-ci par rapport à La Ch’tite famille, de l’ « Honore ton père et ta mère ».
On ne s’ennuie ni ne s’amuse à voir ce docu-fiction – ce pourrait être un court-métrage – malheureusement sans début, et qui nous laisse sur notre faim, car il est aussi sans fin.

Marie-Madeleine

Marie-Madeleine, un film de Garth Davis, avec Rooney Mara (Marie-Madeleine), Joaquin Phoenix (Jésus), Chiwetel Ejiofor (Pierre), Tahar Rahim (Judas), Tchéky Karyo (Elisha).

Garth Davis s’intéresse-t-il aux « histoires vraies », dont j’avais aimé son Lion, l’histoire de cet étudiant australien à la recherche de son identité de petit pauvre de Ganesh Talai, en Inde ?

Il « réinvente » en tout cas – comme on dit maintenant – sa Marie-Madeleine dont les évangiles nous disent si peu de choses. Elle était, d’après St Luc, de ces « quelques femmes (…) guéries d’esprit mauvais et de maladies [7 démons sont sortis d’elle] » qui, « à travers villes et villages (…) assistaient (Jésus et les Douze) de leurs biens » ; ces  « nombreuses femmes – selon Matthieu – (…) qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée et le servaient » ; elle était au Calvaire parmi ces « femmes qui regardaient à distance », nous dit Marc, ou « près de la croix » – à en croire Jean –  et ont assisté à l’ensevelissement.
Ces derniers racontent qu’avec la mère de Jacques et Salomé elle a eu au tombeau la révélation de la Résurrection et que c’est à elle que « Jésus apparut d’abord  (…) (et) celle-ci alla le rapporter à ceux qui avaient été ses compagnons »… d’on le nom qui lui fut attribuée au IIIème siècle d’ « Apôtre des Apôtres ».

La tradition l’identifie ensuite à d’autres Marie de l’Évangile , comme la prostituée repentie qui versa un parfum précieux sur les pieds de Jésus, ou encore Marie de Béthanie, la sœur de Marthe et de Lazare – que Jésus ressuscita -, avec lesquels elle naviguera jusqu’aux Saintes-Marie-de-la mer… Lazare deviendra le 1er évêque de Marseille et Marie-Madeleine finira sa vie à la Sainte Baume.

Il y avait là de quoi réaliser un très beau film, et convenons que Garth Davis suggère certains de ces événements, mais il ne fait généralement que – précisément – les suggérer au milieu d’autres détails qui n’ont pas leur place.

Je ne lui en veux pas d’avoir choisi un acteur noir pour représenter Saint Pierre… Cet acte de soumission à la Diversité est sans doute le prix à payer – le quota obligatoire – pour être financé et « distribué »… et puis, en Galilée, il aurait été encore plus stupide de choisir un acteur blond ! … Je me réjouirai en outre de voir le cardinal Sarah choisi par l’Esprit Saint au prochain conclave.
Je ne lui en veux pas non plus d’avoir prêté à Saint Pierre le propos selon lequel chacun des apôtres était « l’Église »… sans doute est-ce la façon pour lui de s’affirmer comme le Chef, celui sur lequel Jésus a bâti son Église, en exprimant la confiance qu’il accordait aux autres apôtres pour « répandre et communiquer » le Christ.
Je ne lui reproche pas non plus, contrairement à mon épouse, la proximité de Marie-Madeleine et de Jésus. D’autres, pour blasphémer, ont voulu la salir… Garth Davis a su la magnifier.

Je n’accepte pas en revanche ce mensonge d’une Marie-Madeleine seule femme à suivre les disciples, présentée comme une treizième apôtre, qui baptise d’autres femmes et s’assoit à la droite de Jésus pour la scène de la Cène.
Je n’accepte pas non plus ce Jésus dont la divinité disparaît sous l’humanité d’un « guérisseur » avec un magnétisme de « barreur » de zona.

Dommage, nous aurions pu voir un grand film catholique, nous avons seulement affaire à un long-métrage (2h) à peine chrétien.

