Corporate

Corporate, un drame de Nicolas Silhol avec Céline Sallette et Lambert Wilson

« Ambition 2016 » !  Cela me rajeunit de dix ans quand je travaillais dans un groupe  de taille équivalente ( quelque 100 000 salariés) dont l’objectif stratégique était précisément « Ambition 2012 » !

Un film dans la lignée de Merci Patron, L’outsider ou encore Vendeur que j’ai qualifié de « documentaire » en engageant nos « enfants qui travaillent dans des grands groupes ou de grandes entreprises à aller (le) voir ».

Bis repetita, d’autant plus que ce long-métrage est bien meilleur. Un « thriller » ? peut-être pas, mais un film haletant qui, à la Sully ou à La fille de Brest, prend aux tripes par sa véracité et la qualité de son interprétation. Un « univers impitoyable » qui démontre aux profanes le danger de la Loi Macron-El Khomri, et des ordonnances ultra libérales annoncées, abandonnant au CAC 40 l’écriture du Code du Travail.

Non ces grandes entreprises ne sont pas le monde des bisounours, et quand elles communiquent sur « l’homme au cœur de (leurs) priorités »… Cela risque d’être vrai, mais pas comme vous l’entendez.

La liberté d’entreprendre ne peut pas être celle du « renard libre dans le poulailler libre ».

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Silence

Silence, un film de Martin Scorsese avec Andrew Garfield, d’après un roman écrit en 1966 par Shūsaku Endō, écrivain catholique japonais.

Ma première idée était de garder de le silence, ne rien dire ni écrire d’autre qu’un « Allez-y », pour ne pas dévoiler l’intrigue…
J’observe d’ailleurs qu’avec ce titre énigmatique, c’était aussi certainement la volonté de l’auteur du roman éponyme, comme celle du réalisateur.

Silence, quel silence ?

Je n’en dirai pas plus mais, même si l’action se situe dans le Japon du XVIIe siècle, ce film est malheureusement, mutatis mutandis, d’une terrible actualité.
Ce long-métrage très dense, cette histoire, qui relève de l’ Histoire, vous « interpelle » – comme on dit maintenant – vous assaille de questions que vous ne pourrez pas manquer de vous poser et de poser.
Tout en faisant silence sur les plus fondamentales, je pense au refus de Georges Brassens de « mourir pour des idées » :

« Les dieux ont toujours soif, n’en ont jamais assez
Et c’est la mort, la mort toujours recommencé’… »

Mais en l’occurrence s’agit-il d’ « idées » ? mourir pour des « idées » ?
Et même de « mourir », ou de laisser d’autres  mourir?

Se faire torturer et ne pas trahir, c’est de l’héroïsme,
mais s’interdire de trahir en voyant – et en assumant – les autres se faire torturer ?
Est-ce de la fidélité ou de l’orgueil ?

Rodrigues a-t-il « anachronisé » la chanson de Lama :

Seul, tout seul
Pas plus que le Fils de l’homme
Au pied du calvaire
Qui sait que sa mort ne peut
Que servir l’orgueil de son Père

Et si c’est de la fidélité, celle-ci reste-t-elle légitime ou ne pousse-t-elle pas le spectateur que nous sommes à la révolte ?
Et la révolte contre qui ?

Oui, je m’interroge sur la volonté réelle du réalisateur, et de l’auteur.

Ce film illustre en tout cas, davantage que superficiellement, l’apophtegme sur l’enfer « pavé de bonne intentions ».

Mon épouse qui ignorait tout du film avait prévu, au retour, un dîner asiatique…Remercions Bouddha, les plats étaient chinois et non pas japonais,
puisque, constatons-le pour conclure, il s’agit, une fois de plus, d’un film à charge contre les Japs.
… … … Mais le saké était quand même là pour nous remonter le moral !

La jeune fille sans mains

La jeune fille sans mains, un dessin animé de Sébastien Laudenbach

 Prenons mon courage à deux mains pour confesser que j’ignorais l’existence même du conte de Grimm éponyme. L’eussé-je lu, peut-être serais-je rentré plus facilement dans l’histoire ?

Un dessin, animé, « au fusain », joli ou plaisant à regarder mais sans doute déroutant au début, qui détourne l’attention et ne facilite donc pas la compréhension du récit.

 Mon épouse a aimé…  Comme elle a aimé Louise en hiver…

C’est un film très moral (même si certains dessins ont un léger parfum érotique), d’actualité, contre le goût de l’argent et la cupidité :

La jeune fille en a les mains coupées comme d’autres sont coupés dans leur élan, qui n’ont pas assez lu La Fontaine :

« Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus,

Qui du soir au matin sont pauvres devenus,

Pour vouloir trop tôt être riches ! »