Tout le monde debout

Tout le monde debout, un film de Frank Dubosc, avec Franck Dubosc, Alexandra Lamy, Elsa Zylberstein, Gérard Darmon, Laurent Bateau, Claude Brasseur et François-Xavier Demaison.

« Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal ».

Tout le monde debout, « c’est l’histoire de quelqu’un prisonnier de son mensonge »… Cette réflexion de mon fils a vaincu la réticence que m’avaient inspirée la bande-annonce tout autant que Franck Dubosc lui-même.

Finalement, sans être un bon film, ni particulièrement drôle, je ne le recommande pas mais ça se voit et, malgré les propos du début, plus bas que la ceinture, c’est relativement moral avec l’amour et la contrition qui triomphent.
C’est nettement moins mauvais que Les Tuche 3, de même facture que La ch’tite famille dont j’avais observé qu’elle illustrait le 4ème commandement : « Tu honoreras ton Père et ta Mère ».

De même et surtout , cette comédie me permet de mettre en exergue cette formule malheureusement toujours d’actualité et dont l’auteur est lui-même victime du mensonge.

Faire la guerre au Mensonge… « Vaste programme » aurait pu dire un Autre, c’était pourtant l’un des combats de Cyrano de Bergerac :

« Ah ! je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !
Le Mensonge ».

 

Jésus, l’enquête

Jésus, l’enquête, un film de Jon Gunn, avec Mike Vogel (Lee Strobel), Erika Christensen (Leslie Strobel), L. Scott Caldwell (Alfie Davis),
d’après le livre éponyme de Lee Strobel, tiré d’une histoire vraie.

Après La Prière, encore un film à l’affiche qui pose la question de Jacques Brel : « Dites, si c’était vrai ».
Mais aussi un film qui, à l’instar d’un autre long-métrage – L’Apparition –, enquête sur la véracité du christianisme et apporte une réponse, à commencer par celle-ci :  que l’on y croie ou que l’on n’y croie pas, « c’est toujours un acte de foi » !

A vrai dire j’ai eu un peu de mal à entrer dans ce scénario, que l’on ne va pas voir par hasard, dès lors que tout apparaît comme « téléphoné », et d’abord la femme du journaliste qui n’oppose aucune résistance lorsque Jésus lui est proposé. De même j’ai trouvé le laps de temps un peu court entre la « confession » de Lee Strobel et son agenouillement, à côté de son épouse, pour demander à Dieu la grâce de croire. « Contritionnerais »-je enfin mon « cœur de pierre » qui ne me permet pas de psalmodier et ruminer en bisounours avec Leslie ?

Un film pourtant ahurissant, dans notre société matérialiste et hédoniste, qui affirme : Premièrement, que Jésus est un personnage historique ;
Deuxièmement, que la mort de Jésus sur la Croix est un fait historique ;
Troisièmement, que les Apparitions de Jésus, après sa résurrection, sont aussi un fait historique.

Un Professeur en psychologie, pourtant agnostique, précise même à notre enquêteur qu’une hallucination collective de l’ampleur des Apparitions serait en elle-même un miracle plus grand encore que la Résurrection elle-même.

Je me demande, pour ma part, si le plus grand miracle n’est pas la distribution de cette démonstration chrétienne, dans notre pays laïciste et libertaire,
même si j’ai dû faire 80 km Aller et 80 km Retour pour la voir.

Razzia

Razzia, un film de Nabil Ayouch, avec Maryam Touzani.

Il s’agit d’un quasi-documentaire sur le Maroc d’aujourd’hui, où cohabitent et s’affrontent les cultures, les questions d’identité, le passé et le présent, la violence urbaine et l’aridité de l’Atlas, le libertarisme « occidental » et le rigorisme islamiste. Un drame que je suis bien incapable de raconter, où se suivent et s’entremêlent des scènes qui mériteraient d’être commentées par le réalisateur pour nous aider à comprendre ce qu’il a voulu nous dire. Je ne me suis pas ennuyé et il y a de belles photos du Maroc. On peut néanmoins, sans doute, se passer d’aller voir ce long-métrage qui, au contraire, nous incite à voir ou revoir en DVD le Casablanca réalisé en 1942 par Michel Curtiz avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman.